Jermaine Johnson, des SkyHawks, protège le ballon lors du match d'hier soir disputé devant une salle comble au Cégep de l'Outaouais.

Les SkyHawks font salle comble

Les SkyHawks d'Ottawa n'ont pas raté leur première sortie outaouaise hier soir.
Non seulement ont-ils rempli le gymnase du Cégep de l'Outaouais à pleine capacité, soit environ 300 spectateurs, ils ont aussi défait un des bons clubs de la Ligue nationale de basket-ball du Canada, le Lightning de London, pour une deuxième fois en cinq jours, cette fois au compte de 107-104.
Les visiteurs, qui s'étaient fait surprendre 107-89 chez eux mercredi dernier, ont bien failli porter le match en prolongation, mais une tentative de panier de trois points à la dernière seconde a été ratée de peu.
Le match a été serré d'un bout à l'autre, Ottawa menant 52-49 à la demie, mais tirant de l'arrière 77-75 après trois quarts.
Retour en arrière
Pour ces joueurs professionnels, dont plusieurs ont joué dans de grosses universités américaines, c'était un peu un retour dans le temps que de jouer dans un petit gymnase.
«Ça ramène des souvenirs. J'ai trouvé que nos gars ont montré beaucoup de classe et de coeur en venant ici et disputant un bon match même si ce n'était pas la même chose que jouer au Centre Canadian Tire, a dit l'entraîneur-chef Jaren Jackson après le match. Les gars s'ennuient du grand amphithéâtre, moi aussi d'ailleurs. Jouer là nous fait penser aux Sénateurs, à la NBA un peu aussi. On se sent comme ça dans le gros gymnase. On espère y retourner, mais sinon, on est prêt à jouer au YMCA, ou au centre récréatif local, ou même dehors. Non, pas dehors, il fait trop froid.»
Les SkyHawks seront de retour à leur domicile habituel pour leurs prochaines sorties, mais ils reviendront au Cégep le 24 février pour y accueillir l'Express de Windsor. Le propriétaire Gus Takkale était d'ailleurs assez satisfait de cette première sortie gatinoise.
Plus intime au Cégep
«Ayant grandi à Gatineau, ça me fait chaud au coeur de venir jouer ici. J'ai jasé avec des amateurs à leur sortie et ils me remerciaient. C'est fantastique de jouer à un endroit plus central et de présenter notre produit aux gens de la région. Nous allons certainement le faire au moins une fois par saison au cours des années prochaines. C'était un bon match en plus, avec beaucoup de bruit parce que c'était plus intime», confiait-il à la sortie du gymnase.
Les SkyHawks ont bien fait les choses au niveau de l'animation alors que divers concours présentés lors des entractes se sont passés en français, et que le seul francophone de l'équipe, l'attaquant Érik Kibi, a dit quelques mots aux partisans de l'équipe avant la rencontre.
«C'est vraiment différent (du Centre Canadian Tire), mais c'est bien pour nous de redonner à la communauté. Ce n'est pas comme si on n'avait jamais joué dans un gym d'école secondaire. C'était différent, mais c'était quand même une bonne expérience. En plus, on a gagné contre un des meilleurs clubs de la ligue, on en avait vraiment besoin après avoir perdu notre dernier match (jeudi dernier contre Brampton)», a indiqué Kibi, qui a contribué six points à l'attaque des siens.
Celle-ci a été menée le garde Jerice Crouch, qui a amassé 18 points, incluant deux importants lancers francs en fin de rencontre pour concrétiser ce gain, qui portait la fiche des SkyHawks à 15-15, bon pour le sixième rang dans la LNBC, le dernier donnant accès aux séries éliminatoires.
«C'était une grosse victoire pour nous, il n'y a pas de doute. Nous avons un bon petit club, même si on commet parfois trop de revirements», a ajouté Jackson, qui a eu le meilleur sur son vis-à-vis Michael «Sugar» Ray Robinson, une ancienne vedette de la NBA avec les Knicks de New York et les Nets du New Jersey. Repêché quatrième au total en 1978, deux rangs devant Larry Bird par Boston, il avait cependant été banni à vie de la NBA en 1986 pour s'être fait prendre trois fois à utiliser de la cocaïne, suspension levée quelques années plus tard.