En attendant de retourner sur les terrains de baseball, l’ancien gérant des Champions d’Ottawa Sébastien Boucher fait l’école à la maison pour ses fils Matteo, huit ans, et Simon, cinq ans.
En attendant de retourner sur les terrains de baseball, l’ancien gérant des Champions d’Ottawa Sébastien Boucher fait l’école à la maison pour ses fils Matteo, huit ans, et Simon, cinq ans.

Le printemps sans baseball de Sébastien Boucher

Avec l’arrêt des opérations des Champions d’Ottawa et en attendant l’arrivée d’une nouvelle formation qui pourrait jouer dans la Frontier League en 2021, Sébastien Boucher était prêt à vivre un été sans baseball professionnel.

Il n’était cependant pas préparé à connaître un printemps, et possiblement une bonne partie de l’été, sans baseball tout court.

Adjoint de Stéphane Pétronzio avec le programme baseball-études de la polyvalente Nicolas-Gatineau ainsi qu’avec l’Attack midget AAA de Gatineau, la pandémie fait qu’au lieu d’enseigner le baseball aux jeunes de ces organisations, il joue au professeur à la maison avec ses deux fils, Matteo, huit ans, et Simon, cinq ans.

«C’est bizarre, il n’y a pas de sport du tout, donc c’est tough un peu. Mais pour moi, c’est une chance de passer du temps avec les enfants et d’en profiter avec eux. J’essaie de tourner ça en positif, j’ai l’occasion de leur montrer des choses que je n’ai pas le temps de faire normalement... Chez nous, c’est moi qui donne les leçons alors que leurs enseignants donnent des devoirs tous les jours et des travaux à remettre chaque semaine. Je commence avoir plus de respect pour les enseignants, c’est certain», a relaté Boucher en entrevue avec le Droit lundi.

Les leçons de français et de mathématiques données le matin, Boucher, 38 ans, peut ensuite faire du sport avec ses deux jeunes athlètes, en attendant qu’ils puissent réintégrer leurs équipes respectives -- et leurs écoles du secteur Orléans d’Ottawa. 

«On ne regarde pas beaucoup la télé, je ne suis pas intéressé à regarder des vieux matches dont on connaît les résultats. On va surtout dehors, on fait du vélo, du patin à roues alignées et je joue beaucoup au baseball avec eux. Les deux ont un intérêt pour le baseball, même s’ils font d’autres sports, comme le rugby pour mon plus vieux et le soccer pour mon plus jeune», raconte-t-il.


« C’est bizarre, il n’y a pas de sport du tout, [...]. Mais pour moi, c’est une chance de passer du temps avec les enfants et d’en profiter avec eux. »
Sébastien Boucher

Sa carrière de gérant aura été interrompue après une seule saison à la barre des Champions, alors qu’il a mis un terme à une carrière de joueur qui l’a vu passer par les organisations des Mariners de Seattle et des Orioles de Baltimore dans le baseball affilié, ainsi que des Capitales de Québec et des Champions dans la Ligue Can-Am.

Boucher serait intéressé à reprendre du service quand les frère Katz, de Winnipeg, vont tenter leur chance à leur tour au stade du chemin Coventry. «C’est quelque chose qui m’intéresserait, c’est certain, mais je n’ai pas eu de contact avec les nouveaux propriétaires pour voir où je pourrais rentrer là-dedans. Le baseball, c’est ma vie et une équipe dans ma ville, ce serait évidemment l’idéal... Ce ne sera pas facile à relancer, mais là, (avec la pandémie), tout le monde est dans le même bateau. En espérant qu’au printemps 2021, la vie sera revenue à la normale», a-t-il indiqué.

Sébastien Boucher agissait comme gérant pour les défunts Champions d'Ottawa la saison dernière.

Son «été sabbatique» était seulement au niveau professionnel cependant. Il devait donner un coup de main avec l’Attack, mais la saison de la formation régionale midget AAA est compromise par les mesures pour enrayer la COVID-19. Baseball Québec échafaude des plans pour potentiellement commencer une saison écourtée au début juillet, sans savoir si les autorités de la santé publique vont le permettre.

«On ne sait vraiment pas ce qui va se passer. Est-ce que ce sera local ou provincial ? On n’a aucune idée. Si Montréal n’ouvre pas, on ne peut pas aller là pour jouer des matches. Pour nous, il serait possible de jouer contre les clubs d’Ottawa, on a de bonnes relations avec les Knights, les Capital City Reds et on a commencé aussi avec les Canadians (d’Ottawa-Nepean). Mais ça, c’est si Ottawa ouvre et qu’on peut traverser les ponts», note Boucher, qui était allé en Floride avec la soixantaine de jeunes du programme baseball-études pour son camp annuel de développement, celui-ci ayant pris fin quelques jours avant la fermeture de la frontière canado-américaine.

Tout un casse-tête, mais pour en arriver là, il faut d’abord que les premières étapes du déconfinement fonctionnent, de toute façon.