Sofya Velikaya, présidente du comité des athlètes du Comité olympique russe, a remporté l’une de ses nombreuses médailles en carrière aux Mondiaux d’escrime à Moscou, en 2015, où elle a décroché l’or au sabre.

Les Russes motivés malgré le scandale

MOSCOU — Les athlètes russes sont majoritairement en faveur d’une participation aux Jeux de PyeongChang, malgré l’exclusion de l’équipe nationale, affirme le comité olympique du pays.

Sofia Velikaya a déclaré que la commission des athlètes du Comité olympique russe, dont elle est la présidente, a constaté qu’il y a consensus en faveur d’une participation à l’événement après avoir consulté «tous les athlètes de tous les sports» au programme olympique.

Velikaya a déclaré qu’aucun athlète n’avait dit au comité qu’il préférait un boycott. «En ce moment, tout le monde s’entraîne et tout le monde espère participer aux Jeux olympiques», a déclaré Velikaya.

Le Comité international olympique a exclu l’équipe russe des Jeux de PyeongChang la semaine dernière en raison du scandale de dopage d’État survenu aux Jeux de 2014 à Sotchi, mais permet aux Russes d’y participer sous un drapeau neutre en tant qu’«athlète olympique de Russie».

La semaine dernière, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que le gouvernement ne s’y objecterait pas.

Le porte-parole du comité olympique russe, Konstantin Vybornov, a déclaré que des équipes de biathlon et de surf des neiges avaient enregistré des vidéos affirmant leur désir de concourir, tandis que l’équipe de hockey masculin a écrit «une lettre collective».

Certains extrémistes russes croient qu’il est honteux pour les athlètes de participer aux Jeux olympiques sans leur drapeau national. Mais Velikaya a défendu les athlètes, en soulignant que tous les observateurs sauront qui vient de Russie.

«Le choix de participer aux Jeux olympiques est strictement individuel, a déclaré Velikaya. J’appelle la société russe à traiter la décision des athlètes avec compréhension et respect.»

Alors que le CIO enverra des invitations individuelles à des athlètes russes au cours des deux prochains mois, Velikaya a déclaré que les responsables russes vont établir des listes de leurs équipes préférées. Cette liste, a-t-elle précisé, empêcherait le CIO d’inviter «les numéros cinq et six» de l’équipe russe tout en ignorant de véritables prétendants aux médailles.

La Russie repousse toutefois certaines conditions du CIO, soutenant les appels déposés par des athlètes russes suspendus pour dopage aux JO de Sotchi en 2014.

Velikaya a également déclaré que sa commission demandera au CIO de retirer la condition empêchant les athlètes d’être invités à PyeongChang s’ils ont été suspendus pour dopage dans le passé. Cela affecte quelques athlètes sanctionnés pour des infractions antérieures non liées aux Jeux de Sotchi, y compris les biathloniens suspendus pour avoir utilisé l’EPO et le champion du monde de patinage de vitesse Denis Yuskov, suspendu en 2008 après avoir été testé positif à la marijuana.

Le drapeau, un casse-tête

La décision d’obliger les Russes à concourir en tant qu’athlètes neutres place le CIO dans la position inconfortable de réguler leur façon de célébrer.

Le drapeau russe ne sera pas arboré lors des cérémonies de remise des médailles, mais que se passera-t-il si un vainqueur russe accepte un drapeau ou un cadeau d’un spectateur pour un tour de la victoire? Les athlètes russes peuvent-ils arborer leur drapeau à leurs fenêtres au village des athlètes? Ces questions figurent parmi la liste de celles que la Russie posera au CIO selon Vybornov.

«Disons qu’une patineuse gagne et qu’on lui lance un ours en peluche en uniforme russe sur la patinoire, a déclaré Vybornov. Elle le ramasse, peut-elle faire ça ou est-ce une infraction?»

