L’entraîneur de la ligne défensive, Leroy Blugh

Le Rouge et Noir a eu la frousse

Les joueurs qu’il dirige chez le Rouge et Noir ont eu la frousse. Ses collègues entraîneurs aussi. Même lui a craint le pire à un certain moment, cloué sur un lit à l’hôpital d’Ottawa.

Membre du Temple de la renommée du football canadien, Leroy Blugh a retrouvé son poste d’entraîneur de la ligne défensive, vendredi dernier, contre les Roughriders de la Saskatchewan. L’ancien joueur étoile de la LCF avait été tenu à l’écart de l’équipe depuis deux mois.

« Ça fait du bien de remettre les pieds ici. Je me suis ennuyé de ce sport, de cette camaraderie », a soutenu le père de famille âgé de 51 ans après la séance d’entraînement, mercredi, à la Place TD.

Blugh a passé neuf journées aux soins intensifs tôt en août. Il était très malade et les médecins ignoraient au départ pourquoi.

Est-ce qu’il s’agissait d’une nouvelle bataille contre un cancer après un premier épisode en 2013 ? À l’époque, on avait dû lui retirer une tumeur apparue le long du cou.

C’est sans compter que Blugh avait eu une défaillance du foie par le passé. Il souffre aussi de vertige et de diabète.

« Finalement après une série de tests, on a vite compris que j’étais victime d’une très sévère infection qui avait mené à une pneumonie. Mes poumons étaient remplis... Ça faisait un bout que je ne me sentais pas bien, mais que je continuais à travailler. »

On l’a inondé d’antibiotiques. Puis il a été placé en repos forcé pendant deux mois. Une période durant laquelle il a perdu plus d’une trentaine de livres.

Ça aurait pu être pire. Il aurait pu y perdre la vie.

« J’ai entendu un médecin dire qu’il n’aurait pas fallu que j’attende une journée de plus pour me pointer à l’hôpital », a raconté Leroy Blugh.

C’est son ami et coordonnateur en défensive, Mark Nelson, qui l’a convaincu d’aller consulter le doc par une journée d’août. Il s’est pointé chez lui afin de prendre de ses nouvelles, inquiet par son état de santé qui se détériorait.

En matinée, l’entraîneur-chef Rick Campbell avait ordonné à Blugh de retourner à la maison afin de se soigner.

« Comme je racontais, je ne me sentais pas bien depuis un bout de temps. J’avais beaucoup de frissons, a relaté le principal intéressé.

«À un certain moment à l’hôpital, j’ai eu peur que le cancer se soit pointé à nouveau, a-t-il avoué. Plusieurs scénarios pessimistes me trottaient en tête pendant que les médecins tentaient de trouver le problème (...) Des fois avec le travail, on a tendance à s’oublier, à ne pas écouter notre corps.»

Reprendre ses forces n’a pas été facile pour cet ancien joueur dont le rôle était de plaquer l’adversaire. Son quotidien demandait depuis trois décennies de se présenter tôt chaque matin au stade de football.

Il était devenu entraîneur en 2005. Au fil des ans, il a œuvré dans la LCF mais aussi dans les rangs universitaires, dirigeant notamment les Gaiters de Bishop, à Sherbrooke. Le Rouge et Noir s’avère sa famille d’accueil depuis quatre saisons.

«J’ai réalisé dans les dernières semaines à quel point ce sport s’avère une partie importante de ma vie, que c’est un privilège de pouvoir gagner ma vie en pratiquant un métier que j’aime.»

Leroy Blugh, qui a grandi non loin de la capitale nationale à Napanee, a aussi vanté à plusieurs reprises le travail du personnel médical de l’hôpital d’Ottawa. «Les gens ont été fantastiques avec moi. Ils ont travaillé sans relâche afin de trouver la source de mes problèmes. Je n’ai que de bons mots pour la façon dont j’ai été pris en charge», a-t-il tenu à souligner avant de retraiter vers le vestiaire.

Des réunions d’équipe se trouvaient au menu en vue du long voyage qui attend le Rouge et Noir. L’équipe se rendra à Vancouver puis Régina pour des parties contre les Lions et les Riders. Un premier séjour sur la route pour Blugh, l’homme que l’ailier Arnaud Gascon-Nadon a déjà qualifié de «corps et âme de notre ligne défensive».