Russ Jackson est le dernier quart-arrière canadien à avoir soulevé la Coupe Grey. En 1969, il avait mené les Rough Riders d’Ottawa vers une

Les quarts canadiens parviendront-ils un jour à percer dans la LCF?

MONTRÉAL — La Ligue canadienne de football garantit un minimum de représentation canadienne avec son quota de partants qui doivent être natifs du pays. Mais il y a bien longtemps qu’un quart-arrière partant canadien n’a pas soulevé la coupe Grey.

Le dernier est Russ Jackson, en 1969, qui avait mené les Rough Riders d’Ottawa vers une victoire de 29-11 aux dépens des Roughriders de la Saskatchewan à l’Autostade de Montréal. Jackson avait même été nommé joueur par excellence de cette finale. On décerne maintenant un honneur au joueur canadien par excellence pour souligner la contribution canadienne à cette rencontre.

Dimanche, les Blue Bombers de Winnipeg affronteront les Tiger-Cats de Hamilton lors de la 107e finale de la Coupe Grey. Aucune des deux équipes ne compte un quart canadien dans ses rangs.

Le développement des quarts canadiens revient périodiquement dans les conversations au sujet de la représentativité locale dans le circuit Ambrosie. Personne ne semble avoir trouvé la solution jusqu’ici, mais certains ont des idées qui mériteraient d’être explorées.

«Si j’avais mon mot à dire, le troisième quart de chaque club devrait obligatoirement être Canadien», affirme Danny Maciocia lors d’un entretien avec La Presse canadienne.

«Afin d’assurer leur développement, j’éliminerais les transformations d’un point et les quarts canadiens seraient obligés d’être sur le terrain — au poste de quart — pour la transformation de deux points. Non seulement cela leur assurerait plus de répétitions, mais ils participeraient à des jeux très importants à tous les matchs», a évoqué Maciocia.

«La seule façon de les développer est d’en avoir au sein des formations de la LCF, ajoute quant à lui l’ex-quart vedette Anthony Calvillo. Pas en tant que receveurs, mais au poste de quart.»

Nombreux défis

À première vue, il s’agit d’une solution presque sans faille. Mais en grattant un peu, on se rend compte qu’elle présente son lot de défis.

«La solution de Danny a ses mérites. La question que je me pose est : est-ce que nous serions en mesure de trouver neuf, bientôt 10, quarts de calibre?», questionne Jacques Dussault.

«C’est assez facile à comprendre : les quarts canadiens qui jouent dans la ligue universitaire canadienne ne font pas face à une compétition qui est très forte. Je ne dis pas que le calibre n’est pas bon, mais comprenez-moi bien : quand Hugo Richard affrontait Bishop, McGill ou Concordia, ce n’était pas un très gros test. Aux États-Unis, la compétition est plus forte.»

Calvillo, maintenant entraîneur adjoint et entraîneur des quarts des Carabins, abonde dans le même sens.

«Quand je jouais, je me rappelle avoir eu des discussions avec des amis québécois dont leur fils était quart-arrière, que ce soit au secondaire ou à l’université. Ce que je leur disais tout le temps, c’était d’envoyer leurs enfants aux États-Unis, afin qu’ils soient exposés à la profondeur et au talent présents aux États-Unis», explique-t-il.

«Je trouvais que les quarts canadiens, quand ils arrivaient au camp, étaient sous le choc. Ils n’étaient pas habitués de voir ce type de compétition, la force des bras des autres quarts. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de talent ici. Mais aux États-Unis, partout où vous allez, il y en a à la tonne.»

«Il faut regarder la position aussi : celle de quart-arrière est la plus difficile tous sports confondus, poursuit Dussault. Il y a les qualités athlétiques, mais avant de t’en servir, il y a un processus mental. Quand tu arrives dans la LCF, tout va plus vite. Avant qu’un quart ne puisse faire face à cette vitesse-là, il doit être capable de lire les défensives devant lui. Ce qui est devant lui est aussi beaucoup plus complexe que ce qu’il est habitué de voir au niveau universitaire canadien.»