Gilles Bouchard et Daniel Paradis étaient heureux de repêcher Alex Beaucage, l’an dernier.

Les avantages de la stabilité

CHRONIQUE / Ils appellent ça maintenant une saison de «transition». C’est le nouveau mot à la mode pour évoquer une reconstruction. Dans le junior, faut continuer à vendre des billets, même si la roue tourne. Transition, c’est plus doux…

Cette phase à laquelle plus personne n’échappe dans la LHJMQ, elle vient avec une douleur variable en fonction des marchés. Ceux qui prônent la stabilité et mettent l’accent sur le repêchage ont plus de chances de mieux s’en tirer.

Prenez les Huskies de Rouyn-Noranda, par exemple. À la surprise générale, les hommes de Gilles Bouchard se pavanent actuellement en tête du classement général. Ils n’ont subi que deux défaites en temps réglementaire à leurs 16 premières sorties. 

Bouchard dirige pourtant une formation qui abrite une dizaine de recrues. De plus, il y a un seul Européen au sein de la meute. Comment s’y prend-il pour avoir autant de succès? 

«C’est vrai que nos jeunes se débrouillent bien. Mais attention, nous sommes encore en début de saison. Il n’y a rien, mais absolument rien d’acquis à cette période de l’année. Ça change vite, dans le junior», lance prudemment le pilote, qui ne veut certainement pas trop offrir de fleurs à sa bande, de peur qu’elle relâche un peu la pédale d’accélération.

L’ex-pilote des Estacades et des Patriotes convient quand même que certains éléments l’aident à former un noyau dur, capable d’entraîner les autres joueurs dans leur sillon. Il n’y a que trois joueurs dans son équipe qui ont été acquis par transaction. Le reste a été déniché par ses dépisteurs, puis Bouchard et ses adjoints ont pris le relais pour les développer. 

«Le repêchage, c’est tellement important. Encore cette année, on a des jeunes qui vont très bien au midget AAA. C’est notre relève. C’est plus facile de se forger une identité quand tu mets ce secteur à l’avant-plan», note-t-il. 

«Quant aux joueurs qui sont arrivés par transactions, on les a choisis soigneusement. Lane Cormier et Taylor Ford ont été capitaines ailleurs, on savait ce qu’on achetait. Ils amènent beaucoup de leadership chez nous aussi. Quant à Zachary Ouellet, son attitude est exemplaire.»

Les succès actuels des Huskies passent par leur brio sur les unités spéciales, mais aussi par cette éthique de travail quasi irréprochable qui est devenue leur marque de commerce. L’Armada a souvent eu le titre non officiel d’équipe la plus acharnée du plateau. Depuis quelques années, les Huskies n’ont rien à leur envier à ce chapitre. 

«Ça va bien, même si Zachary Lauzon n’a joué que trois matchs cette année. En ce moment, nous n’avons aucun joueur repêché dans la LNH dans l’alignement! On a eu un bon calendrier préparatoire, ça nous a donné du momentum. Puis on a gagné un gros match en partant contre l’Armada chez lui, ce fut bon pour la confiance. Quand tu es dédié et que tu joues avec confiance, de belles choses peuvent se produire», sourit Bouchard. 

«Ceci dit, il faut garder notre calme. Et continuer à travailler à chaque jour. La ligne est mince…»

«Il fait un tas de choses qui ne s’enseignent pas»

Parmi l’armée d’adolescents qui se sont installés dans le vestiaire des Huskies cet été, il y a Alex Beaucage. Choix de deuxième tour au dernier repêchage après avoir connu de belles séries avec les Estacades midget AAA, le fils de Marc, ex-hockeyeur professionnel, fait tourner les têtes en début de saison. 

Après avoir été étincelant au camp d’entraînement avec sept points en huit matchs, dont quatre buts, Beaucage n’a pas été dépaysé du tout quand le niveau de jeu a grimpé d’un cran en saison régulière. Il montre une fiche de 10 points en 16 rencontres, et un différentiel de +4.

Bouchard, qui a vu ses dépisteurs très rarement piger dans la cour des Estacades ces dernières années, est très heureux d’avoir le Trifluvien sous ses ordres. 

«Il fait un tas de choses qui ne s’enseignent pas. Son instinct est très fort. C’est toute une tête de hockey. Bien sûr, il a des trucs à travailler, notamment sa vitesse. Il ne ménage pas les efforts pour s’améliorer. Il a les outils pour devenir un excellent joueur. »

Chiffre de la semaine: 6

C’est le nombre de points enregistré par Julien Tessier à ses trois derniers matchs. Grâce à ce butin, le porte-couleurs des Wildcats de Moncton été choisi le joueur de la semaine sur la planète LHJMQ. L’ex-Estacades est en train de prouver que son éclosion après Noël l’an dernier n’était pas de la frime. 

Depuis le début de la saison, Tessier a enregistré 19 points en 16 matchs.