Erik Karlsson a été impressionnant dans la victoire de samedi avec huit tirs bloqués et 33 minutes de jeu.

Le vrai Erik Karlsson s’est levé

Après tout ce qui avait été dit et écrit, les Sénateurs ressentaient une pression énorme de gagner le match de samedi. Leur capitaine et joueur de concession a décidé de prendre les choses en main.

Erik Karlsson a fracassé deux records, samedi. Il a d’abord trouvé un moyen de rester au chaud en passant 32 minutes et 55 secondes sur la patinoire. Il a ensuite fait preuve de courage en bloquant huit lancers.

Dans tous les matches en plein air organisés par la Ligue nationale de hockey depuis 2003, personne n’en avait fait autant.

Guy Boucher, débordant d’enthousiasme, a déclaré qu’il a eu l’impression de revoir le Karlsson des beaux jours. « Il est de retour à 100 % », a-t-il affirmé.

Karlsson, à son retour au vestiaire, s’est montré un peu plus modeste. « Si c’était mon meilleur match de la saison ? Bof... Mettons que c’était mon meilleur match en plein air. Le meilleur match en plein air de toute ma vie », a-t-il dit avec un petit sourire en coin.

Il n’avait, bien entendu, jamais joué dans un stade à ciel ouvert.

Bloquer des lancers sur une patinoire extérieure, alors que le mercure se situe sous la barre des moins 15 degrés Celsius, demande une certaine dose de courage. Plus les rondelles sont gelées, plus elles sont dures. Plus elles sont dures, plus elles font mal.

« Ça ne faisait pas du bien, a réagi le défenseur qui a obtenu une mention d’aide sur le premier but de la soirée. J’aurais probablement pu choisir un meilleur soir pour bloquer huit rondelles. À la fin de la journée, j’ai simplement choisi de faire ce que j’avais à faire. Tout le monde a fait son travail dans ce match. Je n’ai pas été le seul joueur à bloquer des tirs. Certains attaquants ont pratiqué un échec-avant agressif. D’autres ont aidé la défensive lors du repli. Nos défenseurs ont été efficaces, tout au long du match, lors des sorties de zone. Nous voulions tous gagner ce match. Nous avons agi en conséquence. »

Karlsson a quand même pris soin de spécifier que cette victoire ne change pas tout. Les Sénateurs ont quand même entrepris la semaine au 28e rang du classement général de la LNH.

Un gain face à un rival de division, dans le cadre d’une soirée historique, ne peut effacer un mois complet de grosse misère.

« Nous sommes encore très loin de notre profit », reconnaît-il.

Des fleurs

Les Sénateurs ne pourront pas remonter le classement d’un seul coup. Pour sauver ce qu’il reste de la saison, leur capitaine devra livrer plusieurs autres performances aussi inspirées au cours des quatre prochains mois. C’est un peu ce que Guy Boucher voulait dire, très tard samedi soir, dans sa conférence de presse d’après-match.

« On regarde ce qu’Erik a vécu. Il a passé tout l’été sans s’entraîner une fois. Il n’a pas été capable de faire le moindre petit exercice. Il n’a pas eu de camp d’entraînement. Il a été obligé d’attendre. Les gens confondent parfois Erik Karlsson et Superman. Les gens pensaient qu’il serait bon en partant... »

« Je m’excuse. C’était clair pour moi et pour tout notre staff que le vrai Erik Karlsson ne remonterait pas à la surface avant Noël. C’est exactement ce qui se produit. Tranquillement, il reprend sa vitesse », a-t-il expliqué.

Boucher demeure convaincu que Karlsson a été le premier à surestimer ses propres capacités. « Erik peut rattraper le temps perdu plus rapidement que les autres, mais il y a quand même un processus normal à respecter. Je pense qu’il a récemment accepté cela. Depuis, il se frustre moins. Il est plus calme. »

Karlsson a été interviewé sur le terrain de la Place TD, après la partie. Ses commentaires ont été diffusés sur l’écran géant alors que la foule se dispersait.

« On aime nos partisans et on aime cette ville », a-t-il déclaré. Cette déclaration toute simple a fait du bien à ceux qui avaient été écorchés, vendredi, par les commentaires maladroits du propriétaire Eugene Melnyk.

« Nous avons perdu beaucoup de matches, sur la route, récemment. Nous voulions montrer aux fans que nous voulons gagner autant qu’eux », a-t-il dit.

MARIO LEMIEUX SUGGÈRE À EUGENE MELNYK DE SE MONTRER PATIENT

Mario Lemieux a un conseil à donner à Eugene Menlyk.

« Soyez patient. »

Le légendaire propriétaire des Penguins de Pittsburgh est drôlement bien placé pour conseiller son homologue des Sénateurs. Comme M. Melnyk, il a été impliqué dans un long processus de négociation avec différents paliers de gouvernement quand est venu le temps de remplacer le vieil Igloo des Penguins par un amphithéâtre tout neuf au centre-ville.

Les négociations ont été laborieuses.

« Nous autres, à Pittsburgh, ça nous a pris sept ou huit ans avant d’obtenir notre nouvel aréna. Je pense que Eugene devrait faire la même chose. Il devrait essayer de travailler avec les gens, ici. Il doit être patient », a déclaré M. Lemieux, samedi.

Les Penguins ont connu quelques saisons difficiles, au début des années 2000. L’équipe traînait dans les bas-fonds du classement et se produisait régulièrement devant des foules inférieures à 10 000 spectateurs.

Ils n’ont visiblement plus ce problème. Ils ont fait salle comble à leurs 500 derniers matches à domicile, saison régulière et séries éliminatoires confondues.

« Éventuellement, si Eugene fait preuve de patience, il réussira à obtenir une entente qui fera son bonheur, ici », croit M. Lemieux.

L’homme de hockey de 52 ans était un des invités d’honneur de la LNH, ce week-end. On l’a honoré durant le match entre les Sénateurs et le Canadien. Sa performance de cinq buts dans un seul match contre les Devils du New Jersey, le 31 décembre 1988, sera désormais reconnue comme « le meilleur moment » des 100 premières années de la LNH.

Ce soir-là, le Magnifique a marqué cinq buts de cinq façons différentes. Il a inscrit un but à forces égales, un but en supériorité numérique, un but en désavantage numérique, un but lors d’un lancer de pénalité et un but dans un filet désert.

« Quand on revoit ça, c’est quelque chose de très spécial. Tu n’as pas la chance de faire ça tous les matches. La clé, c’était le lancer de punition », croit-il.