Le Gatinois Laurent Lavallée devait aller voir un match des Pirates à Pittsburgh avec son père, la fin de semaine dernière, mais la pandémie de COVID-19 a paralysé les activités des ligues sportives professionnelles depuis plusieurs semaines déjà.
Le Gatinois Laurent Lavallée devait aller voir un match des Pirates à Pittsburgh avec son père, la fin de semaine dernière, mais la pandémie de COVID-19 a paralysé les activités des ligues sportives professionnelles depuis plusieurs semaines déjà.

Les voyageurs du sport dans le flou

Laurent Lavallée devait se trouver à Pittsburgh, la fin de semaine dernière.

Le jeune homme de Gatineau avait offert un superbe cadeau de fête à son père, pour ses 60 ans.

Les deux hommes devaient assister au match opposant les Penguins aux Rangers de New York, dans le beau et spacieux PPG Paints Arena. Ils devaient aussi passer une soirée au PNC Park, domicile des Pirates.

La Ligue nationale de hockey a interrompu ses activités, pour les raisons que l’on sait. La Ligue majeure de baseball a retardé le début de la saison. On a fermé la frontière américaine aux voyageurs canadiens.

Le projet est tombé à l’eau.

M. Lavallée ne représente pas un cas unique.

Jean-Philip Fortin devait visiter la capitale américaine, à la fin du mois de mars.

Ça devait être un voyage mémorable. M. Fortin est un partisan des Sénateurs d’Ottawa. Son frère, Michael, aime les Capitals de Washington. Ils devaient quitter leur domicile d’Alma, au Saguenay-Lac-St-Jean, et rouler pendant 13 heures pour voir leurs favoris s’affronter.

Tant qu’à se rendre jusque-là, les deux frères avaient aussi acheté des billets pour assister à une partie de basket-ball des Wizards.

La LNH et la NBA ont interrompu leurs activités quelques jours avant leur départ.

« On s’est promis d’y retourner, mais ça dépend toujours de nos disponibilités. Cette année, ça fonctionnait bien avec nos horaires de travail et d’école », fait-il valoir.

« Au départ, on gardait espoir. On pensait que l’interruption ne durerait pas très longtemps. En ce moment, je dirais que nous n’avons plus trop espoir de pouvoir y retourner cette année », ajoute-t-il.

MM. Lavallée et Fortin vivent des situations similaires, toutefois, parce qu’ils se retrouvent un peu dans les limbes. Ils ont fait affaire avec deux entreprises différentes, mais deux entreprises reconnues, pour l’achat de leurs billets. Ces deux entreprises refusent, pour l’instant, de leur offrir des remboursements.

« On me dit qu’il n’y aura pas de remboursements tant et aussi longtemps que les événements ne seront pas officiellement annulés », explique M. Lavallée.

À l’heure actuelle, la LNH et le baseball majeur étudient différents scénarios. Les deux circuits caressent toujours le rêve de disputer des saisons complètes.

« Il est possible que les deux matches pour lesquels j’ai des billets aient lieu à des dates différentes. Et, même si ces matches ont bel et bien lieu, ça pourrait se faire durant une période où il ne sera pas encouragé de traverser les frontières. »

Les grandes entreprises qui se spécialisent dans la vente ou dans la revente de billets sportifs naviguent dans l’inconnu, à l’heure actuelle. Les clients qui posent des questions par courriel ou dans des séances de clavardage ont souvent droit à des réponses automatisées.

Dans certains cas, des messages sont complètement ignorés.

Ça semble plus facile pour les entreprises qui se spécialisent dans l’organisation de voyages sportifs.

Depuis une bonne quinzaine d’années, déjà, Rêve sportif envoie des centaines d’amateurs de sports québécois aux quatre coins de l’Amérique du Nord, en avion comme en autocar.

« Pour nous, jusqu’à date, ça s’est vraiment super bien passé. À la mi-mars, on devait aller voir les Maple Leafs de Toronto affronter les Bruins, à Boston. On devait faire du duo hockey, après, vers Washington et Philadelphie. Tout ça nous a été remboursé », assure le propriétaire de l’agence qui est installée dans la région de Québec, Éric Grenier.

Rêve sportif, à l’instar des autres agences de voyages qui s’occupent de groupes sportifs, ont annulé la plupart des voyages de baseball qui étaient prévus dans la première moitié de la saison. « Nous n’avons pas le choix, puisque la frontière devrait être fermée jusqu’au 1er juillet », note M. Grenier.

« On s’inquiète davantage de ce qui se passe du côté de la NFL, dit-il. Nous pouvons facilement envoyer 50 à 60 autobus par année vers les États-Unis, durant la saison de football. Pour notre industrie, ce serait dramatique s’il n’y avait pas de saison. »

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«PAS DE RÉPONSE SIMPLE»

«Règle générale, si vous n’obtenez pas le produit que vous avez acheté, vous devriez pouvoir obtenir un remboursement.»

Le porte-parole de l’Office de la protection du consommateur (OPC), avec qui nous avons discuté cette semaine, est quand même bien embêté par les problèmes auxquels font face les «voyageurs du sport».

«Dans des cas plus particuliers, on peut se demander... Est-ce qu’un consommateur veut annuler alors qu’il pourrait y aller ? Vraiment, il n’y a pas de réponse simple.»

«Pour les achats qui ont été effectués à distance, avec une carte de crédit, on peut toujours demander une rétrofacturation à l’émetteur de la carte», dit-on.

Une foire aux questions touchant la problématique de la COVID-19 est régulièrement mise à jour sur le site web de l’OPC.