Colin White, espoir des Sénateurs d'Ottawa, a inscrit des points dans cinq des six matches des États-Unis. Il a six buts et sept points depuis le début du tournoi.

Colin White : l'instinct du marqueur

Montréal - Colin White paraît très bien dans l'uniforme bleu-blanc-rouge des États-Unis au Championnat mondial junior.
Le secret est mal gardé, mais les Sénateurs d'Ottawa aimeraient aussi voir à quoi il ressemblerait dans leur uniforme noir-blanc-rouge à la fin de la saison. Le club de la capitale nationale s'estime chanceux. Il mise sur plusieurs joueurs dominants au Mondial junior de Montréal-Toronto. Colin White ne fait pas exception à la règle. Leur premier choix au repêchage de 2015 traîne la réputation de compter des buts importants. Mercredi, dans la victoire de 4-3 en tirs de barrage des Américains contre la Russie, il a enfilé le premier et le dernier but des siens en temps réglementaire. Ça lui en fait six en six matches dans le plus prestigieux tournoi de hockey junior au monde. Le représentant de Boston College est tellement utile à son équipe qu'il est l'attaquant le plus souvent employé par son entraîneur Bob Motzko.
Et pourquoi pas ? Au Championnat du monde de moins de 18 ans, en 2015, White avait donné la médaille d'or aux Américains en comptant le but vainqueur en prolongation contre la Finlande.
« Ce championnat avait été très important pour nous, se souvient White. Presque tous nos joueurs ont joué dans ce tournoi. Nous avons appris à jouer plusieurs matches cruciaux en peu de jours. Là, nous venons d'accéder à une autre finale, sauf que je rêve de ce match-là depuis que j'ai l'âge de sept ans. Je vais me coucher très tôt ce soir ! »
Le directeur général des Sénateurs, Pierre Dorion, se frotte les mains de satisfaction depuis le début du tournoi. « Comme Thomas Chabot avec le Canada, Colin est utilisé à toutes les sauces. C'est un élément clé de son club. Il n'a pas froid aux yeux. Il est toujours sur la rondelle. Il marque de gros buts. Il est le moteur de son trio. »
Après avoir obtenu son laissez-passer pour la finale, White a d'ailleurs été sélectionné parmi les trois meilleurs joueurs de l'équipe américaine mercredi.
Deuxième meilleur franc-tireur de la compétition derrière le Russe Kirill Kaprizov (8 buts), White connaît déjà les plans des Sénateurs à son endroit. « Au début de l'année, ils m'ont parlé de la possibilité de m'amener avec eux après ma saison universitaire. Ils gardent leurs distances pendant le tournoi pour ne pas nuire à ma concentration, mais c'est une option que je suis prêt à considérer. Je suis ouvert à faire mes débuts professionnels. Il faudra discuter des options à la fin de ma saison, mais je me sens prêt. »
L'attaquant de 19 ans dit avoir mis les bouchées doubles à l'entraînement pendant l'été afin de connaître une grosse saison. À sa deuxième année avec Boston College, White a compté 10 buts et il totalise 17 points en 18 matches.
« Je suis un joueur ciblé cette saison. Notre équipe est aussi différente, mais je pense avoir amélioré certains aspects de mon jeu. Je fonce davantage au filet. Je m'aventure dans les zones sales et ça rapporte. »
Comme sur son premier but contre les Russes mercredi où il était posté devant le filet de Ilya Samsonov pour faire dévier un tir d'un angle restreint. « Ça m'a touché les fesses ! J'étais à la bonne place ! »
Mercredi, les Américains ont réalisé une première en battant la Russie pour une première fois en huit matches de ronde éliminatoire. White rêve maintenant de faire honneur à sa réputation en comptant un autre but « capital ».
Trenin se rend indispensable
L'espoir des Predators de Nashville, Yakov Trenin, a récolté deux buts et deux passes en six parties depuis le début des hostilités.
Pour un joueur qui ne savait pas s'il faisait partie des plans de l'équipe nationale junior de la Russie, Yakov Trenin a gagné des points auprès de son entraîneur Valeri Bragin.
Avec un temps de jeu moyen de 18:45 par match avant la demi-finale de mercredi, le représentant des Olympiques de Gatineau était l'attaquant russe au plus fort temps de jeu. Son taux de réussite de 69,7 % au cercle des mises en jeu était aussi le meilleur du tournoi.
Employé en avantage numérique autant que pour tuer des punitions, l'attaquant de 19 ans semble toujours se trouver sur la patinoire. L'espoir des Predators de Nashville a récolté deux buts et deux passes en six parties depuis le début des hostilités.
Quelques journalistes auraient aimé en connaître plus sur ses états d'âme, mais la délégation russe ne l'a pas rendu disponible aux médias après la défaite crève-coeur en tirs de barrage.
Trenin disputera le match de la médaille de bronze contre la Suède jeudi. Après, qui sait s'il reviendra à Gatineau ? Ses services sont courtisés par quelques équipes de la LHJMQ à l'approche de la date limite des transactions. Les Tigres de Victoriaville, les Cataractes de Shawinigan et l'Armada de Blainville-Boisbriand seraient les plus agressifs sur le dossier, mais il faudra voir si le prix sera suffisant pour faire bouger le directeur général des Olympiques, Marcel Patenaude.
Le « train » Trenin a amassé 32 points en 27 matches cette saison, sa troisième avec les Olympiques. Mais Trenin, c'est plus que les points. Il est aussi le meneur de la LHJMQ au chapitre des mises en jeu. Gros et fort, il va user l'adversaire, surtout pendant les séries.