Le champion olympique Brad Gushue, en pleine action.
Le champion olympique Brad Gushue, en pleine action.

L’élite mondiale du curling masculin à Ottawa en 2021

Ottawa accueillera les championnats du monde de curling masculin au printemps 2021. Reste à voir si les joueurs lanceront des pierres et brosseront la glace devant des spectateurs ou des gradins vides en raison de la COVID-19.

Curling Canada et la World Curling Federation en ont fait l’annonce mardi après-midi, confirmant un secret mal gardé. La capitale nationale était la favorite depuis l’automne pour présenter cet événement du 3 au 11 avril à l’aréna de la Place TD.

Le même endroit a accueilli le Brier en 2016.

«Je sais que beaucoup de gens attendent cette nouvelle depuis longtemps», a avoué le président du conseil d’administration de Curling Canada, John Shea, durant une conférence de presse virtuelle.

La région a été hôte du championnat canadien masculin à cinq reprises, dont en 1967 à Hull. Le Tournoi des Coeurs s’est arrêté à deux reprises. Les qualifications olympiques se sont déroulées au centre Canadian Tire en 2017.

Mais jamais un championnat du monde masculin ne s’est déroulé à Ottawa.

Edmonton, Halifax, Victoria, Regina, Winnipeg, Saint John, Hamilton, Brandon, Vancouver, Toronto, London, Moncton et même Pointe-Claire ont déjà accueilli ce tournoi depuis 1959. Lethbridge a reçu les meilleurs joueurs masculins l’an dernier.

Plus de 7200 personnes avaient assisté à la conquête de Brad Gushue contre le Suédois Niklas Edin en avril 2017 au Northlands Coliseum, ancien domicile des Oilers d’Edmonton.

La candidature d’Ottawa était pilotée notamment par l’Association de curling de la Vallée de l’Outaouais (OVCA), qui représente 46 clubs des deux côtés de la rivière.

Les championnats du monde accueilleront 60 joueurs de 12 pays différents. Les six premiers quatuors permettront à leur pays de se qualifier en vue des Jeux olympiques de 2022, à Pékin.

«Ça rend cette édition encore plus importante», a avoué la présidente de la World Curling Federation, Kate Caithness.

Le maire Jim Watson, lui, était heureux d’attirer un troisième rendez-vous majeur de curling en cinq ans. «Ça fera beaucoup de bien surtout après avoir l’annulation de plusieurs événements sportifs cette année, a-t-il dit.

«Ça sera un des premiers gros événements de l’ère post-COVID-19 à se tenir en ville.»

Reste justement à voir si la pandémie aura pris fin. Aux dernières nouvelles, elle ne vient pas avec une date de péremption.

Caithness se disait confiante que l’événement aurait lieu devant des partisans. La fédération internationale travaille avec l’Organisation mondiale de la santé pour établir un protocole de retour pour ses divers événements.

«Nous aurons eu l’occasion de tenir plusieurs tournois avant de nous présenter ici, a-t-elle dit. Le plus gros enjeu pourrait être relié au transport en raison de la quarantaine qui doit être observée par les gens qui arrivent de l’extérieur.»

Présente à l’annonce virtuelle, la ministre du Patrimoine, du Sport, du Tourisme et de la Culture de l’Ontario a rappelé que la santé des partisans restera la priorité pour son gouvernement. Qu’un vaccin sera peut-être déjà trouvé et administré dans neuf mois. Et si aucune solution n’a été trouvée pour stopper complètement la COVID-19?

«Nous sommes prêts à travailler avec le comité organisateur local au même titre que nous collaborons en ce moment avec les Maple Leafs de Toronto pour devenir une ville-bulle de la LNH», a soutenu Lisa MacLeod à ce sujet.

La tenue des championnats du monde aura un impact sur les 67’s d’Ottawa, qui évoluent à l’aréna de la Place TD. Le mois d’avril est synonyme de séries éliminatoires au hockey junior.

L’équipe devra trouver un plan B si elle accède au tournoi printanier en 2021.

«C’est un temps important pour des clubs comme celui-là. Ce n’est pas facile de leur demander de laisser leur place, mais ils (dirigeants des 67’s) ont très bien collaborés», a noté le directeur des communications de Curling Canada, Al Cameron.

Quant au président de l’Ottawa Sports and Entertainment Group (OSEG), il a rappelé que la finale du Brier avait été présentée à guichets fermés, il y a quatre ans. «Nous avions même des gens debout ici et là. Depuis la fin de cet événement, nous cherchions à ramener le curling à la Place TD», a indiqué Mark Goudie.