Le receveur Brian McCann saute dans les bras du lanceur Charlie Morton pour donner le ton aux célébrations des Astros.

Les Astros champions

LOS ANGELES - À leur 56e saison, les astres se sont enfin alignés pour les Astros de Houston.

George Springer a égalé un record de la Série mondiale en frappant un cinquième circuit et les Astros ont remporté le septième et ultime match 5-1 face aux Dodgers de Los Angeles, mercredi.

Les Astros ont ainsi gagné un premier titre de la Série mondiale depuis leur création en 1962, sous le nom des Colt .45s. Jouant dans une ville qui se remet toujours du passage dévastateur de l’ouragan Harvey, les Astros portaient des écussons «H Strong» sur leurs uniformes.

«J’ai toujours cru que nous pouvions y parvenir, a déclaré le deuxième-but étoile Jose Altuve. Nous l’avons fait pour eux.»

Lors d’une série marquée par plusieurs matchs spectaculaires, le dénouement en aura laissé plusieurs sur leur faim, alors que les Astros ont rapidement pris le contrôle en marquant cinq points, dont quatre étaient mérités, lors des deux premières manches face à Yu Darvish.

Altuve, un des quatre joueurs toujours avec les Astros qui a connu la saison de 111 défaites en 2013 après le transfert de l’équipe de la Ligue nationale à la Ligue américaine, et les jeunes étoiles de l’équipe ont rapidement jeté une douche froide sur la foule au Dodger Stadium. Charlie Morton s’est occupé du reste avec une brillante performance de quatre manches en relève.

«Nous avons menotté une très bonne formation, a dit Morton, qui est habituellement utilisé comme partant. Pour mes coéquipiers, pour la ville de Houston, c’est incroyable.»

Springer, qui a été nommé joueur par excellence de la série, a été la bougie d’allumage en cognant un double avant de croiser le marbre en première manche. Il a ajouté un circuit de deux points en cinquième manche, ce qui portait la marque à 5-0 en faveur des Astros. Reggie Jackson (1977) et Chase Utley (2009) sont les seuls autres joueurs à avoir frappé cinq circuits lors d’une Série mondiale.

Darvish a connu un deuxième départ atroce en Série mondiale, lui qui avait accordé quatre points en une manche et deux tiers lors du troisième match, vendredi dernier.

«Je sais qu’il voulait la balle. Je sais qu’il était prêt. Je ne peux pas expliquer le résultat, a dit le gérant des Dodgers, Dave Roberts. Je sais que c’était le septième match, mais je croyais qu’il aurait de l’étoffe.»

Springer a inscrit le premier point de la rencontre dès la première manche, quand le relais du premier-but Cody Bellinger vers Darvish sur un roulant d’Alex Bregman a été imprécis. Bregman en a profité pour filer jusqu’au deuxième but. Bregman a ensuite volé le troisième but et il a marqué sur un roulant de Jose Altuve.

Le lanceur partant des Astros Lance McCullers fils a aidé sa cause en frappant un roulant productif en deuxième manche. Toutefois, sa soirée de travail a aussi été courte, alors qu’il a cédé sa place au monticule à Brad Peacock après deux manches et un tiers. McCullers a notamment atteint quatre frappeurs, mais sans conséquence.

Si la relève des Astros avait été généreuse depuis le début de la série, elle a brillé lors du match le plus important. Peacock a blanchi les Dodgers pendant deux manches. Puis Francisco Liriano et Chris Devenski ont retiré un frappeur chacun.

Morton s'amène

Morton s’est présenté au monticule en sixième manche et a accordé un point, deux coups sûrs et un but sur balles en quatre manches de travail. Il a mis fin au match en forçant Corey Seager à frapper un roulant au deuxième but et il a rapidement été rejoint par le receveur Brian McCann, qui lui a sauté dans les bras pour célébrer.

«J’ai récupéré la balle pour le dernier retrait et permettre aux Astros de devenir les champions. C’était un roulant dans ma direction et j’ai lancé au premier but. Je pense que c’est le plus beau moment de ma vie», a raconté Altuve.

L’arrêt-court Carlos Correa a profité des célébrations pour demander sa copine Daniella Rodriguez en mariage. Elle a dit oui en laissant couler des larmes.

