Si le quart Tom Brady est un célèbre choix de fin de repêchage (6e ronde en 1999), d’autres de ses coéquipiers, tels que Ricky Jean Francois (un choix de 7e ronde des 49ers en 2009) ayant connu pareil sort sont en mesure de contribuer aux succès des Patriots de la Nouvelle-Angleterre.

Les succès des Patriots, une affaire de flair

BLOOMINGTON — Depuis que Bill Belichick est leur entraîneur, les Patriots ont eu du flair pour retirer peut-être plus qu’anticipé de choix tardifs au repêchage et de joueurs non repêchés : Tom Brady, Julian Edelman, Danny Amendola. James White... Et la liste est bien plus longue.

Cette saison, on pourrait nommer Lawrence Guy, choix de septième tour en 2011, et Ricky Jean Francois, choix de septième ronde en 2009. Ils ont donné un fier coup de pouce à une défense qui a brillé en deuxième moitié de campagne.

Dimanche lors du Super Bowl, la Nouvelle-Angleterre voudra compliquer le plus possible la tâche du quart des Eagles, Nick Foles. Deatrich Wise ayant subi une commotion cérébrale et Malcolm Brown une blessure au pied, Guy et Jean Francois seront encore plus sollicités.

«L’aventure se poursuit», a dit Guy. «Il y a quelques années, je ne pensais pas à quelque chose comme participer au Super Bowl. J’essayais juste de trouver des moyens de mieux faire et de contribuer. J’ai travaillé fort et j’ai étudié beaucoup de films de matchs. Je suis béni d’être ici.»

Guy a été plaqueur ou ailier défensif partant lors de 15 matchs en saison régulière, puis lors des gains en séries contre le Tennessee et Jacksonville.

Seconde chance

Jean Francois, un ailier défensif, a pris part à six matchs depuis que les Pats l’ont engagé en novembre, incluant un départ lors du match de championnat de l’Américaine.

«Je savoure vraiment d’en être rendu là», a dit Jean Francois, 31 ans, qui a porté les couleurs des 49ers, des Colts, des Redskins et des Packers. «Je m’amuse, je plaisante avec mes coéquipiers. J’apprécie le moment, tout simplement.»

Donc, dimanche, Jean Francois obtiendra une seconde chance de remporter le Super Bowl, lui qui s’est retrouvé du mauvais côté au XLVIIe SB lorsque les 49ers ont été défaits par les Ravens de Baltimore. Une opportunité inespérée pour le natif de Miami. 

«C’est fou. Je n’aurais jamais même pensé qu’un jour je serais partant pour le match de championnat de l’AFC. Et là, je vais rejouer au Super Bowl!»

Joueur polyvalent

Guy, lui, a été repêché par les Packers, mais il a depuis été libéré par ceux-ci, puis par Indianapolis et San Diego. Ensuite, après trois saisons avec les Ravens, son contrat n’a pas été renouvelé. Les Patriots l’ont engagé comme joueur autonome en mars dernier, lui accordant 20 millions $ sur quatre ans.

En 2017, il a réussi 34 plaqués, un sommet en carrière, sans oublier un sac en décembre, à Pittsburgh, et un autre le 21 janvier, contre Jacksonville. Il ne s’est jamais laissé abattre par les passages moins plaisants de sa carrière.

«Ça peut arriver à n’importe quel moment de votre carrière», a confié Guy. «Tôt ou tard, vous allez probablement être libéré. Ce que j’ai traversé a fait de moi un meilleur homme et un meilleur joueur.»

Le coordonnateur de la défensive des Patriots, Matt Patricia, a tenu à souligner à quel point Guy était attentif aux petits détails, ce qui lui permet de jouer à plus d’une position. Sa polyvalence lui a permis non seulement d’être utilisé lors des situations de course, mais «aussi lors de jeux où on doit mettre de la pression sur le quart-arrière et le déconcerter en lui envoyant des joueurs en pleine figure.»

Et puis, même s’il est lui-même un vétéran de six saisons, Guy continue d’essayer d’apprendre des joueurs autour de lui et, surtout, va savourer le match de dimanche. 

«C’est une super expérience d’être ici cette semaine. Je vais la vivre sans lendemain, car rien ne dit que je rejouerai un jour au Super Bowl.»

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QU'EST-CE QU'UN ATTRAPÉ?

Le commissaire de la NFL, Roger Goodell, a scruté 150 jeux avec des anciens joueurs afin de tenter de définir les critères qui définissent un attrapé.

Roger Goodell ne veut plus de controverses sur la définition d’un attrapé dans la NFL et il soutient qu’un processus est en place pour réviser le règlement. Le commissaire a affirmé mercredi lors de sa conférence de presse annuelle dans le cadre du Super Bowl qu’il croyait personnellement que ce règlement était la chose la plus importante à corriger.

Questionné au sujet des critiques contre l’arbitrage cette saison, Goodell a dit que «sur la question d’un attrapé ou non, nous devons trouver un règlement qui corrige ce problème. Nous devons certainement arriver à une conclusion qui sera satisfaisante pour tout le monde». Il a ajouté que le nombre de consultations des reprises vidéo a augmenté en 2017 «et nous devons nous pencher là-dessus. Nous souhaitons notamment rendre les matchs plus intéressants en diminuant le nombre d’interruptions».

Goodell a récemment passé trois heures avec des anciens joueurs, incluant des membres du Panthéon, à scruter 150 jeux. Il a entendu de bonnes idées mais en termes de repères précis pour définir un attrapé, les divergences abondaient. «Les règles sont très complexes et il faut examiner les conséquences non voulues d’un changement. J’estime que le comité de compétition est très rigoureux à cet égard. Je ne dis pas que nous allons éliminer toute controverse, mais il faut en arriver à quelque chose de mieux.»

En ce qui concerne Colin Kaepernick, il a réitéré que ce n’est pas à la NFL d’intervenir auprès des clubs dans ce dossier. «Les équipes doivent prendre leurs propres décisions en rapport à leur personnel.» Kaepernick, le premier à protester pendant l’hymne américain, tôt dans la saison 2016, n’a pas trouvé preneur en 2017, après avoir été libéré par les 49ers de San Francisco.

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3 MILLIARDS $ POUR LES MATCHS DU JEUDI

La chaîne américaine Fox a acquis les droits de diffusion des matchs du jeudi de la NFL. Dans le communiqué publié mercredi, ni Fox ni la Ligue n’ont dévoilé de montant pour ce contrat de cinq ans qui porte sur 11 rencontres par saison. Plusieurs médias américains l’ont toutefois estimé autour de 3 milliards $. Le principe même de jouer le jeudi est contesté par de nombreux joueurs, qui estiment que le temps de récupération est insuffisant après un match souvent joué le dimanche précédent.

Le montant annuel, soit 600 M$, constituerait une revalorisation importante par rapport au contrat précédent, qui avait vu les chaînes CBS et NBC se partager les matchs du jeudi pour une enveloppe globale de 450 M$ par saison. Il s’agit d’un signe positif pour la NFL, dont les cotes d’écoute ont baissé de 9,7 % lors de la dernière saison régulière par rapport à la précédente et que beaucoup disaient en perte de vitesse. Si le contrat prévoit que Fox pourra proposer les matchs sur tous supports numériques, la NFL doit encore attribuer les droits de retransmission uniquement en ligne. C’est le géant d’Internet Amazon qui était titulaire de ce contrat, après avoir remplacé Twitter, diffuseur en ligne en 2016.