Le nouveau champion canadien junior au 400 m haies, Leewinchell Jean, souhaite battre le record canadien dans cette discipline. Il devra retrancher deux secondes à son meilleur temps avec l’aide de sa coach, Yolande Jones-Grande.

Leewinchell Jean: sur les pas de son coach olympien

Leewinchell Jean possède plutôt un air d’intellectuel que de champion sportif avec ses lunettes et sa facilité avec les mots. Oui, le jeune homme âgé de 18 ans excelle en littérature comme en fait foi un prix en poésie que lui a été décerné par la Bibliothèque publique d’Ottawa lors d’un concours d’écriture pour jeunes en avril.

Ajoutez à cela que Jean était impliqué dans la vie étudiante à l’école secondaire Gisèle-Lalonde. On l’avait élu premier ministre du gouvernement des élèves.

Mais le Franco-Ontarien d’Orléans s’avère aussi un des hommes les plus rapides au pays depuis quelques jours.

Ce fils de parents originaires d’Haïti a été couronné champion canadien junior au 400 m haies lors des championnats nationaux qui se déroulaient à Montréal. Il a aussi récolté l’argent au relais 4 x 400 mètres avec ses coéquipiers des Lions d’Ottawa.

« La saison est enfin finie. Elle a été longue. Elle a commencé en mars avec une compétition des écoles franco-ontariennes. J’ai hâte à mes vacances en août », laisse tomber Jean, sourire en coin.

Avant de se pointer à Montréal, ce dernier avait obtenu sa première affectation internationale. Athlétisme Canada l’avait envoyé au Costa Rica qui accueillait les Jeux panaméricains juniors.

Jean a terminé 11e.

« J’étais classé 12e avant la compétition. Je voulais avant tout avoir du plaisir. En plus, j’ai amélioré mon rang ! La plupart des autres gars étaient plus vieux que moi. Ils ne seront pas là l’an prochain. »

Car parlons de 2020.

Les championnats du monde juniors auront lieu en juillet à Nairobi, au Kenya.

Leewinchell Jean a cet événement dans sa mire, tout comme le record canadien junior au 400 m haies. Le temps à battre ? 50,92 secondes. Il est détenu par un certain Nick Stewart depuis 1997.

En ce moment, l’espoir des Lions montre une marque personnelle de 52,95.

« Avec elle, je suis capable de retrancher deux secondes d’ici l’an prochain. J’ai été capable de retrancher quatre secondes dans la dernière année », lance-t-il.

« Elle », c’est Yolande Jones-Grande, son entraîneuse depuis deux ans.

C’est aussi une ancienne athlète de haut niveau. Elle a participé aux Jeux olympiques en 1988, à Séoul.

Sa spécialité ? Oui, les haies.

Jones-Grande ne peut pas s’empêcher de dresser des parallèles avec sa propre carrière en voyant la progression de son protégé. « Ma première compétition internationale avait aussi été les Jeux panaméricains juniors comme lui, souligne-t-elle.

«Puis j’avais participé aux championnats du monde juniors.»

La coach le croit capable de poursuivre son ascension en passant par les Jeux de la Francophonie, les Jeux du Commonwealth et un jour, les Jeux olympiques. »

Ce qu’elle aime chez lui ?

« C’est un athlète attentif et intelligent qui ne manque jamais une séance d’entraînement. Il est tellement dédié. Tellement qu’il m’avait demandé de s’entraîner quelques heures avant son vol d’avion pour les Jeux panaméricains ! En fait, le seul entraînement qu’il a raté, c’était en raison de sa soirée de finissants. J’ai dû le convaincre d’y participer ! »

Leewinchell Jean avait une pensée pour l’homme qui l’a guidé vers l’épreuve des haies, il y a quatre ans. C’était Paul Carrier, un de ses enseignants à l’école secondaire Gisèle-Lalonde.

« J’avais participé à deux compétitions en sprint. J’avais vu des haies. Mon entraîneur m’avait dit que je devrais essayer ça puisque j’étais assez grand et rapide. Depuis ce temps-là, je ne fais que ça ! »