Les Astros ont gagné 101 matchs en saison régulière pour gagner le titre de la section Ouest de la Ligue américaine.

L’équipe a été construite en se fiant à des joueurs repêchés, mais plusieurs vétérans ont joué des rôles importants dans les succès de l’équipe. Carlos Beltran et McCann, qui ont été acquis pendant la saison morte, et le lanceur Justin Verlander, obtenu à la fin du mois d’août, ont tous gagné un premier championnat de la Série mondiale.

Du côté des Dodgers, Roberts s’est tourné vers Clayton Kershaw en troisième manche. L’as lanceur gaucher a blanchi les Astros lors des quatre manches suivantes. Kenley Jansen et Alex Wood ont aussi muselé les frappeurs des Astros, mais les dommages étaient faits.

«Comme j’ai dit aux gars, quand vous donnez absolument tout et que vous arrivez à court, ça fait mal, a raconté Roberts. Et c’est censé faire mal.»

Les Dodgers, qui espéraient gagner un premier titre de la Série mondiale depuis 1988, ont frappé un seul coup sûr en 13 occasions avec des coureurs en position de marquer. Ils ont aussi laissé 10 coureurs sur les sentiers.

«Nous avons un très bon groupe de gars, a dit Kershaw. Sans vouloir être trop émotif, nous allons partager cette douleur.

«J’espère que nous allons pouvoir revenir ici, mais nous savons que ce ne sera pas facile.»

Ils sont arrivés à court malgré 104 victoires en saison régulière, un sommet dans les Ligues majeures, et une masse salariale de 240 millions $ US.

+

+

LES SEPTIÈMES MATCHS DANS L'HISTOIRE

C’était la quatrième fois en sept ans que la Série mondiale se rendait au match ultime et la 39e fois depuis que la formule quatre de sept existe. En 2016, les Cubs de Chicago avaient mis fin à une disette de 108 ans en l’emportant en 10e manche contre les Indians de Cleveland lors du septième match. Il faut d’ailleurs remonter à 2001 et 2002 pour retracer deux Séries mondiales consécutives nécessitant sept matchs.

La dernière fois que les Dodgers avaient participé à un septième match de la Série mondiale, en 1965, Sandy Koufax avait retiré 10 frappeurs sur des prises dans une victoire de 2-0 contre Minnesota, un record partagé par trois autres lanceurs : Hal Newhouser (Detroit, 1945), Bob Gibson (St. Louis, 1967) et Roger Clemens (Boston, 2001).

C’était la première fois que le Dodger Stadium était le site d’un septième match de la Série mondiale. Les Dodgers ont remporté cinq titres, dont une à Brooklyn (1955) et cinq à Los Angeles (1959, 1963, 1965, 1981 et 1988).

Un seul joueur a frappé deux circuits lors d’un septième match de la Série mondiale : Yogi Berra en 1956 lors de la victoire de 9-0 des Yankees contre Brooklyn. Quatre joueurs ont réussi quatre coups sûrs, tous dans une cause victorieuse : Max Carey (Pittsburgh, 1925), Ripper Collins (St. Louis, 1934), Willie Stargell (Pittsburgh, 1979) et George Brett (Kansas City, 1985).

+

+

SPRINGER JOUEUR PAR EXCELLENCE

George Springer a gagné le titre de joueur par excellence de la Série mondiale, lui qui a frappé un circuit et un double pour aider les Astros de Houston à gagner un premier titre grâce à une victoire de 5-1 face aux Dodgers de Los Angeles lors du match no 7.

Springer a égalé un record de la Série mondiale en claquant cinq circuits, dont un lors de chacun des quatre derniers matchs.

«Ce fut une série complètement folle et remplie de rebondissements, a raconté Springer. Je n’oublierai jamais ce moment, même si je ne participe plus jamais à la Série mondiale.»

Springer a célébré chaque fois en criant en faisant le tour des sentiers. Il y a des lunes, personne n’aurait imaginé ce scénario.

Quand il était jeune, Springer bégayait tellement qu’il demeurait souvent silencieux autour de sa famille et de ses proches. Avec le temps, il a pris confiance, si bien qu’il ne craint plus de donner une entrevue ou de se retrouver sous les projecteurs.

