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Depuis quelques années, la direction de GP3R s’est engagée à diminuer son empreinte carbone. Le directeur général Dominic Fugère et son équipe ont désormais une base de référence qui leur servira dans leurs actions futures, précise le DG.
Depuis quelques années, la direction de GP3R s’est engagée à diminuer son empreinte carbone. Le directeur général Dominic Fugère et son équipe ont désormais une base de référence qui leur servira dans leurs actions futures, précise le DG.

Le GP3R veut être moins polluant

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — Le Grand Prix de Trois-Rivières a dévoilé jeudi un premier bilan sommaire des gaz à effet de serre en publiant les données de son édition 2018, compilées par la Fondation Trois-Rivières Durable. Celles-ci établissent qu’à peine 7% des 573 tonnes d’émissions de CO2 engendrées par le festival automobile relèvent des activités en piste. On parlait alors de 42 tonnes de CO2.

Depuis quelques années, la direction de GP3R s’est engagée à diminuer son empreinte carbone. Le directeur général Dominic Fugère et son équipe ont désormais une base de référence qui leur servira dans leurs actions futures, précise le DG.

«C’est un exercice long et coûteux, on ne fait pas ça chaque année, comme nos études portant sur le tourisme, l’achalandage et la provenance des visiteurs. On détenait les résultats préliminaires depuis un bon bout de temps, ils nous avaient d’ailleurs guidés lors des actions posées en 2019 avec le programme GP3Vert.»

Fugère cite la collaboration entre le Grand Prix et la firme Arbre Évolution, qui a permis de planter 200 végétaux sur les terrains de l’école secondaire Chavigny. Cette plantation a compensé les émissions de GES provenant des courses de 2018, à l’époque où les bolides du Championnat mondial de rallycross animaient les rues du parc de l’Exposition ainsi que l’Hippodrome 3R.

Les chiffres compilés par Trois-Rivières Durable s’inspirent d’ailleurs de l’analyse de la firme Arbre Évolution.

«L’étude nous permet de constater que 93% de nos émissions de gaz à effet de serre ne sont pas émises par les tours de piste. Or, ces émissions, on les a compensées dès l’année suivante grâce aux végétaux. Nous souhaitons approfondir ce programme de compensation. Des végétaux, on veut continuer à en planter dans la région.»

Le bilan a été déposé lors de la dernière réunion du Comité sur le développement durable et l’environnement de la Ville de Trois-Rivières. Son chef de division, Dominic Thibeault, accueille les données avec enthousiasme.

«Ce bilan GES sert à savoir où on en est. L’important, c’est que l’on comprenne où sont ces postes d’émissions de CO2.»

Ainsi, 75% des émissions sont émises par le transport du matériel, des équipements ou des participants aux courses.

«On s’aperçoit que plus de 80% de la consommation directe en carburant émane de toute la portion organisationnelle. Le 7% pour les courses, c’est une donnée qui peut sembler contre-intuitive, mais pour nous, ce n’est guère surprenant. Nous avions un comparatif avec les courses de Formule 1, où les émissions totales de CO2 émises par les tours de piste ne dépassent même pas 1% des émissions pour les Grands Prix! On s’attendait donc à ce que ce soit une petite proportion pour le GP3R», poursuit le biologiste.

Quelle conclusion peut-on en tirer? «Que tous les événements ont un impact sur les GES. Ils en génèrent davantage s’il s’agit de festivals internationaux, comme le Grand Prix. Je trouve intéressant que le GP3R soit le premier grand événement de Trois-Rivières à recueillir de telles données. C’est tout à leur honneur. Et en plantant des arbres, on se trompe rarement!»

Selon Dominic Thibeault, il faudra voir, d’ici trois ou cinq ans, si le bilan GES du Grand Prix se sera amélioré.

«Au moins, ils passent à l’action. La difficulté dans le domaine de l’événementiel, c’est de prendre ce type de décisions en touchant le moins possible à la qualité du spectacle. Par exemple, si des séries électriques arrivent à Trois-Rivières en provenance de l’Europe, est-ce que le bilan GES sera amélioré?»

Des plans pour 2021

En plus de planter des végétaux, le GP3R souhaite devenir plus écoresponsable dans ses activités hors-piste. «On avait prévu utiliser du biocarburant pour nos équipements de montage et de démontage du site en 2020. C’est encore dans les plans pour 2021, s’il y a un Grand Prix. On peut aussi acheter des crédits carbone», mentionne Dominic Fugère, qui reconnaît que l’étude a ses limites. Par exemple, impossible de calculer l’empreinte carbone des milliers de spectateurs qui convergent à Trois-Rivières, au mois d’août, pour participer aux activités.

«C’est le niveau 3 dans l’étude du bilan des GES, et certainement la moins efficace. En même temps, nous ne sommes pas le seul événement dans la région à attirer son lot de touristes de l’étranger. Ce qui est certain, c’est qu’on souhaite continuer à améliorer notre bilan environnemental.»

Fugère et son équipe espèrent toujours pouvoir organiser des courses, pour la 51e édition prévue en août. Un Grand Prix hivernal figure aussi dans les plans pour février 2022. L’organisation a déjà une entente de principe avec la série Nitro Rallycross.

Un retour du Championnat mondial de rallycross pour l’été 2022 n’est pas exclu non plus.