L'Espagnol Jon Rahm, troisième joueur au monde, ne cache pas son admiration pour Tiger Woods, tout en disant redouter devoir se frotter à lui lors de rondes finales dans des tournois de la PGA.

Les jeunes redoutent le retour en force de Tiger

AUGUSTA — Les trois vouaient un véritable culte à Tiger Woods, puis ils ont grandi et se sont taillé une place sur le circuit de la PGA.

Justin Thomas, Jon Rahm et Jordan Spieth sont des vedettes à chaque arrêt du circuit, puisqu’ils occupent les deuxième, troisième et quatrième échelons au classement mondial. Mais cette semaine, au Tournoi des maîtres, ils ont l’étrange impression de retourner dans le passé.

Même si le golfeur qui a jadis dominé le circuit professionnel américain est loin derrière au classement — il pointe au 103e échelon —, Thomas, Rahm et Spieth auront tous Woods à l’œil. À 42 ans, après trois saisons calamiteuses et quatre opérations du dos, le «Tigre» a fait forte impression en mars en terminant deuxième du Championnat Valspar et cinquième au prestigieux tournoi Arnold Palmer.

«Je sais qu’il veut encore nous bousculer, les jeunes espoirs. Ainsi que certains vétérans qui ont connu du succès dernièrement», a mentionné Thomas, sans donner de nom. «Il faudra qu’on retrouve notre aplomb cette semaine.

«Mais c’est formidable pour le golf, formidable pour lui et j’adorerais avoir l’opportunité de me mesurer à lui vers la fin du tournoi, alors que le titre est à l’enjeu. Donc qui sait?» a ajouté l’Américain, qui fêtera son 25e anniversaire de naissance dans trois semaines.

Évidemment, les plus vieux ont maintes fois raconté leurs anecdotes et répété à quel point Woods était imbattable sur le neuf de retour de la ronde finale. «Tous ceux qui l’ont affronté disent que tu ne veux pas te retrouver dans cette situation», note Thomas.

Dans une classe à part

Rahm n’en doute aucunement. L’Espagnol de 24 ans s’est souvenu du Masters en 2005, alors qu’il était un garçon de 10 ans habitant à Barrika, en Espagne. En raison du décalage horaire, ses parents avaient enregistré la ronde finale avant de l’envoyer au lit. Lorsqu’il a ouvert la télé le lundi matin, il a été témoin d’un véritable tour de magie : le coup d’approche inimaginable de Woods au 16e trou, suivi de sa victoire en prolongation contre Chris DiMarco.

«Je crois qu’il est une idole pour nous, non?» s’est questionné Rahm. «Si Tiger Woods n’est pas une référence au golf, alors je ne sais ce qu’il est.»

Rahm a d’ailleurs raconté l’arrivée de Woods au champ de pratique un peu plus tôt cette semaine. «Tout le monde a arrêté et s’est mis à l’applaudir. Personne ne reçoit ce traitement.»

Thomas, Spieth et Rahm ont aussi reçu les mises en garde de vétérans tels que Phil Mickelson, Ernie Els et Vijay Singh, qui ont tous confié qu’aussi extraordinaire que ça puisse paraître de l’affronter à la télévision, ce n’est rien à côté de la tâche dans la réalité.

«Pour être honnête avec vous, j’aimerais, mais en même temps je n’aimerais pas vraiment, qu’il retrouve le niveau de jeu de l’époque où il dominait le circuit», a reconnu Rahm. «Je veux qu’il y parvienne, parce que ce serait merveilleux d’assister à ça; mais je ne le veux pas, parce qu’il remporterait 30 % des tournois dans lesquels il serait inscrit, ce qui laisserait beaucoup moins d’espace aux autres golfeurs comme moi.»

Mais comme Woods et plusieurs grands golfeurs de sa génération, les jeunes espoirs sont motivés par le même désir de remporter des championnats : pour être le meilleur, il faut battre le meilleur. Et aucune cible n’est plus alléchante que Woods au sommet de son art.

«Tout ce que j’ai fait, c’est l’observer et savourer le moment», a mentionné Thomas. «Peut-être que ce ne serait pas le cas si je l’avais déjà affronté en ronde finale, mais peut-être qu’on ne le saura jamais», a-t-il résumé le sourire en coin, avant d’ajouter : «ou peut-être qu’on le saura».  Avec AFP

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MCILROY SE SENT D'ATTAQUE

Dustin Johnson n’avait pas participé au Tournoi des maîtres en 2017, se blessant au dos la veille du coup d’envoi en tombant dans les escaliers de la maison qu’il louait. À l’époque, il était sur un nuage et avait remporté trois épreuves coup sur coup (Omnium Genesis, Championnat du Mexique et Championnat du monde par trous). Depuis, l’actuel no 1 mondial court après cet état de grâce, même s’il a remporté depuis le début de la saison l’Omnium Genesis et le Championnat par trous de la série World Golf Championship. «Je sais que gagner un tournoi du Grand Chelem n’est pas facile, peu importe ce qui s’est passé avant», a-t-il balayé. Quant au Nord-Irlandais Rory McIlroy, il veut boucler son Grand Chelem et accrocher à son palmarès le dernier titre qui lui manque. «Je me sens en confiance, mon jeu est bien en place, je ne pense pas que je pourrais aborder l’épreuve dans de meilleures conditions», a-t-il prévenu.  AFP

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LE CHAMPION DÉFENDANT NÉGLIGÉ

Sergio Garcia pourra-t-il remporter un deuxième Veston vert consécutif? L’Espagnol, dont le meilleur résultat cette année est une neuvième place, n’a pas les faveurs des pronostics. Seuls trois joueurs — Tiger Woods, le légendaire Jack Nicklaus et Nick Faldo — ont réussi à conserver leur titre d’une année sur l’autre à Augusta. Pour beaucoup, le favori de 2018 s’appelle Justin Thomas, le no 2 mondial qui a remporté la Classique Honda, terminé deuxième au Championnat du Mexique, puis quatrième au Championnat du monde par trous. Vainqueur du Championnat de la PGA en 2017, l’Américain de 24 ans peut faire coup double et devenir numéro un mondial en cas de succès dimanche. «C’est un objectif important pour moi, mais en même temps, je sais que si je continue à bien jouer et à être à la lutte pour des victoires, cela va venir de soi-même», a-t-il souligné, toujours aussi flegmatique.  AFP