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Le directeur du dépistage amateur, Trent Mann
Le directeur du dépistage amateur, Trent Mann

Les Sénateurs pourraient encore repêcher un gardien

Marc Brassard
Marc Brassard
Le Droit
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Le joueur des Sénateurs d’Ottawa sélectionné au repêchage d’expansion par le Kraken de Seattle mercredi pourrait avoir une influence sur leur stratégie à celui des espoirs amateurs de vendredi et samedi.

En visioconférence mardi, le directeur du dépistage amateur Trent Mann a avoué que son personnel se préparait à la possibilité de perdre un gardien, sans nommer l’espoir Joey Daccord en particulier tandis que Filip Gustavsson a été protégé.

«Nous avons eu cette discussion entre dépisteurs, qu’est-ce qu’on fait dans un scénario où on perd un gardien au repêchage d’expansion, qu’advient-il de notre profondeur à cette position? On en a parlé et je vais justement avoir un appel avec Zack Bierk [entraîneur des gardiens] et Justin Peters [responsable des gardiens à Belleville] aujourd’hui pour faire un suivi là-dessus», a avoué Mann bien franchement en réponse à une question du Droit.

Choix de première ronde?

La question se pose en particulier parce que deux gardiens sont considérés comme des choix de première ronde probables à l’encan virtuel qui va commencer vendredi soir, le Suédois Jesper Wallstedt ainsi que Sebastian Cossa, des OilKings d’Edmonton.

«Il n’y a pas de doute qu’ils sont de solides espoirs, a mentionné Mann à leur sujet. Et il va y avoir d’autres gardiens disponibles plus tard, c’est toujours comme ça que ça marche. Mais pour ce qui est d’un scénario où on prendrait un gardien en première ronde, nous n’avons pas peur de le faire à n’importe quel moment d’un repêchage, si nous pensons que ça va aider l’organisation. Demain [mercredi] devrait nous donner une meilleure indication de la voie à suivre à ce niveau.»

Les Sénateurs n’ont pas repêché de gardien en première ronde depuis Mathieu Chouinard en 1998 (15e au total). Mann, un ancien gardien lui-même, en a repêché un chaque année depuis qu’il est devenu dépisteur-chef de l’équipe en 2017. Si Jordan Hollett (sixième ronde cette année-là) n’est pas dans l’organisation, la banque d’espoir à cette position a été renflouée ensuite avec les sélections de Kevin Mandolese (6e ronde, 2018), Mads Søgaard (2e ronde, 2019) et Leevi Merilaïnen (3e ronde, 2020).

Sélection hâtive?

À l’entendre parler, Mann donnait l’impression de se préparer à ce qu’une sélection hâtive de Wallstedt ou Cossa vienne changer l’allure de la première ronde, premier tour où les opinions de ses homologues pourraient varier énormément en plus en raison des occasions plus limitées de voir jouer les hockeyeurs en temps de pandémie.

Le gardien suédois, Jesper Wallstedt

«Les scénarios sont un peu plus ouverts cette année... Il y a une couple de gardiens et c’est une possibilité que des équipes qui n’ont pas assez de profondeur à la position se tournent vers eux. Nous allons étudier les différents scénarios, comme on l’a toujours fait par le passé, et nous allons être prêts pour toutes les éventualités, assure Mann. À ce moment-ci, j’ai bon espoir que nous allons sélectionner un joueur qui va être excitant et qui pourra nous aider dans quelques années, alors qu’il est peu probable après la dernière année anormale qu’un espoir repêché au 10e rang puisse nous aider dès la saison prochaine.»

Deuxième ronde

Les Sénateurs ont aussi deux choix de deuxième ronde, celui des Sharks de San Jose (le 39e) acquis dans l’échange d’Erik Karlsson et le leur (42e). Ils ont leur choix de troisième, sixième et septième tours, tandis que ceux de quatrième et cinquième ont été échangés (le premier à New York contre Vladislav Namestnikov, le second à Montréal contre Mike Reilly, choix échangé ensuite à Detroit).

