L'accident d'hélicoptère qui a emporté Roberto Bissonnette a éclipsé le baseball, lundi.

Les Capitales touchés droit au coeur

Il y a des fois dans le sport où la victoire importe peu.
C'était assurément le cas des Capitales de Québec à Ottawa lundi. D'abord, l'équipe québécoise était assurée de terminer la saison au troisième rang de la Ligue Can-Am. Puis, dimanche soir, une terrible nouvelle est venue bouleverser leur quotidien. Un hélicoptère s'est écrasé au Nouveau-Brunswick après avoir heurté des fils d'électricité. Deux des trois personnes à bord étaient des membres de leur équipe. Si le président Michel Laplante a pu survivre à la tragédie, Roberto «Bob» Bissonnette et le pilote Frédéric Descostes n'ont pas eu la même chance.
Ancien joueur des Olympiques de Hull devenu chansonnier vedette dans les établissements du Québec, mais aussi de la France et de la Suisse, Bob Bissonnette s'était joint au groupe d'actionnaires des Capitales cette saison. La nouvelle de la mort du boute-en-train d'à peine 35 ans a laissé tout le monde dans un état d'immense tristesse.
Chez les Capitales, Bissonnette était particulièrement proche de l'entraîneur Patrick Scalabrini, du lanceur Karl Gélinas et du joueur d'avant-champ Jonathan Malo.
«Ce match était très émotif pour tout le monde, a d'abord lancé Scalabrini après l'éclatante victoire des siens. Quand j'ai rassemblé les gars avant le match, je leur ai dit de profiter du moment présent. Ils allaient affronter Éric Gagné, un gagnant du Cy-Young. La victoire ou la défaite importait peu même si nous voulions gagner ce match-là pour Bob. Pour le connaître, il nous répondrait que la victoire qu'il voudrait, c'est celle des séries.»
Un des meilleurs lanceurs de la Can-Am, Karl Gélinas était parfaitement d'accord avec cette affirmation.
«J'étais tellement content de l'avoir dans notre famille quand il est devenu un actionnaire des Capitales. En arrivant, il m'avait dit que j'étais son Madison Bumgarner et qu'il voulait que je lui donne un championnat.»
Plus loin, Jonathan Malo est aussi revenu sur le désir de gagner de celui qui était l'ami de tous. «Il n'y en a pas deux comme lui. Il laisse un gros vide. J'ai appris à l'aimer rapidement. La première fois que je l'ai rencontré, il m'avait fait sentir comme si j'étais son meilleur ami. C'est tellement une bonne personne. Il a touché plusieurs vies positivement. J'espère que nous allons utiliser cette force pour aller gagner le championnat qu'il voulait tellement...»
L'amitié entre Bissonnette, Scalabrini et Gélinas date de longtemps. En plus de se côtoyer au baseball, ils jouent au hockey l'hiver ensemble. Scalabrini a résumé la pensée de plusieurs proches en décrivant son grand ami. «Il mordait pleinement dans la vie. Il rendait ceux qui l'entouraient plus heureux. Tout le monde voulait sa compagnie. Quand je vais jouer au hockey cet hiver et que je mettrai mon équipement, j'aurai une pensée pour les bleues qu'il avait l'habitude de me faire avec ses slashings derrière les jambes!»
Capitaine des Olympiques
Roberto Bissonnette des Olympiques
Avant d'amorcer sa carrière de chansonnier et de s'impliquer avec les Capitales, Roberto Bissonnette a été connu en Outaouais pour ses trois saisons et demie avec les Olympiques de Hull où il a amassé 59 buts et 133 points en 219 matches entre 1998 à 2002. Joueur de caractère, qui a même été capitaine du club, il a aussi accumulé 1130 minutes de punition. À sa dernière saison junior, il avait échangé au Titan d'Acadie-Bathurst, le forçant à quitter à contrecoeur le jeune Maxime Talbot qu'il avait pris sous son aile.
Il aura connu ses meilleurs moments en carrière en patinant aux côtés d'Ales Hemsky. Amant du hockey et du sport en général, il aurait été fier de savoir que ses statistiques étaient les plus recherchées de la journée sur le populaire site hockeydb.com lundi. Malheureusement, il aura fallu un drame pour le propulser devant les joueurs qui ont meublé les paroles de ses chansons. Ces airs feront maintenant partie du folklore dans les amphithéâtres de la LHJMQ.
Ce qu'ils ont dit