Le secondeur Kervens Bonhomme

Les Hoosiers se tournent vers Ottawa

Son année a commencé par sa sélection en janvier au sein de l’équipe canadienne junior de football. Elle se termine par son arrivée dans la NCAA.

Kervens Bonhomme attendait cette journée depuis la mi-juin. Il était 7 h mercredi matin quand le secondeur francophone de Vanier a apposé sa signature au bas d’un document de l’Université de l’Indiana.

Ça officialisait son passage en 2019 au sein de l’équipe de football des Hoosiers qui évolue dans la conférence Big Ten dans la NCAA.

« Je ne pouvais pas signer avant. C’était le plus tôt que je pouvais le faire », a expliqué Bonhomme, qui savait depuis six mois où il allait aboutir.

Dix-sept formations universitaires le recrutaient depuis un an, dont Nebraska et Temple. Mais en juin, l’ancien joueur des Giants de North Gloucester a opté pour les Hoosiers après une visite en Indiana.

Mais les règles du football universitaire américain sont claires. La période de signatures ne commencerait que le 19 décembre.

« C’est un moment important pour moi et ma famille... En fait, un grand honneur. Je suis le premier de ma famille qui ira à l’université. J’espère servir de bon exemple pour mon petit frère de 12 ans qui joue aussi au football et mes deux petites sœurs âgées de quatre et huit ans. »

D’Haïti à Orléans

Bonhomme, 18 ans, est né à Haïti. Son père Pierre Michelet Bonhomme, sa mère Elimane Louis et lui sont déménagés au Canada quand il avait quatre ans.

La famille a vécu un peu à Montréal avant de déménager à Ottawa.

Le jeune homme, lui, a notamment fait ses classes au sein de la réputée équipe de football scolaire des Tigers de St-Matthews, à Orléans. Cette dernière est dirigée par Jean-Sorphia Guillaume.

« Il est devenu mon mentor. Quand je suis arrivé chez les Tigers, j’étais un porteur de ballon. Mais Jean-Sorphia m’a dit que j’aurais de meilleures chances d’obtenir une bourse d’études à une autre position. »

Bonhomme a d’abord tenté sa chance en tant que demi de coin. « Puisque j’étais petit et léger à l’époque... je pesais 180 livres », s’est-il rappelé.

Aujourd’hui ? Il mesure 6’3’’ et fait osciller la balance à 238 livres et évolue en tant que secondeur.


«  Ç’a vraiment été mon année. Je remercie Dieu. J’espère que ça va continuer.  »
Kervens Bonhomme, un ancien des Tigers de St-Matthews à Orléans qui évoluera dans la NCAA l’an prochain

« C’était une bonne décision de changer de position. J’aime beaucoup plus plaquer que de courir avec le ballon. »

Frapper l’adversaire, Bonhomme connaît ça. Il a réussi 100 plaqués et huit sacs en 2018 à l’Académie internationale de Clearwater, en Floride.

Il avait décidé de passer la dernière année là-bas afin d’augmenter sa visibilité auprès des équipes universitaires américaines.

Sa sélection au sein de l’équipe canadienne junior en vue des championnats du monde n’a pas nui non plus à son recrutement.

« Ç’a vraiment été mon année. Je remercie Dieu. J’espère que ça va continuer. »

Des matches de «Bowl» à saveur locale

Kervens Bonhomme va passer beaucoup de temps devant le petit écran dans les prochains jours. De nombreuses parties de championnats universitaires américains seront diffusées durant la période des Fêtes. Un de ses amis d’Ottawa, Jonathan Sutherland, va notamment participer au Citrus Bowl le 1er janvier en tant que l’un des secondeurs de Penn State. Le joueur gatinois de ligne offensive, Patrick Davis, lui, prendra part au Camping World Bowl avec ses coéquipiers de l’Orange de Syracuse, le 28 décembre, contre West Virginia, à Orlando.

« J’ai hâte de disputer à mon tour un match comme ça devant autant de monde. Ce sera quelque chose de spécial », a avoué Bonhomme.

Les Hoosiers disputent leurs parties au Memorial Staidum dont la capacité d’accueil est de 52 656 spectateurs. Ils ont participé à 11 « Bowls » depuis 50 ans, dont le Pinstripe Bowl et le Foster Farms Bowl, respectivement en 2015 et 2016.

Bonhomme participera à ses premières séances d’entraînement en mai prochain en plus d’entamer ses études en affaires. Il a déjà eu l’occasion d’enfiler l’uniforme de sa nouvelle équipe une première fois au milieu de l’été.

« Pour une session photo lors de ma visite officielle à Indiana », a-t-il précisé.