Émile Beauchamp entouré de son père Donald et de sa mère Catherine. Les organisateurs de la Classique de hockey scolaire ont donné un coup de chapeau au joueur des Sabres du Collège Notre-Dame en ouverture de tournoi.

Le miracle de la famille Beauchamp

Ancien vice-président du Canadien, Donald Beauchamp, on le sait, a habité Granby une bonne partie de sa jeunesse. Et quand les dirigeants de la Classique de hockey scolaire du Québec ont entendu parler de ce qui était arrivé à son fils Émile, un joueur des Sabres M-17 mineur du Collège Notre-Dame de Montréal, il leur a semblé tout naturel de faire un clin d’œil au garçon et à sa famille.

Mercredi soir, lors de la première soirée du tournoi, Émile a effectué la mise au jeu officielle du match opposant les Sabres M-18 aux Titans du Verbe Divin. Et en voyant l’ado de 15 ans souriant et droit comme un chêne au centre de la glace, il était difficile de croire qu’il a vécu ce qu’il a vécu il y a moins de deux mois.

En vacances avec son père et sa mère au Mexique pendant la semaine de relâche, Émile a été victime du syndrome de mort subite alors qu’il s’amusait avec de nouveaux amis sur la plage. Son cœur a cessé de battre pendant 40 minutes. Oui, 40 minutes. Il était mort, littéralement, et il a été ramené à la vie, littéralement. Pas moins de neuf chocs électriques servis par un défibrillateur cardiaque auront été nécessaires afin qu’il retrouve sa place dans le monde des vivants.

S’en sont toutefois suivi quatre jours dans le coma. Un coma qui était loin d’être rassurant puisque les médecins ont averti les parents d’Émile qu’ils n’avaient aucune idée de l’état dans lequel le garçon allait se réveiller. Mais voilà, il s’est réveillé sans séquelle aucune.

« L’histoire de notre fils, c’est celle d’une série de miracles, explique Donald Beauchamp, qui raconte tout ce qui s’est passé avec émotion. Qu’il soit revenu à la vie après un arrêt cardiaque aussi long, c’est un miracle. Et qu’il s’en soit tiré sans séquelle, c’en est un autre. Il y avait des anges sur notre chemin… »

Des anges comme le sauveteur, sur la plage, qui a été le premier à porter secours à Émile. Et comme les médecins qui étaient autour par hasard et qui, à leur tour, ont pris soin d’Émile avant l’arrivée de l’ambulance.

Papa Donald et maman Catherine regardaient leur fils, l’autre soir, et ils avaient envie de se pincer. Ils sont passés si proche de le perdre. En fait, ils l’ont perdu le temps d’une quarantaine de minutes. Mais il est là, aujourd’hui, et rien n’y paraît.

« C’est incroyable ! Incroyable ! », lance Donald, qui a été très touché par l’invitation des gens de la Classique scolaire.

Fini, le hockey avec contact

Émile Beauchamp adore le hockey. Il a été élevé là-dedans. Mais ses médecins lui ont suggéré d’abandonner le hockey avec contact. Dans les circonstances, il n’a pas contesté leur avis.

« Mais je vais sûrement jouer dans des ligues locales, où il n’y aura rien de dangereux, dit-il, sourire en coin. J’aime trop ça… »

Le jeune homme est un miraculé, mais c’est aussi un bagarreur. Car avant l’incident du Mexique, il avait été opéré six fois au cœur à la suite d’une malformation.

Ceci dit, ce qui lui est arrivé dans le Sud n’a rien à voir, paraît-il, avec ses antécédents.

« Ce qui est arrivé au Mexique n’est pas de ma faute, ça peut arriver à n’importe qui, alors je n’ai pas apporté de changements à ma façon de vivre depuis. Mais je sais très bien que je suis chanceux d’être encore là. C’est précieux, la vie… »

Personne ne le sait plus que lui.

DONALD BEAUCHAMP RECHARGE SES BATTERIES

Donald Beauchamp ne se fait jamais prier pour revenir à Granby, où il compte encore plein d’amis. Aussitôt débarqué au centre sportif Léonard-Grondin, l’autre soir, on l’a vu fraterniser avec Jean Patenaude.

Beauchamp a quitté le Canadien il y a un peu moins d’un an après avoir été son expert en communication pendant un quart de siècle. L’homme était fatigué après avoir vécu à 100 milles à l’heure pendant toutes ces années.

« Ça a été des années extraordinaires, mais tu ne peux pas faire ça toute ta vie. Le Canadien, c’est sept jours sur sept… »

Beauchamp a récemment accepté un poste de consultant pour la LHJMQ. Un poste à temps partiel qui lui convient très bien alors qu’il est encore à l’étape de recharger ses batteries.

Bien sûr, il a suivi les activités de son ancienne équipe cette saison.

« Surtout par la télé, en compagnie de mon fils. Ça aurait été l’fun que le Canadien fasse les séries, mais ça a été une belle saison, ça a été du bon hockey… »

Pour le reste, il a l’air en belle forme.