Mark Grametbauer a passé une année complète avec les Olympiques de Gatineau entre les Fêtes 2015 et celles de 2016. Il sera de retour au « Vieux Bob » mercredi avec les Wildcats de Moncton où il excelle cette saison.

Le plan de Moncton, celui de Gatineau ?

C’est une période excitante pour les partisans des Wildcats de Moncton.

Le club de la LHJMQ a souffert comme jamais en procédant à une grande liquidation la saison dernière. Les Wildcats n’ont gagné qu’une seule fois après le congé des Fêtes. C’était le sacrifice à s’imposer à court terme avant d’emménager dans un amphithéâtre neuf du centre-ville la saison prochaine.

«Nous n’avions pas le choix. Nous voulons entrer dans notre bel édifice neuf avec fracas», a lancé le directeur général Roger Shannon au Droit lundi.

Et comment? Les Wildcats (11-4-2) sont carrément en avance sur leurs plans. Prochains visiteurs du centre Robert-Guertin mercredi soir, ils partagent déjà le premier rang de la LHJMQ.

Pour les Olympiques, qui planifient un déménagement dans un amphithéâtre neuf en 2020, le club de Moncton pourrait représenter un modèle à suivre. Parce que les meilleurs joueurs des Wildcats sont encore jeunes, ils seront encore plus redoutables lorsqu’ils évolueront au centre-ville à partir de 2018-19.

Les Olympiques ne demanderaient pas mieux que de rentrer sur le site du boulevard de la Cité avec une équipe excitante à l’apogée de son cycle de reconstruction.

Avant de passer de la dernière à la première place, les Wildcats ont dû vendre l’idée à leurs partisans. Là-dessus, Roger Shannon tient à les remercier chaudement.

«Je ne dirais pas que nous avons vécu l’enfer l’an dernier. J’ai eu plusieurs emplois dans la vie, dont un de policier. Le hockey est un jeu. L’enfer n’existe pas au hockey ! Les défis auxquels nous avons fait face étaient bien mieux que n’importe quel emploi que j’ai occupé. Bref, il fallait liquider nos effectifs et il a fallu vendre notre plan à nos partisans. Ils ont été extraordinaires. Même si nous perdions soir après soir, notre foule ne nous a jamais huées.»

Quand Roger Shannon a décidé de marchander ses éléments de valeur la saison dernière, il ne s’attendait pas à voir son club se relever aussi rapidement cette année. Aujourd’hui, les Wildcats mènent la LHJMQ avec leurs 68 buts marqués. Sept de leurs joueurs ont amassé au moins un point par match. Mieux, six de ceux-ci devraient être de retour la saison prochaine.

«Nous avons un plan. Nous sommes en avance, mais nous commençons à peine. Nous voulions simplement nous améliorer cette année. Certains soirs, nous ressemblons à une équipe de première place. D’autres soirs, pas tant que ça. C’est une réflexion de l’âge de nos joueurs. Nous sommes parmi les plus jeunes de la ligue, mais nous avons deux joueurs de 20 ans extraordinaires qui font la différence.»

Shannon parle de son capitaine Nicholas Welsh et de Liam Dunda, un joueur invité américain. «Nous avons gardé seulement sept joueurs de notre dernière saison. C’est suffisant pour qu’ils se souviennent de leurs cicatrices, mais pas assez pour que notre club souffre de la gueule de bois.»

À leur deuxième année avec l’équipe, Mika Cyr et Jeremy McKenna, âgés de 18 ans, mènent l’attaque avec 24 points en 17 matches. Julien Tessier suit avec 19 points. Jakob Pelletier, âgé de seulement 16 ans, a aussi 19 points. Ce dernier ne sera pas à Guertin mercredi parce qu’il participe au Défi mondial des moins de 17 ans en Colombie-Britannique.

«C’est rare qu’on va dire ça d’un jeune de 16 ans, mais nous ne formons pas un aussi bon club sans Pelletier», affirme Shannon.

