Le débat avait ressurgi au Canada en juin 2013, quand la Fédération québécoise de soccer s'était opposée au port du turban par des Sikhs sur les terrains.

Le voile et le turban officiellement autorisés au soccer

La possibilité de porter le voile ou le turban a été officiellement intégrée samedi dans les règles du soccer, ce qui devrait contribuer à lever la barrière religieuse à son développement dans plusieurs pays du globe.
L'International Football Association Board (IFAB), l'organe garant des lois du ballon rond, avait autorisé à titre d'essai le port du voile sous certaines conditions strictes il y a deux ans, à la demande de plusieurs pays musulmans. L'association avait ensuite accepté d'étendre cette expérience aux joueurs masculins après qu'un conflit autour du turban par des sikhs eut débordé sur les terrains de soccer au Québec.
«Une expérience a été menée et la décision restait à prendre. Cela a été confirmé: les joueuses peuvent avoir la tête couverte pour jouer», a déclaré le secrétaire général de la Fédération internationale de football (FIFA), Jérôme Valcke, lors d'une conférence de presse.
«Nous ne pouvons faire de discrimination. Ce qui s'applique aux femmes peut s'appliquer aux hommes. Les hommes peuvent aussi porter dans les différentes compétitions un couvre-chef», a ajouté Jérôme Valcke.
L'IFAB a jugé ne plus avoir de raisons valables de l'interdire si les consignes fixées sont bien respectées. Car ce couvre-chef autorisé sur les terrains n'aura rien à voir avec le voile ou le turban de tous les jours.
Il doit en effet être collé à la tête, être en accord avec la tenue du joueur, ne pas être rattaché à son maillot, ne pas constituer un danger pour celui qui le porte ou pour autrui, et ne doit avoir aucune partie qui dépasse. Les épinglettes pour le faire tenir aux cheveux sont aussi bannies.
Il doit encore être défini précisément et une circulaire sera envoyée dans la foulée aux différentes fédérations pour expliquer les détails.
La question du voile avait agité la planète du ballon rond ces dernières années. L'Iran était allé jusqu'à porter plainte contre la FIFA parce que les joueuses de son équipe nationale, faute d'être autorisées à couvrir leurs têtes, avaient dû faire une croix sur les qualifications pour les Jeux olympiques de Londres en 2012.
Le débat avait ressurgi au Canada en juin 2013, quand la Fédération québécoise de soccer s'était opposée au port du turban par des sikhs sur les terrains. La Fédération canadienne, qui y était favorable, avait décidé de suspendre la branche québécoise avant que la FIFA ne calme le jeu, en étendant aux joueurs masculins le champ de son expérience.
Principe de laïcité
Pour les instances dirigeantes du ballon rond, c'est l'aspect sportif qui a primé sur le débat autour du symbole religieux.
«C'était une requête qui venait d'un groupe de pays et d'un groupe de joueurs qui disaient que cela contribuerait au développement du football et ce fut le principal argument qui a poussé l'IFAB à dire oui», a souligné Jérôme Valcke.
Si l'autorisation d'avoir la tête couverte sur les terrains est valable pour le monde entier, cela ne veut pas dire qu'elle sera appliquée partout.
L'IFAB a aussi amendé les règles concernant les tenues des joueurs afin d'interdire plus clairement tout slogan, déclaration ou image à caractère politique, religieuse ou personnelle sur la partie visible ou sur les sous-vêtements.
Que leurs intentions soient bonnes ou non, les joueurs qui soulèvent leur maillot pour montrer au public un message écrit s'exposeront ainsi à des sanctions.