Si vous êtes attentifs, vous pouvez encore parfois remarquer quand Springer bloque sur un mot. Il va alors se calmer et prendre un instant avant de poursuivre sa phrase de manière éloquente.

Âgé de 28 ans, le voltigeur de centre a profité de son parcours en séries éliminatoires pour parler du programme aidant les jeunes qui souffrent de bégaiement dont il est le porte-parole.

«J’espère qu’il y a quelqu’un quelque part qui a été touché et qui a découvert qu’il pouvait aussi devenir ce qu’il souhaite devenir, que ce problème n’allait pas l’empêcher de vivre ses rêves», a-t-il raconté la semaine dernière.

Lors des matchs les plus importants de sa carrière, les Dodgers ont été incapables de l’arrêter.

Springer a égalé le record de Reggie Jackson (1977) et Chase Utley (2009) pour les circuits lors d’une Série mondiale. Il est aussi devenu le premier joueur à frapper un circuit dans quatre matchs d’affilée en Série mondiale, en plus de fracasser un autre record de la grande finale avec huit coups sûrs de plus d’un but.

«Je me souviens m’être élancé et avoir entendu le son de la balle sur le bâton. Je savais que le son était bon. J’ai ensuite vu la balle voyager. Les sensations en contournant les sentiers étaient incroyables. C’est complètement fou parce que c’est le septième match. C’est ce à quoi vous rêvez quand vous êtes enfant. De le faire, je n’ai pas les mots pour le décrire», a-t-il dit.

Il a rebondi après un premier match difficile, quand il avait été retiré quatre fois sur des prises. Malgré une maigre production de trois coups sûrs à ses 30 dernières présences au bâton, le gérant des Astros, A.J. Hinch, a continué de lui faire confiance.

Ce fut la bonne décision. Springer a été 11-en-25 lors des six derniers matchs.

«Le premier match de la Série mondiale ne s’est pas bien déroulé pour moi, et pour le reste de l’équipe, a reconnu Springer. Mais j’ai retenu certaines leçons. J’ai appris à contenir mes émotions. J’ai appris à contrôler ma respiration, à rester dans le moment. Ce n’était pas comme un match en juin où vous allez revenir au stade le lendemain, peu importe le résultat. Là, c’était pour les grands honneurs.»

Springer a brisé l’égalité avec un circuit de deux points en 11e manche lors du match no 2 au Dodger Stadium. Il a frappé un double dans une victoire lors du match no 3 et a claqué un autre circuit lors du quatrième match, une défaite.

Il a cogné un long circuit lors du match no 5, quelques instants après avoir pris une mauvaise décision en défensive. Il a ensuite soutiré un but sur balles avec deux retraits en 10e manche, mettant la table pour le point gagnant au Minute Maid Park.

Springer a frappé une claque en solo lors du match no 6, mais les Astros ont perdu 3-1.

Il a terminé la Série mondiale avec une moyenne de ,379 et sept points produits.

+

George Springer fêtait en toute sécurité dans le vestiaire des Astros, après le septième match de la Série mondiale, mercredi soir, à Los Angeles.

+

IL PARIE 14 MILLIONS $ SUR LOS ANGELES

Si certains parieurs préfèrent se retirer sur une lancée gagnante, d’autres préfèrent jouer le tout pour le tout. C’est le cas d’un homme de Las Vegas, dont les gains totaux pour la présente Série mondiale s’élèvent à 14 millions $US. Le parieur anonyme a choisi l’équipe gagnante lors des  six premiers matchs de la série entre les Dodgers de Los Angeles et les Astros de Houston. Et si plusieurs auraient empoché leurs gains, il a plutôt choisi de jouer le tout pour le tout en misant ses 14 millions $ sur une victoire des Dodgers lors de l’ultime match de la série.

C’est du moins ce qu’a confirmé sur Twitter RJ Bell, une source près du milieu des paris sportifs. L’homme aurait fait ses mises chez plusieurs preneurs de paris dans la ville du péché. Plusieurs rumeurs circulent à l’égard du parieur mystère, certains postulant même qu’il s’agirait d’un prête-nom pour des groupes mieux organisés. À midi mercredi, 60 % des paris et 66 % de l’argent avaient été misés sur les Dodgers.  Le Soleil