Décidément, le modèle de reconstruction des Wildcats pourrait influencer les Olympiques d’ici 2020.

LES WILDCATS PAS DANS LE DERBY ABRAMOV

Surprenants premiers de classe en ce début de saison de la LHJMQ, les Wildcats de Moncton n’ont pas l’intention de modifier leurs plans pour subtiliser Vitalii Abramov aux Olympiques de Gatineau afin de les aider à gagner un championnat cette année plus rapidement que prévu.

Même si Alain Sear, le directeur des opérations hockey des Olympiques, aimerait passer à la caisse en échangeant le champion compteur du circuit Courteau afin d’accélérer sa reconstruction, personne ne semble être prêt à bouger dans l’immédiat.

Chez les Wildcats, le directeur général Roger Shannon ne pense pas s’enquérir auprès de Sear pour obtenir le magicien russe même s’il a de la place pour un joueur européen dans son équipe qui performe au-dessus des attentes.

« Si c’était l’année prochaine, j’aurais sans doute un discours différent, mais ce n’est pas un scénario envisagé par notre équipe cette année », a-t-il dit en entrevue avec Le Droit lundi.

Les prochains visiteurs à Gatineau se retrouvent en déficit d’un joueur européen parce que le joueur qu’ils ont réclamé au deuxième rang cet été souffre de l’hépatite A.

Alexander Khovanov ne devrait pas pouvoir jouer au hockey avant le mois de janvier. « Nous voulons l’attendre. Nous avons un poste libre et c’est à lui que nous voulons le donner. Si j’allais lui chercher un remplaçant, il faudrait que je le libère. Ça serait une erreur. Nous allons l’attendre jusqu’en février s’il le faut », a dit Shannon.

S’il n’a pas l’intention de piger chez les Olympiques pour améliorer son club avec Abramov, Roger Shannon assure qu’il profite déjà pleinement de l’acquisition de l’ancien gardien des Olympiques, Mark Grametbauer. 

A+ pour Grametbauer

Rendu à 19 ans, Grametbauer a signé 10 des 11 victoires des Wildcats.

« Il mérite un A+. Je pense que les gardiens dans notre ligue arrivent au sommet de leur forme à 19 ans. Chaque équipe devrait s’arranger pour voir un gardien de 19 ans en tout temps. Mark a été très bon pour nous. Il est très concentré. C’est certainement un des cinq meilleurs joueurs de caractère que j’ai croisé dans ma carrière au hockey. »

Aide des 67’s

Les Wildcats ont également pigé du côté des 67’s d’Ottawa la semaine dernière en faisant l’acquisition du défenseur de 18 ans Kyle Auger. Ce dernier a eu un impact immédiat en comptant un but dès son premier match avec les Wildcats. Victime d’un surplus de défenseurs à Ottawa, Auger avait été retranché par les 67’s et c’est l’entraîneur-chef André Tourigny lui-même qui a préparé le terrain pour Auger à Moncton.

« André savait que j’avais besoin d’un défenseur. Il aurait pu l’échanger ailleurs dans la Ligue de l’Ontario pour des miettes, mais des fois, des entraîneurs font ce qu’il y a de mieux pour un joueur. André savait qu’il allait le laisser partir et il savait qu’il aurait une réelle chance de se faire valoir chez nous », a ajouté Shannon.

Ce dernier n’a donc pas hésité longuement pour entreprendre les démarches afin de s’entendre avec cet ancien choix de deuxième ronde dans la Ligue de l’Ontario. « Il aura droit à une seconde chance honnête. Il va nous apporter de la profondeur. Il aura plus de temps de glace. Il ne pourra que s’améliorer. »

Auger avait récolté quatre points en sept matches avec les 67’s avant d’être libéré. À 17 ans, le petit défenseur natif de Thunder Bay avait amassé six points en 46 matches.