Sylvain St-Laurent
Tous les malheurs semblent s’acharner sur les gens qui œuvrent au sein de l’organisation des Sénateurs d'Ottawa. 
Tous les malheurs semblent s’acharner sur les gens qui œuvrent au sein de l’organisation des Sénateurs d'Ottawa. 

Les Sénateurs dans la clientèle à risque

CHRONIQUE / En tout début de semaine, j’écrivais sur la façon dont la Ligue nationale se préparait à combattre la pandémie du coronavirus. Je dois reconnaître que l’idée m’a rapidement traversé l’esprit. Je me suis dit qu’on trouverait probablement le « Patient zéro » à Ottawa.

Pourquoi ? Parce que. Il n’y a rien de logique derrière cette idée. C’est juste que je suis aux premières loges, depuis environ deux ans. J’ai vu, tous les malheurs s’acharner sur les gens qui œuvrent au sein de l’organisation des Sénateurs. J’ai couvert les scandales à répétition.

Après un certain temps, un gars finit par conclure que les Dieux du hockey en ont — un peu — contre eux.

Je vous demande pardon. Le cynisme est un défaut qui est assez répandu au sein de la colonie journalistique.

On souhaite maintenant au joueur infecté, et non identifié, un prompt rétablissement. Il est âgé dans la vingtaine. Dans son groupe d’âge, les patients finissent presque tous par s’en remettre.

Le communiqué de presse émis par les Sénateurs, très tard mardi soir, est venu faire ombrage à l’autre importante nouvelle de la journée.

Les dirigeants de l’organisation ont — enfin — dévoilé les grandes lignes de leur programme de soutien aux employés à temps partiel.

« Eugene Melnyk s’est personnellement engagé à verser les salaires des travailleurs à temps partiel et ceux à salaire horaire qu’ils auraient reçus pendant la suspension des activités », a-t-on écrit.

J’ai vu ce communiqué et, encore une fois, mon côté cynique a pris le dessus.

M. Melnyk avait-il vraiment le choix ?

Toutes les équipes canadiennes de la LNH avaient déjà pris position.

Deux d’entre elles — les Flames de Calgary et les Jets de Winnipeg — avaient essayé de se soustraire à ce mouvement. Elles avaient annoncé, au départ, qu’elles ne comptaient pas venir en aide aux centaines de personnes grâce à qui tout fonctionne rondement dans les amphithéâtres, les soirs où on présente des matches et des concerts.

Face à une réaction extrêmement négative du public, leurs dirigeants n’avaient pas eu le choix de faire marche arrière.

Depuis les Barbades, M. Melnyk a choisi d’accorder une entrevue à un journaliste qu’il considère digne de confiance, un collègue de Postmedia. Il a expliqué qu’il a pris le temps de bien analyser les besoins individuels de tous les gens qui sont affectés par cette crise.

C’est sans doute vrai.

Cette déclaration rappelle, aussi, que les Sénateurs ne prennent aucune dépense à la légère. Ça fait des années que sa dure. En 2012, M. Melnyk parlait déjà de « cost per point », une formule maison qui lui permettait de mesurer les succès de son équipe, sur la patinoire, selon sa masse salariale.

Les choses n’ont pas changé, depuis. Au contraire. Pour l’équipe qui a vendu le moins grand nombre de billets dans la LNH, cette saison, les choses ont peut-être même empiré.

La pandémie mondiale pourrait poser de nouveaux problèmes.

Je cite Daniel Levy, président du Tottenham Hotspur Football Club. « Le coronavirus représente le plus gros défi auquel j’ai été confronté, durant mes 20 années en poste. »

« Je promets de tout faire en mon possible pour ne pas que cette épidémie ne compromette pas la stabilité future de notre organisation », a-t-il déclaré au quotidien britannique Daily Mail.

Si cette crise ébranle les dirigeants d’un des plus gros clubs du soccer anglais, quel genre d’effets peut-elle avoir sur un petit club de hockey canadien ?