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À son dernier match avec les 67's d'Ottawa, Cédrick Andrée a réussi un blanchissage,
À son dernier match avec les 67's d'Ottawa, Cédrick Andrée a réussi un blanchissage,

Les joueurs sont en deuil

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
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Il y a 13 mois que les 20 équipes de la Ligue de hockey de l’Ontario (OHL) n’ont pas disputé un seul match.

Depuis septembre, les joueurs du circuit Branch se sont accrochés à l’espoir d’un retour au jeu comme ont pu le faire leurs confrères de la LHJMQ et éventuellement ceux de la Western Hockey League (WHL) en cette saison marquée par la pandémie, mais ils devront patienter encore plus longtemps avant de reprendre l’action. La OHL a officiellement renoncé à la possibilité de relancer ses activités mardi.

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Impuissants durant tout le processus des négociations entre le gouvernement ontarien et les dirigeants de la ligue, les joueurs devront chacun faire leur deuil de la saison 2020-21.

Le Droit a obtenu la réaction de plusieurs joueurs francophones natifs de la région d’Ottawa mardi. Quelques rêves se sont envolés.

Cédrick Andrée (20 ans), 67’s d’Ottawa

«C’est plate pour tout le monde, mais c’est quelque chose que j’avais vu venir. J’ai fait mon deuil de ma carrière dans la Ligue de l’Ontario quand j’ai signé mon contrat avec les Sénateurs de Belleville. Cette option s’est présentée au bon moment. J’ai été chanceux de saisir l’occasion. Quand j’ai compris qu’il n’y aurait pas de séries dans la OHL si le jeu reprenait, je savais que ma carrière junior était terminée. Je devenais difficile à échanger et les 67’s doivent faire de la place à Will Cranley, leur gardien d’avenir. C’est dommage. Nous avions une bonne équipe encore cette année. Quand j’y repense, je suis assez choyé. Mon dernier match a été une victoire par blanchissage. Combien de gardiens peuvent en dire autant? Habituellement, le seul moyen d’y parvenir, c’est de gagner la coupe Memorial!»

Cédrick Guindon (16 ans), choix de première ronde de l’Attack d’Owen Sound

«Cette nouvelle, c’est comme recevoir un coup de poignard au coeur. C’est tourner le fer dans la plaie. Je traverse une montagne d’émotions. La seule chose que je peux faire pour rester sain d’esprit, c’est de penser à la saison prochaine. Ça fait une saison complète que je me prépare pour une saison qui n’aura pas lieu. Je vais prendre deux semaines pour faire le vide. 

Cédrick Guindon

«Après, rien ne va changer à ma routine. Ce sera l’entraînement, l’école et peut-être un travail d’été. J’espère que la ligue va revenir avec des projets d’été pour nous. Un genre de showcase. Ce qui m’a le plus frustré dans la dernière saison, c’est le manque de communication entre la ligue et ses équipes. Il y avait des négociations avec le gouvernement, mais la ligue ne partageait pas ses informations avec nos clubs et les clubs ne pouvaient pas aider les joueurs à voir plus clair.»

Zachary Paputsakis (19 ans), Generals d’Oshawa

«C’est une journée frustrante. Je me suis accroché aux espoirs d’un retour jusqu’à la toute fin, mais dans les dernières semaines, les nouvelles étaient mauvaises. L’évolution de la pandémie n’allait pas dans la bonne direction. J’ai commencé à anticiper le pire, mais jusqu’à l’annonce officielle aujourd’hui, je ne voulais pas y croire. Je ne pouvais pas me préparer au courriel que j’ai reçu de la ligue ce matin. J’ai vécu des émotions que je ne peux pas décrire. Je comprends les règles strictes du gouvernement, mais je pense que le commissaire Dave Branch aurait pu faire mieux dans ce dossier. Notre équipe était engagée dans une course pour accueillir le tournoi de la coupe Memorial. Aujourd’hui est une journée de réflexion. Demain, je serai de retour au travail. J’ai trop mis d’efforts pour m’arrêter maintenant.»

Zakary Lavoie (16 ans), choix de première ronde des Steelheads de Mississauga

«C’est une journée triste et difficile. Nous avons toujours pensé que nous allions finir par jouer, mais la situation (de la COVID-19) est rendue trop grave. J’ai le coeur brisé. J’ai vécu une année d’émotions en montagnes russes. Chaque fois qu’on semblait se rapprocher d’un retour au jeu, il y avait un pas de recul. Je suis dans une meilleure situation que les joueurs de 20 ans. J’aurai d’autres occasions de me faire valoir et j’ai eu la chance de jouer au niveau junior A cette année. Ma situation aurait pu être pire.»

Yanic Crête (18 ans), 67’s d’Ottawa 

«J’ai été un de ceux qui se sont entraînés avec les 67’s jusqu’à ce qu’ils nous retirent le droit d’aller sur la patinoire. C’était plaisant d’être avec les gars. Nous espérions tous que ça recommence. De la façon qu’on nous parlait, j’étais sûr que nous allions recommencer. Il restait à savoir quand. Je me suis entraîné vraiment fort cette année pour me renforcer.

Yanic Crête

«J’ai été blessé à quelques reprises l’an dernier. J’allais avoir un rôle accru cette saison. Je voulais me faire voir par les dépisteurs de la LNH. Je n’aurai pas cette chance, mais ce n’est pas fini. J’aurai encore plus faim l’année prochaine. Je vais trouver mon chemin. C’est plate que nous soyons la seule ligue à ne pas avoir pu jouer au Canada. C’est un peu injuste.»

Merrick Rippon (20 ans), 67’s d’Ottawa

«Ce sont des nouvelles terribles pour tous les joueurs de la ligue. Je suis mécontent. J’aurais tellement aimé profiter de ma dernière année junior. 

Merrick Rippon

«Je suis chanceux d’avoir signé un contrat avec les Sénateurs de Belleville. Je peux m’entraîner et développer mes aptitudes ici, mais j’aurais voulu me servir de mon année de 20 ans pour obtenir un solide contrat chez les professionnels. Un peu comme Tye Felhaber l’a fait à 20 ans. Pour les joueurs de notre âge, c’est une grosse année dans la OHL. Au moins, en signant avec Belleville, j’ai pu me concentrer sur quelque chose. Nous avions été dans l’incertitude pendant plusieurs mois.»