Avec ses 348 points en dix matches des play-offs, LeBron James a le rendement offensif le plus important depuis 1992 et Michael Jordan.

LeBron James, plus fort que jamais à 33 ans?

LOS ANGELES — La légende de la NBA LeBron James s’est enrichie d’une nouvelle page après son incroyable panier de la victoire samedi contre Toronto et d’autres devraient suivre, peut-être dès lundi lors du match N.4 de la demi-finale de conférence Est, tant la superstar de Cleveland écoeure la concurrence.

Ce n’était qu’un match du 2e tour des play-offs, mais la victoire à la dernière seconde de Cleveland face à Toronto 105 à 103 samedi, a marqué les esprits.

Parce qu’elle permet aux Cavaliers de mener trois victoires à zéro et de viser la qualification pour la finale de conférence dès lundi, parce qu’elle conforte l’idée que «King James» n’a peut-être jamais été aussi fort.

A 33 ans, alors qu’il boucle sa 15e saison dans le Championnat le plus relevé de la planète...

Plus déterminant que jamais

Tellement prévisible et pourtant tellement magique: à huit secondes de la fin du temps réglementaire alors que Cleveland et Toronto sont dos à dos (103-103), c’est sans surprise vers LeBron James que l’entraîneur des Cavaliers Tyronn Lue se tourne.

Le triple champion NBA, marqué par un seul joueur, remonte le terrain sans se précipiter, puis accélère à la hauteur de la ligne des tirs à trois points et saute à cinq mètres du panier.

En extension et en déséquilibre, il décoche avec sa main gauche un insolent et diabolique «floater» qui, après avoir rebondi sur la planche, libère son équipe.

Ce n’est pas le premier «buzzer beater», ces paniers de la victoire dans les cinq dernières secondes, réussi cette saison par James.

Au 1er tour contre une accrocheuse équipe d’Indiana, il avait déjà fait la différence lors du match N.5 avec un improbable panier à trois points.

Il est le premier depuis 2002 à réussir deux «buzzer beaters» lors d’une même saison en play-offs. Mieux, se délectent les statisticiens et/ou ceux qui le présentent comme le meilleur joueur de l’histoire, il en a désormais cinq à son actif, soit autant que tous les autres joueurs en activité, et deux de plus qu’un certain Michael Jordan durant toute sa carrière (3).

Plus indispensable que jamais

Au jeu des comparaisons avec Michael Jordan, LeBron James va peut-être pouvoir mettre tout le monde d’accord s’il devait être sacré champion en juin.

A l’heure des «super-teams», ces équipes qui accumulent les stars comme Golden State, Houston ou Oklahoma City, il porte Cleveland à bout de bras, seul ou presque.

Kyrie Irving est parti à l’intersaison à Boston et Kevin Love fait du Kevin Love, capable du pire comme du meilleur d’un match à l’autre.

Il a sorti du marasme une équipe qui a été profondément remodelée en février avec notamment les départs d’Isaiah Thomas et de Dwyane Wade, son meilleur ami arrivé l’été précédent.

Pour la première fois depuis ses débuts NBA en 2003, «King James» a disputé les 82 matches de saison régulière de son équipe et a été le joueur le plus utilisé de NBA avec 36,9 minutes par match.

Modèle de professionnalisme, suivi par son propre staff avec préparateur physique, diététicien et kiné, James est un phénomène, quasiment jamais blessé.

Mais sa débauche d’énergie va peut-être le rattraper, même s’il ne donne aucun signe de fléchissement contre Toronto.

Plus prolifique que jamais

Avec ses 348 points en dix matches des play-offs, «LBJ» a le rendement offensif le plus important depuis 1992 et Michael Jordan.

Ses statistiques donnent le tournis: il a produit quatre matches à 40 points et plus, s’est offert deux «triple doubles», a égalé son record de passes décisives dans un match de play-offs (14), sans oublier ses deux «buzzer beaters».

Plus fort encore, alors qu’il disputait samedi son 227e match de play-offs --5e total de l’histoire--, il a été le meilleur marqueur et passeur de son équipe pour le onzième match de suite, du jamais-vu en phase finale, ce qui lui a permis de dépasser le légendaire Oscar Robertson.

L’intéressé répète qu’il ne fait que son boulot: «C’est pour vivre des moments comme ça que je joue au basket».

Ses contemporains, comme le meneur de Brooklyn D’Angelo Russell, en sont persuadés: «On voit l’Histoire s’écrire devant nous».