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Le lanceur Joe Musgrove (deuxième à partir de la gauche) des Padres de San Diego est félicité par ses coéquipiers après avoir réussi un match sans point ni coup sûr face aux Rangers du Texas, le 9 avril dernier. Comme le mentionne l’ex-lanceur John Candelaria, qui a déjà réalisé l’exploit, «c’est quelque chose auquel tu rêves quand tu grandis en jouant au baseball».
Le lanceur Joe Musgrove (deuxième à partir de la gauche) des Padres de San Diego est félicité par ses coéquipiers après avoir réussi un match sans point ni coup sûr face aux Rangers du Texas, le 9 avril dernier. Comme le mentionne l’ex-lanceur John Candelaria, qui a déjà réalisé l’exploit, «c’est quelque chose auquel tu rêves quand tu grandis en jouant au baseball».

Le rêve de tout lanceur

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
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Joe Musgrove des Padres de San Diego et Carlos Rodon des White Sox de Chicago ont lancé les deux premiers matchs sans point ni coup sûr de la saison 2021 au cours des derniers jours. Des matchs sans point ni coup sûr, il n’y en a eu que 307 depuis le début des ligues majeures de baseball. Des membres du Temple de la renommée comme Pedro Martinez, Greg Maddux et Steve Carlton et même l’un des plus grands lanceurs de tous les temps, Roger Clemens, n’en ont jamais lancé un. Par contre, Bobo Holloman, Bumpus Jones, Eric Milton, Tommy Greene et Philip Humber, dont les carrières n’ont pas été aussi étincelantes, en ont tous lancé un. Humber a même lancé un match parfait.

Pour discuter de cet exploit rare, j’ai décidé de passer un coup de fil au gars qui a lancé le 197e match sans point ni coup sûr de l’histoire des majeures, l’ancien gaucher des Pirates de Pittsburgh (et, pour un peu plus d’un mois en 1989, des Expos de Montréal) John Candelaria. Maintenant âgé de 67 ans, le «Candy Man» vit une retraite tranquille en Caroline du Nord, mais reste tout de même attaché au sport qu’il a pratiqué pendant une vingtaine d’années.

«Je connais Joe Musgrove, car je l’ai rencontré à quelques reprises au camp d’entraînement des Pirates [où il évoluait avant d’être échangé aux Padres durant la saison morte] ces dernières années. C’est un chic type. Je ne connais pas Rodon, mais ouf, il a perdu un match parfait en atteignant un frappeur en neuvième manche. Ça m’a rappelé mon ancien coéquipier chez les Pirates, Jim Bibby, qui en 1981 avait fait le contraire en donnant un coup sûr au premier frappeur du match pour ensuite être parfait en retirant les 27 frappeurs suivants!», raconte Candelaria.

Son match sans point ni coup sûr à lui, Candelaria l’a lancé le 9 août 1976, seulement à sa deuxième saison dans les majeures. «C’est quelque chose auquel tu rêves quand tu grandis en jouant au baseball. Je ne pensais jamais lancer un match sans point ni coup sûr dans les majeures. Je l’ai fait et on m’en parle encore aujourd’hui! C’est quelque chose de très spécial. Cependant, ne crois pas ceux qui te diront qu’ils ne savaient pas qu’ils avaient un match sans point ni coup sûr avant la fin de la partie. Ce sont des mensonges! Moi, c’était à mon esprit tout le long du match», raconte-t-il.

Les Pirates menaient 2 à 0 sur les Dodgers de Los Angeles après avoir marqué deux points en cinquième manche. «À ce moment-là, je me disais qu’il fallait avant tout gagner le match parce que notre avance n’était pas énorme. C’était ça ma priorité, davantage que le match sans point ni coup sûr. Cependant, en neuvième manche, je me suis dit : “Je peux y arriver, il faut que j’essaie, car l’occasion ne se présentera peut-être plus jamais.”»

