Meaghan Benfeito et Roseline Filion aux Jeux olympiques de Rio 2016

Les hauts et les bas de la vie sur la route

BILLET / Les athlètes de haut niveau ont une vie bien particulière. Elle peut parfois avoir l'air bien palpitante quand on regarde les nombreuses photos qu'ils publient, à l'étranger, sur les réseaux sociaux. Un petit café à Paris entre deux entraînements, un après-midi de congé pour grimper dans la grande muraille de Chine, les entraînements, les podiums...
La vie d'athlète en est une unique, remplie d'occasions incroyables. Elle permet de vivre des expériences particulières. Bref, cette vie est loin d'être désagréable. Ceci étant dit, elle vient évidemment avec son lot de sacrifices, de difficultés et de constantes épreuves à surmonter. Le sport, c'est comme une grande école de la vie. On apprend à un très jeune âge l'art de s'organiser et de travailler d'arrache-pied pour arriver à nos fins et réaliser nos objectifs, en plus de constamment se retrousser les manches et se relever après un échec.
L'entraînement est d'abord essentiel pour un athlète qui souhaite atteindre les plus hauts sommets. Les heures sont rarement comptées, la répétition est nécessaire et les bobos sont inévitables. Une étape à la fois, l'athlète gravit les échelons qui l'emmènent éventuellement à voyager et à passer au niveau international. 
Qui dit international, dit déplacements. Qui dit déplacements, dit avion, hôtel et tout ce qui vient avec. Ça peut être autant agréable que désagréable. À maintes reprises, je me suis retrouvée dans des conditions, disons-le, pas trop optimales pour la performance. 
Des vols annulés ou en retard et des correspondances ratées peuvent avoir des conséquences néfastes, une fois arrivés à destination. Tout cela nous laisse moins de temps pour s'ajuster au décalage horaire. Ça nous fait perdre du précieux temps d'entraînement. 
Je pourrais vous parler de ces fois où la nourriture n'était pas mangeable, où l'hôtel n'était pas super et où les installations sportives n'étaient pas adéquates.
Pour quelqu'un qui voyage pour le plaisir, ce n'est rien de grave, mais pour quelqu'un qui doit faire des pirouettes dangereuses d'une plate-forme de dix mètres, la vigilance est de mise. L'accumulation de fatigue, mêlée à la frustration du voyagement, peut nuire à la concentration et causer, indirectement, des blessures. 
Un athlète doit développer des trucs afin de faire abstraction des conditions environnantes inconfortables et garder le «focus» sur la performance. On ne sait jamais ce qui peut arriver le jour de la compétition aux Jeux olympiques. L'eau peut être verte... et tu n'as pas le choix de faire avec!
Outre ces réalités parfois inévitables, le plus dur est généralement tout le temps passé loin de chez soi. Le cercle social qui garde un équilibre mental sain est souvent chamboulé par ces nombreux voyages. Vivre de grands moments de stress à l'extérieur du pays, sans soutien familial, est particulièrement difficile. Même si la technologie permet de communiquer avec les êtres chers, un sentiment de solitude qui habite souvent les athlètes. 
Ce sont évidemment des sacrifices à faire pour atteindre les plus hauts sommets. L'expérience qu'on en retire nous suivra pour le reste de nos jours. 
C'est souvent à la retraite qu'on réalise la chance qu'on a eue de vivre tout cela. 
Les aventures tumultueuses passées sur la route donnent souvent de belles histoires à raconter. 
Jeune retraitée du sport, la médaillée olympique Roseline Filion agit à titre d'ambassadrice de la Coupe Canada de plongeon. Elle profite de son passage en Outaouais pour signer quelques textes dans nos pages.