La voiture de Robert Wickens a quitté la piste suite à un violent accrochage avec la monoplace de Ryan Hunter-Reay dimanche à Pocono.

Les pilotes conscients des risques

Les pilotes automobiles ont une certaine compréhension de la mort, plus que d’autres athlètes. La mort peut avoir frappé un ami, un rival, un confrère ou une idole.

Passer de vie à trépas est un risque dont ils sont conscients. Un risque accepté par leurs proches, qui connaissent la passion pour une profession qui peut tuer.

Robert Wickens savait les enjeux bien avant de délaisser une solide carrière en Europe pour se joindre à l’IRL. Dimanche, avant le signal du départ à Pocono, pensait-il qu’il pourrait se blesser sérieusement ? Il est bien plus probable que non. Les pilotes ne deviennent pas champions en vivant dans la peur.

Wickens n’était pas apeuré en voulant dépasser Ryan Hunter-Reay très tôt dans la course. Ni l’un ni l’autre ne cédait un pouce, un moment captant l’essence de la course automobile.

Mais l’excitation peut faire place à la terreur en monoplace. On a souvent vu de ces accidents où une voiture percute une clôture, quitte le sol et se fracasse en plusieurs morceaux, avec le pilote chanceux d’en sortir vivant.

Après le contact entre Wickens et Hunter-Reay dimanche, la voiture de Wickens a quitté la piste et a subi un très violent impact contre la clôture. Le Canadien de 29 ans a été amené dans un hôpital d’Allentown pour des blessures aux extrémités inférieures, au bras droit et à la colonne vertébrale, et pour une contusion pulmonaire. Il y sera opéré lundi soir, pour la blessure à la colonne vertébrale.

L’accident remet à l’ordre du jour un débat concernant la sécurité en piste — ou voudrait de différentes clôtures sur les circuits ovales, ou bien une structure qui protégerait la tête des pilotes.

Toutes les options méritent d’être étudiées, car améliorer la sûreté devrait toujours être une priorité. Mais il y aura toujours un risque en sport automobile.

Cela a pris deux heures pour réparer la clôture en question à Pocono, les pilotes ne pouvant faire autre chose qu’attendre une mise à jour sur Wickens et un signal qui relancerait la course.

On a demandé à Alexander Rossi, qui a remporté la course, comment il a géré l’attente.

« Votre esprit crée des compartiments », a t-il dit.

Michael Andretti a eu droit à des reproches, accusé d’être insensible lorsqu’interviewé après l’accident. Le propriétaire d’équipe a dit que Wickens aurait dû ralentir et qu’il était trop tôt dans la course pour être si agressif. Sur les médias sociaux, on lui a reproché ce qui était perçu comme du détachement.

Peut-être qu’il mettait les choses dans des compartiments. Andretti a perdu assez d’amis dans des accidents de course — incluant Dan Wheldon en 2011 et Justin Wilson, qui conduisait une voiture Andretti lors d’un accident fatal en 2015, à Pocono — pour comprendre les émotions qui enveloppaient les paddocks.

Sébastien Bourdais, blessé sérieusement en piste à Indianapolis, la saison dernière, était visiblement secoué pendant le délai, dimanche.

« J’étais très inquiet pour lui... il est blessé, mais j’espère que ce n’est pas trop grave, a confié Bourdais. Il est en vie. »

Et pour ce qui est de retourner dans la voiture ?

« C’est notre occupation, a t-il dit, sur un ton neutre. C’est un peu plus facile quand vous savez que le gars a survécu. »

La prochaine course est prévue samedi soir, près de St. Louis.