Selon Benoît Groulx, le gardien Anthony Brodeur a fait la différence contre les Foreurs dans la victoire de vendredi.

Anthony Brodeur veut se faire un nom

Auteur du premier jeu blanc de la saison des Olympiques de Gatineau mercredi, Anthony Brodeur obtiendra un deuxième départ consécutif lors de la visite des Tigres de Victoriaville au centre Robert-Guertin ce soir.
Utilisé en relève à Robert Steeves à deux reprises avant son blanchissage, Brodeur n'a pas encore alloué de but en janvier. Mine de rien, sa séquence de 145 minutes et 42 secondes sans accorder de but est la deuxième plus longue de la saison après le record de la LHJMQ établi par François Brassard au mois de novembre dernier. Le Gatinois des Remparts de Québec avait blanchi l'adversaire pendant 212 minutes et 10 secondes.
La séquence de Brassard avait justement pris fin dans la troisième période d'un match contre les Tigres de Victoriaville. Ceux-ci devront maintenant percer la muraille de Brodeur qui s'est hissé au troisième rang de l'histoire des Olympiques de Gatineau/Hull derrière les séquences de Frédéric Mallette (170 minutes en 1998) et José Théodore (154 minutes en 1995).
Lorsqu'il est débarqué au camp d'entraînement des Olympiques cette saison, Anthony Brodeur a expliqué qu'il voulait faire son propre nom. Il n'est pas toujours facile d'être le fils de Martin Brodeur, mais Anthony pourra maintenant se targuer d'avoir fracassé un record familial. Quand il évoluait avec le Laser de St-Hyacinthe, Martin Brodeur avait établi le record de la concession en blanchissant l'adversaire pendant 102 minutes en 1991.
Le gardien de 18 ans n'était pas au courant qu'il venait d'éclipser une marque de son célèbre père, mais il était amusé d'apprendre la nouvelle. «Je vais lui dire ça quand je vais lui parler ce soir!»
Vers une identité propre
Cette marque impressionnante représente-t-elle un premier pas vers la création de sa propre identité?
«Je commence peut-être à faire ma place, mais il y a beaucoup plus que cette séquence. Je veux surtout gagner des matches et aider l'équipe le plus possible. En n'accordant pas de but, ça aide!»
À présent qu'il est au courant que des records sont à sa portée, Brodeur espère qu'ils ne serviront pas de distraction.
«C'est sûr que je vais y penser avant le match, mais il faudra que je mette ça de côté pendant que je vais jouer.»
Son entraîneur, Benoît Groulx, reprendra sa place derrière le banc des Olympiques ce soir après avoir observé le dernier match à partir d'une loge. Il sait que les Tigres vont représenter un gros test. Cette équipe robuste aligne sept joueurs qui font 6'3» et plus. Les Olympiques n'ont compte qu'un seul (Mickaël Beauregard). Pendant la dernière période des transactions, Groulx a cependant ajouté quelques joueurs aux gabarits imposants pour ce genre de match contre les Tigres ce soir.
L'entraîneur a cependant fait remarquer qu'il lui manquait plusieurs soldats. «Nous n'avons pas notre club complet. Il manque trop de monde pour avoir une idée d'où nous nous situons par rapport aux Tigres grandement améliorés.»
L'affrontement contre Victoriaville est taillé sur mesure pour des joueurs comme Taylor Burke, Deverick Ottereyes, Alexis Pépin, Mickaël Beauregard, Frank Schumacher et Derek Sheppard.
Ce dernier avait justement hâte de chausser ses patins ce soir.
«C'est mon genre de match. Mon travail va consister à utiliser mon gabarit pour faire de la place à nos joueurs d'habiletés. Il faut que je m'en serve à mon avantage. Je suis là pour protéger nos bons joueurs. J'ai bien essayé de venger le coup de genou sur Taylor Burke l'autre soir, mais chaque fois, le fautif m'a dit que ce n'était pas le bon moment de régler des comptes.»