Le co-capitaine de l’équipe canadienne de rugby en fauteuil roulant, Patrice Dagenais, s’avère le plus récent récipiendaire du Fonds commémoratif des quatrièmes Jeux de la francophonie. La compétition multisports avait eu lieu à Ottawa-Hull, à l’été 2001.

L’héritage des Jeux de la francophonie

Ça fera bientôt deux décennies que les Jeux de la francophonie se sont déroulés à Ottawa-Hull à l’été 2001, mais les retombées de l’événement continuent à se faire ressentir.

Parlez-en à Patrice Dagenais, co-capitaine de l’équipe canadienne de rugby en fauteuil roulant. Il s’est vu remettre d’un don de 5000 $ dans les derniers jours.

Cet argent provient du Fonds commémoratif des quatrièmes Jeux de la francophonie, dont la mission consiste à encourager le développement de la relève franco-ontarienne, à soutenir les initiatives francophones et assurer l’essor de la communauté franco-ontarienne autant dans le sport amateur, les arts et la culture. Au fil des ans, Véronic Dicaire, Yao et Mélissa Ouimet ont fait partie des récipiendaires à leurs débuts sur les planches.

« Je n’avais aucune idée au début qu’il y avait encore un Fonds qui existait », a avoué Dagenais, plus tôt cette semaine.

C’est un de ses amis qui lui a glissé un mot à ce sujet. L’athlète natif de Marionville, qui a gagné l’argent aux Jeux paralympiques en 2012, a soumis rapidement son nom.

« Nous avons reçu quelques candidatures encore cette année. Nous avons trouvé celle de Patrice intéressante, a soutenu une des membres du comité de sélection, Bernadette Sarazin.

«Il vient d’être confirmé parmi les 12 athlètes qui représenteront le Canada au tournoi de qualification paralympique. Il incarne aussi les valeurs que le Fonds essaie de promouvoir : la détermination, la motivation et l’intensité avec lesquelles il exécute son activité physique pour participer sur la scène internationale dans son sport. Il nous semblait naturel de l’encourager.»

Le Fonds commémoratif des Jeux de la francophonie, d’une valeur de 250 000 $, a été établi en 2002, un an après la visite de 3000 participants représentant 51 délégations. Il a été créé en collaboration avec la Fondation franco-ontarienne.

La même année, des dons additionnels avaient été effectués à divers groupes, dont l’Écho d’un peuple, l’Unité régionale de loisir et de sport de l’Outaouais et la Fondation pour les arts, les lettres et la culture en Outaouais.

Les Jeux se sont déroulés du 14 au 24 juillet à Ottawa ainsi qu’à Hull. Plus de 75 000 personnes ont visité les sites de compétitions pendant les 10 jours des compétitives sportives.

Le rendez-vous multisports a consacré de nombreux artistes et athlètes qui sont devenus ensuite des noms connus sur la scène internationale. Des exemples ? Fred Pellerin a remporté le bronze dans la catégorie contes et conteurs.

Dans le ring, un jeune Lucian Bute avait gagné le tournoi de boxe chez les moins de 75 kg, donnant l’or à sa Roumanie natale. Jean Pascal en avait fait de même pour le Canada chez les mi-moyens à l’aréna Robert-Guertin.

Sept différentes disciplines sportives étaient au menu, dont l’athlétisme et le soccer. Le volley-ball de plage, lui, avait été présenté en démonstration. La cérémonie d’ouverture s’était déroulée au stade Frank-Clair, qui s’appelle dorénavant la Place TD.

«Les Jeux auront eu un legs important, a rappelé Mme Sarazin. Depuis presque 20 ans, plusieurs artistes et sportifs ont pu être appuyés financièrement par le Fonds commémoratif dans leur quête de la réussite.»

Aucune plaque commémorative pour les quatrièmes Jeux de la francophonie n’existe dans la région. Une situation qui pourrait peut-être changer dans les prochains mois.

«Nous réfléchissons à possiblement souligner le 20e anniversaire en 2021», a souligné Bernadette Sarazin.

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DISPENDIEUX, CES FAUTEUILS POUR ATHLÈTES

Ça coûte cher, pratiquer un sport paralympique. Surtout quand l’athlète doit utiliser un fauteuil roulant.

Le plus récent récipiendaire du Fonds commémoratif des quatrièmes Jeux de la francophonie en sait quelque chose. Patrice Dagenais se servira du don afin de payer son nouveau fauteuil relié à sa carrière sportive en rugby.

«Ça coûte environ 10 000 $, laisse tomber Dagenais avant de prendre une pause.

«C’est un peu exagéré, déplore ensuite l’athlète âgé de 35 ans. Chaque fauteuil est fait sur mesure. Ça prend du temps à construire. En même temps, est-ce que ça vaut ce montant? Non. Mais c’est comme tout autre équipement médical.»

Dagenais dispute sa 15e saison de rugby en fauteuil roulant. Un sport qu’il a découvert après avoir subi une blessure à la moelle épinière dans un accident de la construction. Il pratiquait auparavant le hockey.

Surnommé «Pico», le joueur franco-ontarien a participé à tous les événements majeurs avec Équipe Canada depuis 2010. La liste comprend trois championnats du monde, deux éditions des Jeux paralympiques de même que trois présences aux Jeux parapanaméricains. 

«Je suis rendu à mon septième fauteuil roulant. J’essaie de les utiliser pendant deux ou trois ans avant de changer. Je n’ai pas le choix. Le châssis devient faible, surtout si je joue souvent. J’encaisse tellement de contacts. C’est assez vicieux comme sport.»

Ça ressemble parfois aux autos tamponneuses qui se rentrent une contre l’autre dans les parcs d’attractions. Disputé à quatre contre quatre avec un ballon de volley-ball sur un terrain de basket-ball, le rugby en fauteuil roulant se veut une des épreuves les plus spectaculaires lors des Jeux paralympiques.

«J’ai quand même eu beaucoup d’aide depuis mes débuts dans ce sport. J’ai pu obtenir des subventions qui m’ont aidé à rester compétitif sur l’équipe canadienne, à obtenir des équipements de haute performance. Mais c’est un aspect moins connu de mon sport, avoue Dagenais.

«Ce n’est pas évident pour les nouveaux athlètes qui commencent. C’est un sport dispendieux. Ce don, c’est comme un cadeau du ciel.»

Dagenais revenait cette semaine de la Colombie-Britannique où il a participé à quelques réunions reliées au rugby en fauteuil roulant. Il reprendra la direction de la côte du Pacifique dans sept jours.

Le dernier tournoi de qualification paralympique aura lieu à l’ovale de Richmond, qui a servi aux épreuves de patinage de vitesse aux Jeux olympiques en 2010. L’endroit a été converti en édifice multisports dans la dernière décennie.

«Il y a six gymnases, trois terrains de volley-ball en plus d’une ou deux patinoires. C’est toujours occupé. C’est le fun de voir ça, surtout quand on sait que parfois dans certaines villes, des sites olympiques sont abandonnés après la tenue des Jeux.»

Le Canada obtiendra son billet pour les Jeux paralympiques en fauteuil roulant s’il termine parmi les deux premiers à ce tournoi de qualification. Huit pays se disputeront ces derniers laissez-passer.