Gagnant de deux Super Bowls avec les Ravens de Baltimore, Ray Lewis, considéré par certains comme le meilleur secondeur de l'histoire de la NFL, sera intronisé au Temple de la renommée du football, samedi.

L'heure de la consécration pour Ray Lewis

BALTIMORE — Ray Lewis est arrivé à Baltimore un peu après le déménagement des Browns de Cleveland, qui ont tenté de recommencer sur de nouvelles bases dans une ville qui venait de passer 12 ans sans une équipe de la NFL.

Sélectionné 26e au total au repêchage de 1996 après avoir dominé à l’Université de Miami, Lewis n’avait aucune idée dans quoi il s’embarquait.

«On n’avait pas d’équipe. On n’avait pas de logo. On n’avait rien, se souvient Lewis. On n’avait rien à respecter.»

Pendant les 17 années suivantes, les Ravens de Baltimore ont atteint les séries éliminatoires à neuf reprises, ont gagné deux fois le Super Bowl et ont construit une défensive puissante et impitoyable, à l’image de Lewis, son chef incontesté. 

Nommé 13 fois au Pro Bowl et deux fois joueur défensif par excellence, Lewis a aidé à construire l’identité des Ravens et est devenu l’un des plus grands secondeurs de l’histoire du football. 

Son talent sans égal et son leadership incontesté en ont fait un choix idéal pour le Temple de la renommée, où il a été accueilli dès sa première année d’éligibilité. Lewis a reçu la nouvelle en février, et il a encore des frissons juste à y penser.

«Quand on a cogné à ma porte, c’était comme la fois où j’ai reçu mon premier chandail, indique Lewis. C’était comme quand tu courais à la maison pour enfiler tes épaulettes. Même si tu ne jouais pas, tu voulais simplement mettre tes épaulettes, car tu faisais partie d’une équipe d’élite. Tu avais réussi. C’était presque le même sentiment.»

Meneur incontesté

Il deviendra immortel, samedi, rejoignant le plaqueur offensif Jonathan Ogden, pour ainsi devenir le deuxième Ravens à avoir son buste à Canton, Ohio.

«C’est évident que Ray a été le cœur et l’âme des Ravens pendant 17 ans. Si quelqu’un mérite cet honneur, c’est Ray Lewis, tranche Odgen. Il est le gars auquel on s’identifie tous, tant à l’offensive qu’à la défensive. C’était le meneur de notre équipe.»

Il y a de nombreux secondeurs de talent au Temple de la renommée. Mais peu d’entre eux possèdent le mélange de talent et de leadership que Ray Lewis avait.

Après un discours bien senti avant le match, Lewis poussait ses camarades dans le caucus avant de prendre le contrôle du milieu du terrain, cherchant à punir quiconque portant un chandail différent. 

«Il était unique. Je pense qu’il est le meilleur à avoir joué au football, a pour sa part ajouté l’entraîneur des Ravens, John Harbaugh. Et ce n’est pas que sur le terrain, c’est l’ensemble de l’œuvre.»

Harbaugh reconnaît qu’il est biaisé, puisqu’il a entraîné Lewis lors des cinq dernières années de sa carrière professionnelle. Cependant, d’autres ont corroboré ses dires.

«Il est le meilleur que j’ai jamais vu, tranche Mike Singletary, un secondeur lui-même membre du Temple de la renommée et ancien entraîneur adjoint à Baltimore. Si les gens pensaient que j’étais bon, Ray était encore meilleur.»

Quelle était la plus grande qualité de Lewis? Son ardeur sur le terrain? Ses aptitudes de leader? Ou son incessante envie de gagner?

Le demi défensif Rod Woodson, un coéquipier de Lewis lors de la conquête du Super Bowl en 2000, coche toutes ces cases.

«Qu’est-ce qu’il y a à dire à propos d’un gars qui était, de loin, le plus grand leader que j’ai vu dans mes 17 ans dans la Ligue? Son seul objectif a toujours été d’être le meilleur joueur et le meilleur coéquipier, et c’est ce qui le sépare des autres», croit Woodson.

«Son jeu était inégalé. Il était une machine à plaquer. Il provoquait des revirements. Il l’a fait plus longtemps que quiconque à sa position.»

Héritage terni

Lewis n’était pas parfait, loin de là... Il a été arrêté et inculpé de deux chefs d’accusation de meurtre en 2000. Ces chefs ont été abandonnés, et il a plaidé coupable d’entrave, une infraction mineure.

Mais les questions à propos de son véritable rôle dans le crime ont persisté avant que Baltimore n’affronte les Giants de New York l’année suivante au Super Bowl, un match que les Ravens ont gagné 34-7 et au cours duquel Lewis a été nommé joueur le plus utile.

«Ray Lewis sera toujours Ray Lewis. Il ne va pas s’excuser d’être qui il est, a expliqué Harbaugh. Mais chaque fois qu’il commettait une erreur, il était le premier à le reconnaître.»

Sa carrière, qui s’est conclue par une victoire au Super Bowl contre San Francisco, n’a pas été de tout repos, remplie de hauts et de bas, et c’est ce genre de discours que promet Lewis à son intronisation.

«Pour moi, ce moment est le couronnement de toute une vie. Il faut savourer le moment. Tu n’as pas à courir le 40 verges, tu n’as pas à faire du développé couché, tu n’as pas besoin de ça. Tout ce que tu as à faire est de livrer quelque chose que les gens veulent entendre.»

«Quant à savoir si ça deviendra mon plus grand discours ou pas, une chose est certaine : ça va emmener les autres et moi-même dans une montagne russe que nous n’oublierons jamais.»