Le Gatinois Éric Charron a récemment écrit une page d'histoire de la LHJMQ en arbitrant son 1000e match.

Éric Charron écrit une page d'histoire

Mettre 50000 kilomètres au compteur de sa voiture pendant une saison de hockey, c'est une affaire de rien pour Éric Charron.
L'officiel originaire de Gatineau est tellement captivé par son travail qu'il est devenu le premier arbitre de la LHJMQ à franchir le plateau des 1000 matches en saison régulière à la fin du mois de février. Pour l'arbitre âgé de 46 ans, c'est un privilège de se déplacer aux quatre coins du Québec et des Maritimes pour appliquer les règles du hockey.
La passion du hockey
«C'est une véritable passion. J'ai commencé à arbitrer à Hull à l'âge de 15 ans. J'adore la game. Au lieu de regarder le match du haut des estrades, je suis à 10 pieds du spectacle et je patine aux côtés de futurs professionnels. Ça aide aussi d'aimer voyager.»
Son véritable métier, celui de messager, lui permet de se libérer pour officier environ 70 parties par année dans la LHJMQ. Éric Charron - sans lien de parenté avec l'arbitre gatinois Francis Charron dans la LNH - a fait ses débuts dans le circuit Courteau comme juge de lignes en 1988. Il y a passé trois ans avant d'apposer les barres orange sur son chandail rayé.
En comptant ses matches des séries éliminatoires et ceux où il était juge de lignes, Éric Charron a dépassé le cap des 1200 matches arbitrés dans le circuit Courteau.
Pour le meilleur et pour le pire, son nom est connu à travers la ligue. Le principal intéressé le sait fort bien. Il n'y a pas d'échappatoire. Les arbitres sont les souffre-douleur des partisans dans les 18 amphithéâtres de la LHJMQ, mais sans arbitres, il n'y aurait pas de spectacle.
«Les cris et les insultes des partisans, on les entend de moins en moins avec les années. Chaque fois que j'arrive dans une nouvelle ville, je sais qu'il y aura des partisans qui ne seront pas contents de savoir que je suis là, mais ça fait partie du jeu! Qu'il y ait 1800 spectateurs à Rouyn-Noranda ou 14000 à Québec, je dois être le même gars. Quand les partisans ne se souviennent pas du nom de l'arbitre à la fin du match, tu sais que les choses se sont bien passées.»
Des finales mémorables
Dans sa longue carrière, Éric Charron a participé à cinq finales de la coupe du Président, sa dernière étant celle de 2011. Il était en devoir à Robert-Guertin quand les Sea Dogs de Saint-Jean ont défait les Olympiques en deuxième période de prolongation pour remporter le championnat.
«L'ambiance à Guertin est assez spéciale pendant les séries. J'y étais aussi quand ils ont gagné la coupe en 2008. Je vais toujours me souvenir de ma participation à la coupe Memorial à Halifax en 2000. Entre 1994 et 1996, j'ai vécu d'autres bons moments quand j'ai arbitré dans la Ligue américaine, la Ligue internationale et la East Coast. C'était l'époque où il n'y avait qu'un arbitre en chef. Il fallait être à la bonne place au bon moment pour passer à l'étape suivante.»
En 22 ans comme arbitre en chef, le Gatinois a vu l'évolution du jeu. «Il y a beaucoup moins d'accrochages qu'avant. Les joueurs sont plus forts, plus rapides, mais pour les mains, il me semble que c'était mieux avant. Aujourd'hui, les règles protègent beaucoup plus les joueurs, surtout pour les coups à la tête.»
À 46 ans, Éric Charron n'a rien perdu de son enthousiasme pour l'arbitrage. Il ne veut même pas penser à la retraite. «Je vais y aller une année à la fois. Je voudrais rester le plus longtemps possible. Je n'ai pas été blessé. La santé est bonne.»
jfplante@ledroit.com