Revenue au jeu en février après cinq ans d’absence, la Canadienne Rebecca Marino a déjà gagné quatre tournois et pourrait retrouver sa place parmi l’élite mondiale si elle conserve le même rythme.

Le spectaculaire retour de Marino

Elle a le même âge que Milos Raonic. Comme lui, à 20 ans en 2011, elle était perçue comme l’étoile montante du tennis canadien.

Rebecca Marino pointait déjà au 38e rang du classement mondial de la WTA. Grande, puissante, athlétique, elle avait tout pour réussir. Même Serena Williams, la « reine » du tennis féminin, la redoutait.

« Maintenant, je sais ce que les autres ressentent quand elles m’affrontent », avait-elle lancé après un duel musclé contre Marino.

Mais à 22 ans, la Britano-Colombienne a tout arrêté.

« Je vivais une dépression et un épuisement professionnel. J’avais des choses à régler. »

Marino s’est effacée de la scène du tennis. Elle est retournée aux études, s’est mise à travailler en plus d’aller chercher de l’aide professionnelle.

Cinq années ont passé. Le tennis lui manquait. En février dernier, à la bonne place dans sa tête et sur le plan physique, elle a tenté un retour au jeu à 27 ans. Rapidement, son histoire est en train de devenir l’une des meilleures de la saison 2018 de la WTA.

Avec un classement à refaire à partir du 1500e rang, son entrée a été fracassante. Elle a gagné ses trois premiers tournois de la série Futures en Turquie ! Dimanche, à Winnipeg, elle a gagné un premier Challenger, un tournoi plus relevé qu’un Futures. En cinq mois, elle est déjà passée au 427e rang. Soudainement, tout semble possible pour l’athlète au service de plomb et au coup droit dévastateur.

Après avoir gagné son match de premier tour contre la Québécoise Catherine Leduc au Challenger Banque Nationale de Gatineau, Marino se frottera à la favorite du tableau féminin, l’Australienne Arina Rodionova, dans le dernier match de la soirée de jeudi sur le court central.

« Ce retour au jeu est vraiment excitant ! Je m’étais fixé des attentes plutôt basses au début, mais ça se passe beaucoup plus en douceur que prévu. Commencer avec trois titres et gagner à Winnipeg me rend vraiment heureuse ! Je peux même dire que c’est enivrant de repartir à zéro même si mon classement est frustrant parce qu’il ne reflète pas mon niveau de jeu. Peu importe, dans un an, tout va rentrer dans l’ordre. »

Même si les succès s’accumulent pour la droitière de 6’0’’, Marino n’ose pas penser jusqu’où son retour pourrait la mener.

« Ça serait un rêve de retourner où j’étais, mais je ne veux pas me créer d’attentes. C’est un cliché. Je prends les matches un à la fois. »

Marino tient aussi à souligner qu’elle ne regrette pas d’avoir laissé le tennis pendant cinq ans.

Bonne santé mentale
« J’ai demandé de l’aide et tout va bien maintenant. Je n’ai même pas d’inquiétudes. Si je ressens le besoin d’aller chercher de l’aide, je sais exactement où la trouver. Mes cinq ans à l’extérieur du terrain m’ont permis de vivre des expériences extraordinaires. Elles auraient été impossibles si j’avais poursuivi ma carrière de joueuse. Je ne serais même pas à Gatineau aujourd’hui ! »

Cinq ans plus tard, Marino a l’impression que le recul a fait d’elle une meilleure joueuse.

« C’est comme une version 2.0 de ma carrière. Je peux utiliser mon expérience précédente pour m’aider à la relancer. Je me sens plus en forme qu’à 20 ans. Mentalement, je suis beaucoup plus forte, mais j’ai encore beaucoup de rouille à enlever dans mon jeu. »

Marino a aussi hâte de gagner des rangs au classement mondial pour éviter d’affronter les têtes de série dès le début d’un tournoi. « Par contre, si je veux revenir parmi les meilleures, il faudra que je les batte à un moment donné. Je dois relever le défi et les attaquer ! »