Carey Price n’a rien pu faire sur les buts de Jean-Gabriel Pageau et de Bobby Ryan (photo), sur une échappée avec moins de trois minutes à faire dans le match après un revirement de Jonathan Drouin.

Les Sénateurs gèlent le Canadien 3-0

Les Sénateurs d’Ottawa aiment apparemment les matchs «spéciaux».

Pour la première fois depuis qu’ils ont balayé leur programme double à Stockholm au début de novembre, ils ont remporté un deuxième match de suite à l’occasion de la Classique 100 de la LNH présentée en plein air à la Place TD du parc Lansdowne, le gardien Craig Anderson blanchissant le Canadien de Montréal 3-0 devant une foule frigorifiée de 33 959 amateurs.

Ils ont largement dominé ce match qui a commencé sous une température de -10,8 degrés Celsius, 38-28 au chapitre des tirs au but alors que le gardien du Tricolore Carey Price a fait de son mieux pour garder son club dans le match, son quatrième en plein air (fiche de 2-2). Leur premier, à Edmonton en 2003, demeure le plus froid de l’histoire (-20 degrés Celsius).

Price n’a cependant rien pu faire sur les buts de Jean-Gabriel Pageau, qui prend toujours un malin plaisir à faire mal au Tricolore, et de Bobby Ryan, sur une échappée avec moins de trois minutes à faire dans le match après un revirement de Jonathan Drouin. Nate Thompson a ensuite complété le pointage dans un filet désert.

Anderson s’est chargé du reste, même si les hommes de Claude Julien ne l’ont pas vraiment mis à l’épreuve sérieusement avant le troisième tiers.

Ottawa (11-13-7) demeurait invaincu lors des parties dans des stades de football, ayant défait les Canucks de Vancouver 4-2 en 2014 lors de la Classique Héritage au stade BC Place.

«On a joué à notre façon et ça fait du bien de le faire à nouveau. On a bien répondu à la cloche en gagnant [mercredi contre New York] après 15 jours sur la route, ça a été un pas dans la bonne direction et ce soir, on a bâti là-dessus, a dit Ryan. C’était froid, mais ça en a valu la peine. Je pensais que le building se viderait après 10 minutes tellement ce n’était pas chaud, mais les Canadiens sont fous. C’était incroyable de les voir et non seulement de les récompenser avec une victoire, mais aussi qu’Andy [Anderson] obtienne un blanchissage et qu’on ait joué comme les vrais Sénateurs.»

Le capitaine Erik Karlsson a montré le chemin dans ce match alors qu’il a joué plus de 32 minutes, obtenant sept tirs au but alors qu’il en a aussi bloqué huit, certains qui lui ont fait mal. Il a préparé le but de Pageau en prenant un tir à ras la glace que celui-ci a pu rediriger dans la partie supérieure du filet.

«Tom Pyatt a gagné sa bataille sur la mise au jeu et après c’est notre capitaine — notre leader pendant tout le match — qui a pris un tir et Zack Smith voilait la vue du gardien. J’ai réussi à la "tipper", des fois ça rentre, des fois ça ne rentre pas, et ce soir, ça a rentré», a raconté Pageau, qui obtenait un 8e but en carrière en saison régulière contre Montréal, en 18 parties (sans compter son tour du chapeau contre eux en séries en 2013).

«J’ai eu du fun toute la game, l’ambiance était quelque chose, et je devais avoir une centaine de parents et amis qui étaient là», a ajouté le Gatinois.

Anderson a apprécié le travail de ses coéquipiers devant lui, qui l’ont aidé à obtenir le 40e jeu blanc de sa carrière. «On a joué un jeu différent de notre mauvaise séquence [deux gains en 14 parties], on a fait des jeux simples, c’était le plan de match dans de telles conditions. Ça a fonctionné pour nous... Comme gardien, le plus difficile était les rondelles bondissantes sur la glace. La visibilité était bonne», a-t-il souligné.

«Manque de constance» du CH

L’entraîneur-chef du Canadien, Claude Julien, déplorait le manque de vigueur de son club en zone adverse : «Ça n’a pas été assez bon, on n’a pas compté et on n’a pas gagné le match. On a besoin de créer plus de chances de marquer de l’intérieur. Certains soirs, on le fait, mais un match comme ce soir où on ne le fait pas, ça donne ce résultat. Tant qu’on ne sera pas plus constant, ça va arriver. On a l’habileté, mais on manque de constance», a commenté Julien après ce quatrième revers des siens en cinq matches.

Son vis-à-vis Guy Boucher a aimé que les siens soient capables de se concentrer sur leur match malgré l’effervescence en ville entourant cette rencontre d’un autre type.

«J’aime le fait qu’on n’ait pas pensé à cette fin de semaine avant le week-end. On s’est mis à y penser vendredi, on a vu que c’était gros, mais les joueurs étaient bien concentrés et nous avons joué à notre façon, avec beaucoup d’enthousiasme en étant à la maison. C’était spécial comme match, la LNH et la Ville d’Ottawa ont fait quelque chose de très bien», a-t-il dit.

Pour Karlsson, cette victoire était encore plus importante que les deux remportées dans son pays. «Ce gain nous donne une meilleure sensation en raison de la position où on se retrouve. On a bien joué lors des deux victoires en Suède, et c’était bien, mais nous avons maintenant besoin de jouer du gros hockey et d’amasser des points de classement», a-t-il souligné.