Roulant toujours sa bosse à 38 ans, cumulant une moyenne de ,211 dans les Majeures, Erik Kratz est la définition même d’un vétéran receveur réserviste.

L’étrange tournant d’Erik Kratz

Bien sûr qu’Erik Kratz n’a jamais cessé de rêver à un moment comme celui-ci. C’est pour ça qu’il s’est accroché, envers et contre tous, à travers une douzaine d’organisations du baseball majeur, une série de rétrogradations dans les mineures et un paquet de coups manqués en octobre. Sans oublier la fois où il s’est accidentellement tiré dans la main avec une cloueuse.

«Pendant les 12 dernières années, j’ai senti que j’ai joué mon dernier match, parce que le sport ne doit rien à personne. Quand tu comprends ça, tu apprécies ces moments-là plus que n’importe quoi d’autre», indique le receveur des Brewers de Milwaukee, dont le club a rendez-vous avec les Dodgers de Los Angeles vendredi (20h) pour le premier match de la série de championnat de la Nationale.

Ces séries d’après-saison débordent de vedettes comme Christian Yelich, Jose Altuve et Mookie Betts. Ronald Acuna Jr, Miguel Andujar et Walker Buehler font partie des nouveaux talents ayant accédé aux séries de championnat. Les voir à ce stade n’est pas si étonnant. Mais Kratz?

Roulant toujours sa bosse à 38 ans, cumulant une moyenne de ,211 dans les Majeures, Kratz est la définition même d’un vétéran receveur réserviste. Il possède bel et bien une bague des Séries mondiales, mais il a été blanchi — 0 en 4 — en saison régulière avec Kansas City en 2015. Et bien qu’il était loin de faire l’alignement des séries, les Royals lui ont donné le précieux bijou.

Kratz évoluait dans les mineures en juin quand les Yankees l’ont envoyé à Milwaukee en échange d’un joueur toujours inconnu. Il a impressionné les Brewers avec son éthique de travail et ses connaissances, et il a produit suffisamment pour mériter une place dans les séries.

Une marque plus que centenaire

Contre les Rockies, la semaine dernière, il est devenu le joueur de position partant le plus âgé dans les séries depuis Lave Cross des Athletics de Philadelphie lors des Séries mondiales de 1905.

«Lave Cross, de Milwaukee, ouais, il était un excellent troisième-but. On a joué ensemble dans les petites ligues», blague Kratz.

«Ça fait maintenant partie de l’histoire, alors peut-être que dans 113 ans, un gars quelconque va se dire “Erik Kratz. C’est qui, ça?”» ajoute-t-il.

«MVP! MVP!»

Sans blague : Kratz a claqué cinq en huit dans dans le balayage contre les Rockies, et ses coéquipiers de Milwaukee ont commencé à scander «MVP! MVP!» dans la chambre noyée sous les bulles.

«Ce qui a commencé par un rôle effacé s’est transformé en rôle de premier plan», indique le gérant des Brewers, Craig Counsell.

Pendant les séries, Kratz a réfléchi à son avenir dans le baseball. Il réalise que son temps est presque révolu.

«Je n’ai pas eu une assez bonne carrière pour prendre ma retraite. Je vais simplement arrêter. C’est ça qui va arriver», conclut-il.