«Nous avons de bonnes discussions concernant ces choix de deuxième ronde, à savoir si on pourrait s’en servir pour grimper de quelques rangs lorsqu’il y a des joueurs que l’on vise dans un certain palier où on les évalue, dit-il. Ce n’est pas facile à faire cependant, ça implique beaucoup de travail en arrière-scène par Pierre (Dorion) afin de préparer une telle transaction. Nous sommes certes ouverts à ça, et parfois aussi, c’est plus facile de reculer que de s’avancer au repêchage.»

De telles tractations sont également compliquées par la tenue du repêchage de façon virtuelle plutôt que dans un amphithéâtre où sont rassemblés les dirigeants des 32 équipes. À ce sujet, Trent Mann a révélé que seuls lui et les trois autres dépisteurs canadiens de l’équipe sont à Ottawa cette semaine pour compléter les évaluations de joueurs, ceux basés aux États-Unis et en Europe participant aux réunions de façon virtuelle en raison des contraintes toujours en place pour entrer en sol canadien.

Le défenseur Brandt Clarke

Clarke disponible?

Grand partisan des Sénateurs en grandissant, le défenseur Brandt Clarke a déclaré avec confiance il y a deux semaines qu’il ne pensait pas qu’il serait disponible au 10e rang pour l’équipe de son patelin. À quelques jours de l’encan, Trent Mann s’attend effectivement à ce que lui et l’autre joueur du coin, Mason McTavish, lui passent sous le nez.

«Ils sont tous deux d’excellents joueurs, l’un est un défenseur et l’autre un attaquant, ils ont des habiletés différentes. Nous avons fait nos devoirs à leur sujet et il y a une chance qu’ils soient là quand ce sera notre tour, mais quand on regarde les listes publiques qui sont sorties et l’information obtenue de leurs représentants, il semble peu probable qu’on puisse les choisir. Mais nous serons prêts si jamais ils sont disponibles», a commenté Mann.

Clarke, des Colts de Barrie, et McTavish, des Petes de Peterborough, ont joué en Slovaquie et en Suisse au cours de la dernière saison perdue dans la Ligue de hockey de l’Ontario, «ce qui les a aidés vu que nous avons pu mettre des yeux sur eux et les voir jouer, voir où ils en sont dans leur progression par rapport à l’an passé. Ça les a définivement aidés», souligne Mann.

De la sympathie pour les joueurs ontariens

Ce dernier sympathise d’ailleurs avec les joueurs de la LHOntario qui n’ont pas eu la même chance.

«Je me sens très mal pour eux. Je n’ai pas atteint la LNH, mais je me mets dans leurs souliers et c’est une mauvaise sensation d’avoir perdu des opportunités. Mais c’est la réalité et ça rend aussi notre travail encore plus difficile. La réalité est que ces joueurs n’ont pas joué de matches... Nous avons fait le plus de travail possible pour obtenir de l’information sur ces joueurs de l’Ontario, mais en fin de compte, ils n’ont pas joué beaucoup, ou pas du tout dans certains cas. La bonne chose pour ces jeunes est que s’ils ne sont pas repêchés cette année pour cette raison, ils vont avoir l’an prochain pour montrer ce qu’ils peuvent faire. Tout le monde sait que nous n’avons pas peur de repêcher des gars un peu plus vieux», indique Mann, rappelant la sélection de l’attaquant Egor Sokolov en octobre dernier, en deuxième ronde malgré ses 19 ans.

Parce qu’il est basé dans les Maritimes, et que la Ligue de hockey junior majeur du Québec a disputé plus de matches de saison et de séries, Trent Mann a bon espoir d’avoir assez d’informations sur les joueurs du circuit Courteau. «Je suis allé faire un tour dans l’Ouest aussi, mais comme c’est un secteur que je vois un peu plus et qu’ils ont joué plus que les autres, c’est probablement la ligue avec laquelle je suis le plus à l’aise», ajoute celui qui épie aussi les matches de son fils Matteo, défenseur recrue des Saguenéens de Chicoutimi.