Le Gatinois Daniel Brière est vice-président des opérations avec les Mariners du Maine.
Le Gatinois Daniel Brière est vice-président des opérations avec les Mariners du Maine.

Les Mariners de Brière obligés de déclarer forfait

Marc Brassard
Marc Brassard
Le Droit
Daniel Brière a vécu une des plus frustrantes journées de sa carrière de dirigeant d’équipe mercredi, alors qu’en sa qualité de vice-président des opérations, il a dû annoncer aux entraîneurs et joueurs des Mariners du Maine que la pandémie de la COVID-19 forçait l’annulation de sa saison 2020-2021.

Son club n’a pas eu le choix de se rallier aux cinq autres équipes de la division Nord de la ligue East Hockey (ECHL) qui ont pris la même décision, soit le Beast de Brampton, club affilié aux Sénateurs d’Ottawa et de Belleville, les Growlers de Saint-Jean (Maple Leafs de Toronto), le Thunder d’Adirondack, les Royals de Reading et les Railers de Worcester.

«C’était vraiment plate d’avoir à annoncer ça au personnel et aux joueurs, qu’il n’y aurait pas de hockey au Maine cette saison, a confié le Gatinois Brière au Droit après l’annonce officielle effectuée par la ligue. Ce n’était pas une de mes plus belles journées au travail. Nous, on voulait jouer, on était en faveur de jouer à tout prix. Mais avec les deux équipes canadiennes qui ne peuvent franchir la frontière et ça ne semble pas s’améliorer de leur côté, on perdait déjà deux équipes. Les restrictions au Massachusetts et dans l’état de New York sortaient deux autres équipes, Worcester et Adirondack. Reading a dit que si les autres clubs de la division ne jouaient pas, ils ne jouaient pas non plus. On a été forcés dans ce choix-là.»

Treize des équipes de la ECHL ont manifesté l’intention d’amorcer leur saison malgré la pandémie, un calendrier de 72 parties débutant le 11 décembre ayant été concocté pour elles. D’autres équipes espéraient commencer un calendrier de 62 matches le 15 janvier.

Pour le club de Brière, ce ne serait pas viable financièrement de jouer contre les équipes restantes, majoritairement situées dans le sud et l’ouest des États-Unis, ce qui impliquerait des voyages en avion. Surtout que les mesures actuellement en vigueur au Maine limitent le nombre de personnes permises dans l’aréna pour un match à 50.

Les annonces concernant la distribution prochaine de deux vaccins ont beau être encourageantes, la réalité de la pandémie qui a fait près de 250 000 morts aux États-Unis et 1,3 million à travers le monde (plus de 11 000 au Canada) a rattrapé le deuxième circuit mineur en importance en Amérique du Nord.

«Je ne pense pas que les choses vont changer assez rapidement pour qu’on ait la chance de jouer», estimait Brière.

Ses Mariners, qui sont affiliés aux Rangers de New York, avaient vu leur deuxième saison depuis leur lancement être interrompue brutalement en mars dernier, quand la COVID-19 a commencé à faire ses ravages.

Tous leurs joueurs, dont les anciens Olympiques Marc-Olivier Crevier-Morin et François Brassard, deviennent automatiquement des joueurs autonomes, comme ceux des cinq autres équipes – et de deux autres formations qui avaient déjà déclaré forfait, les Gladiators d’Atlanta et les Admirals de Norfolk. Une quinzaine de joueurs étaient sous contrat pour la prochaine saison au Maine.

«On va essayer d’encourager nos joueurs à se placer ailleurs vu que ce serait la meilleure chose pour leur développement. S’ils ne jouent pas du tout cette saison, ça leur ferait 18 mois sans jouer en commençant l’année prochaine, ce qui n’est vraiment pas bon pour eux. Mais il y a beaucoup d’agents libres et il y a probablement d’autres équipes qui vont annoncer la même chose dans les prochaines semaines, donc ce ne sera pas facile pour les joueurs de se trouver du travail, a indiqué Brière. On ne sait pas si on va récupérer nos droits sur eux l’an prochain. On verra. On va passer le ‘motton’ cette semaine et après ça, on commencera à penser à la saison prochaine.»

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UNE DÉCISION QUI AFFECTE LES SÉNATEURS ET MANDOLESE

La décision du Beast de Brampton d’interrompre ses activités pour la saison 2020-2021 affectera les Sénateurs d’Ottawa, qui leur fournissait annuellement une dizaine de joueurs, dont un gardien de but.

Meilleur gardien de la LHJMQ la saison dernière, l’espoir Kevin Mandolese devait prendre le chemin de cette banlieue torontoise cette année, lui qui a paraphé un contrat le printemps dernier.

Le gardien Kevin Mandolese

Lors de sa dernière entrevue avec Le Droit, Mandolese avait clairement laissé entendre qu’il n’était pas question pour lui de retourner pour une autre saison avec les Screaming Eagles du Cap-Breton, même s’il y est éligible à 20 ans. La situation pourrait changer maintenant, quoique les Sénateurs pourraient également avoir l’option de laisser Filip Gustavsson finir sa saison avec sa formation suédoise pour permettre à Mandolese de jouer à Belleville. Ça, c’est évidemment si la Ligue américaine est en mesure de disputer la saison 2020-2021 sous une forme quelconque. Les petits Senators ont les mêmes contraintes au niveau de la frontière séparant le Canada des États-Unis que les clubs de la ECHL. Il y aurait peut-être l’option d’avoir une division à quatre équipes avec Laval, Toronto et Winnipeg, cependant.

Selon nos informations, les Sénateurs attendent de voir les décisions prises par la LNH quant à une reprise du jeu avant de décider du sort de Mandolese.

«Je suis en constante communication avec les Sénateurs, nous allons définitivement discuter avec des options qui s’offrent (avec le forfait de Brampton)... Ce dossier pourrait avancer, mais on attend l’annonce (de la ECHL) et les directives des Sénateurs», a indiqué le DG des Screaming Eagles Jacques Carrière.

Dans un autre ordre d’idée, le premier choix des Sénateurs au dernier repêchage, Tim Stützle, a été inscrit sur la liste de joueurs de l’équipe allemande en vue du Championnat mondial junior d’Edmonton. Le troisième choix de l’encan devrait être rétabli de sa fracture à un poignet à temps pour le tournoi qui débutera le 26 décembre.