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TOUS LES BANNIS DE SOTCHI FONT APPEL

PARIS — Les 25 athlètes russes sanctionnés par le CIO pour dopage aux Olympiques de Sotchi en 2014 ont tous fait appel devant le tribunal arbitral du sport (TAS), qui siège à Lausanne, ayant annoncé lundi l’enregistrement de trois nouvelles procédures. Dans un communiqué, le TAS a annoncé avoir enregistré «trois appels additionnels», ceux des fondeuses Yulia Chekaleva et Anastasia Dotsenko, non médaillées à Sotchi, et celui de la biathlète Olga Zaytseva, médaillée d’argent au relais féminin, mais déjà déchue de ce titre lorsqu’elle avait été sanctionnée, en raison des disqualifications de deux coéquipières. Les 22 autres Russes, dont les résultats à Sotchi sont annulés et qui sont suspendus à vie des Olympiques, ont tous déjà fait appel devant le TAS. Tous ont demandé que leur dossier soit traité et que le TAS se prononce avant les Olympiques de PyeongChang (9 au 25 février 2018).  AFP

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TOKYO SERA PRÊTE, DIT LE CIO

TOKYO — Les sites olympiques de Tokyo seront prêts pour 2020, a jugé lundi le Comité international olympique (CIO) au début d’une visite de trois jours au Japon.

Après une déconvenue de taille dans le projet de grand stade olympique, il y a deux ans, les organisateurs de Tokyo 2020 étaient sous surveillance. Ils ont pu dévoiler fin novembre un premier nouveau site permanent, qui accueillera la compétition de badminton, l’épreuve d’escrime du pentathlon moderne et le tournoi de basket des paralympiques.

Le nouveau stade national, dont le premier projet avait été mis au rebus par le Premier ministre Shinzo Abe en raison de son coût exorbitant de près de deux milliards d’euros, sera terminé en novembre 2019.

«La réalisation du premier site permanent est un réel accomplissement», s’est félicité le président du comité de coordination des jeux du CIO, John Coates, avant une réunion à Tokyo, à laquelle participaient entre autres la gouverneure de la capitale, Yuriko Koike, et le ministre chargé de l’organisation des Olympiques, Shunichi Suzuki.

«Il y a à présent six autres sites en cours de construction et, vu les progrès réalisés sur le stade national, nous sommes convaincus que les dates que vous avez fixées seront respectées», a ajouté M. Coates.

Sécurité et budget

Les autres sujets à l’ordre du jour cette semaine sont la sécurité, les efforts de réduction supplémentaire du budget de plus de 10 milliards d’euros et les protocoles antidopage, ont précisé les responsables.

Trois mascottes doivent aussi être choisies et des écoliers du Japon doivent voter d’ici fin février. Les nouveaux sports introduits pour les JO de Tokyo, dont le skateboard, l’escalade et le BMX freestyle, vont donner un coup de jeune aux Jeux, a estimé M. Coates.

«Cette attention portée aux jeunes et le rééquilibrage des genres seront un des plus importants héritages de Tokyo 2020», a-t-il ajouté, en soulignant le record de 48,8% de femmes prévues dans les compétitions.

«Et bien sûr, la sécurité est d’une importance primordiale», a déclaré pour sa part M. Suzuki. «Pour cela, la coopération du gouvernement sera essentielle, en particulier en ce qui concerne les mesures de lutte contre le terrorisme et l’identification des risques potentiels pour les Jeux».

Fin 2015, le coût du futur stade olympique avait provoqué l’indignation de l’opinion publique et poussé le gouvernement à abandonner le projet initial de l’architecte irako-britannique Zaha Hadid pour un autre près de deux fois moins cher, conçu par l’architecte japonais Kengo Kuma.

Parmi les autres déboires, les organisateurs ont dû changer le logo de Tokyo 2020 l’an dernier après des accusations de plagiat. Plus grave, la victoire de Tokyo, face à Madrid et Istanbul en septembre 2013, est entachée de soupçons de versements de pots-de-vin sur lesquels enquête la justice française.  AFP