L’ancien capitaine des Olympiques de Gatineau, Bruno Lemire, en compagne de ses enfants Olivier 3 ans et Laurence 6 ans.
L’ancien capitaine des Olympiques de Gatineau, Bruno Lemire, en compagne de ses enfants Olivier 3 ans et Laurence 6 ans.

Lemire, capitaine dans l’âme

RUBRIQUE — QUE SONT-ILS DEVENUS ? / Bruno Lemire a toujours voulu jouer au hockey de façon professionnelle. C’était son rêve. Il s’est donc donné les moyens de le réaliser.

Après avoir passé quatre années avec les Olympiques de Hull et trois autres chez les Redmen de l’université McGill, il est parti à l’aventure. Il a d’abord participé à une émission de téléréalité, Making the Cut, destinée aux joueurs de talent qui étaient coincés sur la voie de garage. Sage décision. Ça lui a permis de rencontrer des gens qui lui ont ouvert des portes. Il a pris une tasse de café en Allemagne, avec un club de deuxième division. Il s’est ensuite retrouvé en Alaska, dans la Ligue East Coast. Il a finalement abouti au Texas, dans l’obscure Central League, où il a fini la saison.

Lemire voulait jouer au hockey, mais il savait que son avenir ne se dessinait pas sur les patinoires. Il est vite rentré au pays.

Bon étudiant, il avait déjà un Baccalauréat en kinésiologie de McGill en poche. À l’Université d’Ottawa, il a décroché une Maîtrise en physiologie de l’exercice. Il a ensuite suivi sa conjointe, une étudiante en médecine, à Québec.

Quand il est revenu en Outaouais, après cinq ans, Lemire détenait lui-même un Doctorat en médecine expérimentale de l’université Laval.

Lemire occupe aujourd’hui un poste au sein de Novartis, une multinationale suisse qui œuvre dans le domaine de la recherche pharmaceutique. Il est responsable d’une équipe de professionnels spécialisés en oncologie.

« Dans l’industrie pharmaceutique, tu peux soit te diriger dans un domaine très spécialisé ou dans la gestion de personnel. Moi, j’ai commencé dans un domaine hyper spécifique, mais je voulais accéder à un poste de gestion. Je travaille aujourd’hui dans le monde scientifique que je connais bien. Je me retrouve dans un domaine pointu, l’oncologie, que je connais moins », explique-t-il.

L’homme aujourd’hui âgé de 39 ans applique quelques principes acquis alors qu’il était capitaine des Olympiques. « L’énergie, le positivisme, l’empathie », énumère-t-il.

Il fait surtout confiance aux membres de son équipe.

Lemire et sa conjointe ont choisi de s’établir en Outaouais afin de compter sur le soutien d’une autre équipe. Les grands-parents peuvent s’impliquer auprès de leurs deux enfants. La « grande » Laurence est âgée de six ans. Son petit frère, Olivier, a trois ans.


« Je travaille aujourd’hui dans le monde scientifique que je connais bien. Je me retrouve dans un domaine pointu, l’oncologie, que je connais moins »
Bruno Lemire

Malgré son emploi du temps chargé, le père de famille n’a jamais complètement tourné le dos au hockey.

« Je joue dans la LNO, la Ligue nationale de l’Outaouais. Ça me permet de garder le contact avec une gang de chums du secondaire, des gars du sport-études de Nicolas-Gatineau. L’été, je peux côtoyer des gars comme Patrick Grandmaître et Philippe Lacasse... Jean-Gabriel Pageau vient même faire son tour, à l’occasion. Ça me passionne encore. »

Il ne s’est jamais complètement détaché des Olympiques, non plus.

Depuis quelques années, avec Dan Brunet et Luc Chénier, il essaie de solidifier une association réunissant les anciens joueurs.

« C’est embryonnaire, mais je dirais que nous sommes sur la bonne voie. »

Le tournoi de golf, une des principales activités des anciens, n’aura malheureusement pas lieu, cette année. « Martin Raymond a été mon entraîneur, à McGill. C’est aussi à McGill que j’ai vu le meilleur modèle d’association pour les anciens. J’aimerais ça, créer un sentiment de famille qui durerait, chez les Olympiques. On dirait que ça fait plus “classe” quand les anciens font partie du décor. »

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ROBERTO, ALES ET MOI

Quand on raconte la légende de Roberto «Bob» Bissonnette, on parle souvent de sa saison de 31 buts dans l’uniforme des Olympiques. Il s’agit de tout un exploit, pour celui qui avait atteint la LHJMQ en utilisant ses poings.

On attribue une bonne partie de ces succès à Ales Hemsky, une future vedette de la Ligue nationale qui évoluait au sein du même trio que lui.

On peut parfois oublier le troisième joueur qui complétait le premier trio des Hullois, cet hiver-là. «Hemsky jouait à droite. Bob était à gauche. Au centre, c’était moi», rappelle Lemire.

Durant cette saison de rêve où il a lui-même marqué 41 buts, Lemire a pu assister à la naissance de la rock star.

«Dans nos retraites fermées, en équipe, nos entraîneurs lui demandaient toujours d’apporter sa guitare. Quand Bob a lancé son premier album, je connaissais déjà plusieurs chansons !»

Comme tout le monde, Lemire a été triste d’apprendre le décès de son ancien coéquipier, en 2016.

«C’était tellement un vrai. Il était vraiment tough.»

«Je savais tout le temps quand il allait se battre. Il se mettait tellement de vaseline dans la face...»