Dave Leduc, de Gatineau, a gagné la ceinture des lourds légers de la World Lethwei Championship (WLC) vendredi dernier.

Leduc gagne un nouveau titre mondial

Moins de cinq minutes ont suffi à Dave Leduc pour massacrer un autre adversaire et ajouter une nouvelle ceinture de boxe à mains nues à son impressionnante collection.

La nouvelle victime du combattant de l’Outaouais ? Un vétéran de l’UFC, le Polonais Seth Baczynski, qui a visité le tapis à trois reprises avant de concéder la victoire avec 30 secondes à écouler au second round.

Leduc venait de le couper sérieusement à l’oreille gauche. « Son oreille a “explosé” à la suite d’un coup de genou que je lui ai donné », a-t-il relaté dimanche, deux jours après sa victoire.

Le combat s’est déroulé à Mandalay, au Myanmar. C’était la finale du gala « King of Nine Limbs » organisé par la World Lethwei Championship (WLC), une nouvelle organisation affiliée à l’UFC en Asie.

L’enjeu ? Le titre de champion des poids lourds légers dans ce qui est considéré le sport le plus brutal au monde. Tous les coups sont permis en lethwei, de la tête, aux coudes et genoux. Leduc était le favori, ayant gagné plusieurs titres depuis cinq ans. Il n’a jamais été menacé par Baczynski.

« Je ne pouvais pas demander mieux. Ça s’est bien passé. Je n’ai pas de coupure au visage. Je n’ai que ma main droite qui est enflée. Mes jointures sont grosses comme un œuf. »

Cet affrontement a été diffusé sur les ondes de UFC Fight Pass. « Il y a plus de monde sur la scène internationale qui a vu ce combat par rapport à mes autres. C’était un des faits saillants de ma carrière », a dit Leduc.

Sa réaction au milieu du ring en disait long.

Leduc était à genou avec sa nouvelle ceinture pendant des confettis tombaient du plafond. Plus tard, il a été pris en photo devant son butin, quelques bonnes palettes de dollars.

Des débuts modestes

Une photo que l’athlète âgé de 27 ans a mise en ligne sur les réseaux sociaux, l’intitulant « Quand les habiletés paient les factures ». Il s’est permis de revenir sur ses débuts.

« Quand j’ai entamé ma carrière, j’acceptais des combats pour 150 $. Peu de gens le savent, mais je me suis battu aussi à “Prison Fight” pour absolument rien. Même le prisonnier a obtenu plus que moi. J’avais dû payer pour mon vol d’avion et ma chambre d’hôtel pour tenter de me faire un nom à cet événement controversé », a-t-il écrit.

« Ma conjointe Irina Terehova et moi, nous habitions dans un appartement dégoûtant d’une chambre en Asie, mangeant des nouilles assis sur notre lit. Une journée, elle était assise sur une de mes cuisses. Nous avions pleuré. J’avais la rage au cœur. Je lui avais promis que j’allais percer, qu’elle était ma reine et que j’allais lui offrir un quotidien dans lequel elle n’aurait pas à travailler, qu’elle pourrait relaxer... Je ne savais juste pas comment sur le coup. J’ai communiqué avec plusieurs promoteurs impliqués dans le lethwei et j’ai obtenu un premier combat. On connaît maintenant le reste de l’histoire. »

Son prochain combat risque d’avoir lieu seulement au début 2020. Ses plans de retraite ont aussi été relégués aux oubliettes.

« J’avais peut-être parlé trop vite », a-t-il reconnu en riant.

Dave Leduc reviendra au pays à la fin de l’été. Des entrevues l’attendent. Le nouveau champion caresse le rêve de rencontrer le premier ministre Justin Trudeau.

« Je sais qu’il aime les sports de combat. J’amènerais ma ceinture de champion de la WLC. »

En attendant son retour, Leduc doit aménager dans sa nouvelle maison à Chypre. Deux séances de tatouage traditionnel du Myanmar qui dureront 10 heures chacune se trouvent aussi au menu lors des prochains jours.

Un couple mal-aimé

Et il gardera un œil sur la téléréalité Amazing Race Canada dans laquelle sa conjointe et lui ont participé au printemps. La diffusion se déroule en ce moment sur le réseau CTV.

Leduc et Terehova sont devenus les vilains de la série en raison de certaines de leurs décisions controversées.

« Je lisais les commentaires. Les gens aiment nous détester. Mais je suis convaincu que c’est de l’amour caché, que les gens nous demanderaient un selfie s’ils nous croisaient dans la rue. »