Le Rouge et Or de l’Université Laval doit composer avec une ligne offensive amochée. La recrue Nicolas Guay (#63), qui a joué contre les Carabins lors de la Coupe Dunsmore, a foulé le terrain à nouveau contre les Dinos, à Calgary.

Le R et O doit tenir encore une semaine

CALGARY — Quatorze semaines de football déjà à cogner et se faire cogner. Onze matchs joués. Le 12e sera le dernier, surtout le plus important. «Il leur reste une semaine à tougher.»

Les mots du coordonnateur à l’attaque du Rouge et Or Justin Ethier s’appliquent à chacun des 48 joueurs qui seront en uniforme pour l’Université Laval samedi prochain, à Hamilton, pour le 53e match de la Coupe Vanier.

Tout le monde endure des blessures d’intensité variable. Le receveur Benoît Gagnon-Brousseau a reçu un doigt dans l’œil droit au premier quart du match de samedi, à Calgary. Après la partie, il avait beaucoup plus l’air d’un boxeur qui a reçu un coup de poing que d’un footballeur.

Mais après la victoire de 35-23 aux dépens des Dinos, Ethier s’inquiétait surtout de ses joueurs de ligne offensive. À la veille de disputer le match ultime, le statut de trois des cinq partants s’avère incertain.

«La situation sur la ligne à l’attaque n’est pas facile. Pas parce que nos gars ne sont pas bons, mais parce qu’ils sont amochés. Aujourd’hui [samedi], tout notre monde a joué», soit sept joueurs pour cinq postes. «On va voir quelle sera la meilleure combinaison pour la semaine prochaine. Il leur reste une semaine à tougher.»

Avec le bloqueur Kétel Assé déjà indisponible pour cause de blessure, on a vu les deux bloqueurs partants Francis Chabot et la recrue Nicolas Thibodeau ne pas être en mesure de terminer la rencontre, après avoir joué avec la douleur.

Chaise musicale

Un jeu de chaise musicale s’est alors engagé au sein du groupe de gros bonshommes — ça prend des grosses chaises. Pierre-Karl Lanctôt et la recrue Nicolas Guay sont embarqués sur le terrain, tandis que le garde à gauche Samuel Lefebvre a été muté comme bloqueur à gauche.

«Si on me demande de jouer bloqueur, ce sera bloqueur», résume simplement Lefebvre, à propos de son assignation pour le match de la Coupe Vanier. «C’était arrivé la semaine passée contre Montréal. À Laval, on est entraînés pour l’inattendu. On est prêts pour ça», assure le 65.

N’empêche que quand il a su qu’il changeait de position, Lefebvre s’est empressé d’effectuer quelques répétitions sur les lignes de côté pour se rafraîchir la mémoire. Il a bien joué comme bloqueur à ses deux dernières saisons collégiales, avec Lévis-Lauzon, mais le Rouge et Or en avait fait un garde depuis son entrée dans les rangs universitaires, en 2016.

Prêts à tout

Il s’agit d’une situation d’urgence à laquelle les protégés de l’entraîneur responsable de la ligne Carl Brennan s’exercent un peu chaque semaine, au cas où. Sans être interchangeable, chaque joueur en vient à saisir les bases du travail de son coéquipier, dit Lefebvre. Surtout en fin de parcours.

Après un match complet d’absence, le retour au jeu d’Assé est à souhaiter. L’état de santé des autres sera réévalué sur une base quotidienne.

«Depuis quelques semaines, on est très résilients, insiste Lefebvre. On oublie vite nos erreurs et on revient. Et on a tout un vestiaire rempli de gars qui font les jeux qu’il faut pour gagner. Je compare ça un peu à Patrick Roy : en saison, il était un bon gardien, mais en séries, il devenait vraiment excellent. C’est comme ça chez le Rouge et Or.» 

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CONSTANTIN RENCONTRE UNE LÉGENDE

Vendredi, à la rencontre de presse tenue la veille de la Coupe Mitchell, à Calgary, Glen Constantin était au centre de l’attention médiatique. Mais l’entraîneur-chef du Rouge et Or, lui, s’intéressait à un homme chauve à lunettes que les caméras ignoraient.

Peter Connellan a dirigé le club de football de l’Université de Calgary en 1977 et de 1983 à 1995, remportant huit titres de conférence et quatre Coupes Vanier. Il a été nommé entraîneur universitaire de l’année au Canada à deux reprises, comme Constantin.

«À la barre des Dinos, cet homme-là était au sommet de son art», a expliqué Constantin, qui a demandé à prendre une photo avec Connellan. Pendant quelques minutes, le coach le plus décoré de l’histoire du football universitaire canadien était le groupie. «Quand je jouais au football, je voyais cette équipe-là et c’était LE programme. Ils avaient beaucoup de joueurs repêchés dans la LCF, beaucoup de championnats nationaux. Connellan, c’était LE monsieur.»

«Il fait partie des légendes que j’admire comme Doug Hargreaves, à Queen’s, et Bruce Coulter, à Bishop’s», a poursuivi Constantin, se disant surpris de voir un homme plus jeune qu’il ne l’aurait cru avant de le rencontrer.

Ayant franchi la barre des 80 ans, Connellan a cédé sa chaise d’entraîneur-chef des Dinos avant la soixantaine. Au lendemain d’une quatrième conquête du championnat canadien en 13 ans, en 1995. Les Dinos attendent depuis de graver leur nom sur la Coupe Vanier une cinquième fois. Ils ont échoué en finale quatre fois et ce ne sera pas encore cette année, Constantin et son Rouge et Or ayant éliminé Calgary samedi, en demi-finale.

Avec un dossier record de 165-30 en 17 saisons à la barre du club de l’Université Laval, dont 46 victoires éliminatoires et peut-être bientôt une neuvième Coupe Vanier à son actif comme entraîneur-chef, Constantin se classe aussi parmi les grands du métier et est assurément le Connellan, Hargreaves ou Coulter de futurs coachs prometteurs.  

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DES MUSTANGS TOUT FEU, TOUT FLAMME

Dotés de l’attaque la plus dévastatrice au Canada durant la saison régulière avec 48 points et 609 verges d’attaque moyenne par match, les Mustangs de Western Ontario, les adversaires du Rouge et Or pour la Coupe Vanier samedi prochain, n’ont pas ralenti en séries. Ils ont même haussé leur production avec des victoires de 66-12 contre Guelph (fiche de 5-3 en saison), 75-32 contre Laurier (6-2) et 81-3 contre Acadia (6-2), samedi, en demi-finale canadienne. Ce qui leur fait 222 points (moy. 74) et 1853 verges offensives (moy. 618) en trois rencontres éliminatoires. Ils ont marqué plus de 50 points à leurs cinq dernières sorties et 7 fois sur 11 jusqu’ici en 2017. Les Mustangs alignent 11 Québécois, dont le prolifique porteur de ballon montréalais Cedric Joseph, qui compte déjà 10 touchés au sol en trois matchs éliminatoires, le secondeur Jean-Gabriel Poulin, de Saint-Nicolas, et le joueur de ligne défensive Nicolas Thériault, de Québec.