Le fonctionnaire gatinois Terry SanCartier espérait atteindre le plateau des 100 marathons en carrière avant ses 50 ans en novembre. Son rêve s’avère maintenant menacé par les ravages de la COVID-19.

Le rêve d’un marathonien gatinois est menacé par le coronavirus

Les joueurs de la LNH devront peut-être oublier la coupe Stanley. Des nageurs, cyclistes et gymnastes pourraient être privés des Jeux olympiques.

Terry SanCartier, lui, voyait grand en 2020. Ça n’impliquait pas un gros trophée ou des médailles. Un plateau important se trouvait plutôt à sa portée.

Le fonctionnaire de Gatineau voulait prendre le départ de neuf marathons. Tout ça afin d’atteindre un objectif qu’il s’est fixé il y a plusieurs années en découvrant la course à pied.

Avoir couru 100 marathons à vie avant son 50e anniversaire de naissance, le 30 novembre prochain. La pandémie mondiale de la COVID-19 vient contrecarrer ses plans.

« J’aurais pensé à plusieurs autres choses qu’un virus qui aurait pu m’empêcher d’accomplir ça... Comme glisser sur une plaque de glace en courant à l’extérieur », laisse tomber SanCartier, lundi.

Ce dernier prenait une pause de son télétravail pour parler du rêve qu’il caresse.

Le premier des neuf marathons manquants devait avoir lieu au début du mois d’avril, en Slovénie. « J’avais planifié un voyage autour de ça, mais il a été déplacé en octobre », a-t-il expliqué.

Deux autres départs étaient prévus en mai, à Ottawa ainsi qu’à Longueuil. « Mais j’ai l’impression que ça n’aura pas lieu », dit-il.

Son compteur risque de demeurer à 91 marathons pour un bout de temps. Il a couru un peu partout dans le monde. « Dans une douzaine de pays », souligne-t-il.

Des aimants des différents marathons visités se trouvent collés à son frigo. Un petit rappel du chemin parcouru depuis ses débuts sur le bitume à l’été 2006.

Son premier réel objectif était de se qualifier en vue du Marathon de Boston. « J’ai poussé fort dans les premières années, mais il me restait encore 15 minutes à retrancher. Je trouvais ça assez difficile », explique-t-il.

« Je commençais à avoir moins le goût de courir. Je me suis alors dit que j’avais besoin d’un autre but si je ne voulais pas arrêter. J’ai décidé que je voulais faire 50 marathons pour mes 50 ans. »

L’athlète natif de Sudbury a vite collectionné les départs. La marque de 50 a été atteinte à l’âge de 45 ans !

Optimisme

« Je me suis alors dit que je pouvais en faire 50 autres en moins de cinq ans. Je me croisais les doigts que tout irait bien cette année ! »

Pour l’instant, Terry SanCartier préfère carburer aux bons souvenirs et au positivisme.

« Je me dis qu’on pourrait se sortir de tout ça d’ici la fin de l’été. Ça serait beaucoup de marathons à l’automne pour moi (...) Mais l’an dernier, j’ai fait six marathons en huit semaines. » Et si jamais la crise perdure ? Plusieurs autres événements pourraient tomber au fil des prochains mois.

« Je vais peut-être quand même courir tout seul, faire des marathons virtuels par moi-même. »

Ça le priverait toutefois de découvrir des paysages différents, lui qui a couru notamment en Gambie, en Croatie et en Espagne. Ses plus beaux moments, il les a toutefois vécus au Marathon de Big Sur, en Californie, il y a quelques années.

« Côté nature, c’était spectaculaire. Tu cours sur la fameuse autoroute 1 le long de la côte du Pacifique. D’un côté, tu as les montagnes, de l’autre l’océan. C’est à couper de souffle. »