Candelaria n’a en plus accordé qu’un seul but sur balles, en troisième manche au receveur Steve Yeager, durant cette partie, mais il a tout de même dû se sortir d’une situation particulièrement corsée. «Après ce but sur balles, j’ai obtenu le deuxième retrait de la manche, mais deux erreurs consécutives ont permis aux Dodgers de remplir les coussins!», se souvient-il. Le géant de six pieds sept pouces s’est «sorti du trou» en forçant Bill Russell à frapper un roulant à l’arrêt-court pour maintenir le rêve vivant. «Si j’étais nerveux? Écoute, c’est comme ça que je gagnais ma vie!»

Le natif de Brooklyn n’avait cependant pas tort quand il se disait que l’occasion ne se présenterait peut-être plus jamais à lui. Même s’il est «passé proche» à quelques reprises durant sa carrière, Candelaria n’a jamais répété l’exploit. «J’ai eu quelques matchs de deux coups sûrs [quatre en fait, dont deux en 1988 où il n’avait accordé aucun but sur balles]. Je me souviens d’un match où le joueur d’arrêt-court n’avait pas ses lunettes de soleil et s’était mal positionné par rapport à la balle sur une chandelle au champ intérieur et ça avait donné le premier coup sûr du match. Mais on avait gagné le match, c’est ça l’important, non?»

Sachant qu’il s’adresse à un journaliste canadien, Candelaria ne manque pas non plus de souligner un autre exploit dont il est fier. «Dis, tu savais que j’étais le seul lanceur à avoir remporté un match dans les quatre stades canadiens? Le Parc Jarry, le Stade Olympique, l’Exhibition Stadium et le Skydome [maintenant le Rogers Centre]!» Il ne manque pas non plus de s’informer au sujet du projet de Stephen Bronfman de ramener une équipe des ligues majeures à Montréal, une ville qu’il a aimée même s’il n’a pas porté l’uniforme des Expos très longtemps.

«Le Canada est un très beau pays et Montréal est une très belle ville. J’aimais tout de Montréal : sa culture, ses rues, son métro qui est tellement plus beau et plus propre que celui de New York», conclut celui qui a aussi lancé pour les Blue Jays de Toronto à l’âge de 36 ans en 1990.

Le chiffre

  • 7

Le nombre de matchs sans point ni coup sûr lancés par Nolan Ryan durant sa carrière, dont deux en 1976 et un en 1991 alors qu’il avait 44 ans. Personne d’autre n’en compte plus de quatre.

Le grand chelem

Le voltigeur Tim Locastro, des Diamondbacks de l’Arizona, a battu un record de Tim Raines il y a quelques jours, soit celui du plus grand nombre de buts volés sans jamais être retiré en tentative de vol avec 28. De 1979 à 1981, lors de ses débuts avec les Expos, Raines en avait volé 27 avant d’être retiré en tentative de vol pour la première fois de sa carrière. Le nom de Locastro ne vous dit peut-être pas grand-chose puisque l’athlète de

29 ans n’a joué plus de 33 matchs dans les majeures qu’en 2019. Cependant, le natif de Syracuse est un véritable marchand de vitesse qui atteint le premier but en 4,06 secondes, un sommet dans les majeures, et dont la vitesse maximale au sprint est de 30,7 pieds par seconde, tout juste derrière les 30,8 pieds par seconde de Trea Turner des Nationals de Washington.

Le golden sombrero

Le premier but des Brewers de Milwaukee, Keston Hiura, a eu un mauvais, que dis-je, un très mauvais début de saison. Après avoir commencé l’année avec une disette de 0 en 20, Hiura a connu un match d’un coup sûr, un de deux coups sûrs et un autre d’un coup sûr avant d’être tenu en échec de nouveau mardi et mercredi. Plus inquiétant encore, l’espoir de 24 ans a beaucoup de difficulté avec les balles rapides en plein cœur du marbre. En moyenne, les joueurs des majeures frappent pour .290 et ne ratent que 17,7 % de leurs élans sur les balles rapides dans la zone des prises. Hiura? Sa moyenne n’est que de .272 et il rate la balle sur près de 40 % de ses élans sur des rapides dans la zone des prises...