Le monde du golf des deux côtés de la rivière des Outaouais est fébrile.
Le monde du golf des deux côtés de la rivière des Outaouais est fébrile.

Le golf enfin déconfiné

Le monde du golf des deux côtés de la rivière des Outaouais est fébrile.

En Outaouais, les différents clubs ont reçu la nouvelle qu’ils pourront lancer leurs activités mercredi prochain, le 20 mai, en respectant évidemment différentes mesures de distanciation sociale et de salubrité s’imposant pour contrer la pandémie de la COVID-19.

La ministre responsable des sports au Québec, Isabelle Charest, en a fait l’annonce mercredi, permettant la pratique du golf ainsi que de plusieurs autres sports individuels et en plein air (athlétisme, tennis, kayak et autres).

Du côté ontarien, le Premier ministre Doug Ford doit annoncer des décisions allant dans le même sens jeudi, et selon la rumeur courant dans le milieu, les golfeurs pourraient prendre verts, tertres et allées dès samedi.

Comme ils se préparent depuis déjà quelques semaines, les clubs de l’Outaouais n’allaient pas se plaindre s’ils doivent bel et bien attendre quelques jours de plus que leurs compétiteurs de l’Est ontarien, qui profiteront d’un long week-end en plus pour commencer à combler les pertes au niveau des revenus ce printemps.

«C’est certain que c’est positif de savoir quand nous allons pouvoir ouvrir et commencer à avoir des revenus, a confié le directeur des opérations golf au club Château Cartier de Gatineau, Alex Rousseau. Du côté du parcours, tout est prêt, on a eu amplement le temps de se préparer. On attendait juste le ‘go’. On va maintenant s’ajuster au niveau des recommandations (sanitaires). On a déjà acheté le prototype de récupération de balle pour les drapeaux, qui permet de récupérer sa balle sans toucher au fanion. Personne ne va toucher aux drapeaux.»

Les différents parcours vont faire preuve d’ingéniosité pour s’assurer que les joueurs et employés soient bien protégés du coronavirus.

Au Sorcier, également à Gatineau, une mesure étudiée vu que le gouvernement permettra à deux personnes de partager une voiturette -- obligatoire sur ce parcours montagneux -- même si elles n’habitent pas ensemble sera d’installer un séparateur entre les sièges du conducteur et du séparateur.

«On est soulagés par la nouvelle, tout d’abord. On a bien des clients qui sont vraiment impatients. Je pense qu’autant le gouvernement que la Table de concertation de l’industrie du golf comprenaient l’importance de ‘déconfiner’ et de laisser les gens jouer au golf. Avec toutes les mesures qui vont être prises, tout le monde fait les choses correctement et ça va bien aller», souligne le professionnel du Sorcier, Guy Beaulieu.

Ce dernier était heureux de voir que l’entente avec Québec permet l’installation de séparateurs dans les voiturettes. «Pour nous, c’est énorme financièrement. On a 90 ‘carts’, et si je fais partir les joueurs aux 10 minutes pour favoriser la distanciation physique, je peux avoir 108 golfeurs en quatre heures et demie et à un par ‘cart’, je ne pouvais pas fournir. Là, j’ai un inventeur qui a ‘patenté’ quelque chose qui devrait faire l’affaire, un genre de toile entre les deux passagers. Je suis content et surpris que ça soit permis», ajoute Beaulieu.

Trop heureux de voir l’activité «golfique» pouvoir prendre son envol, ce dernier et Rousseau n’allaient pas trop se plaindre des restrictions qui pourraient empêcher les clients en provenance de l’Ontario de traverser les ponts pour pratiquer leur sport favori, qui ne sera certes pas jugé comme un déplacement essentiel par les policiers contrôlant les entrées du côté gatinois.

«On va prendre ce qui passe... On aurait peut-être aimé commencé un peu plus tôt que mercredi prochain, mais la météo en fin de semaine n’est pas ‘extra’ (pluie prévue vendredi, dimanche et lundi). À court terme, les restrictions pour traverser (les ponts) ne sont pas levées, ce qui n’est pas idéal vu qu’une bonne part de notre clientèle vient de l’Ontario. Combien de temps ça va durer, on ne sait pas. Ce qui pourrait compenser, c’est que des gens qui jouaient moins au golf vont peut-être se redécouvrir une passion maintenant qu’ils ont besoin de prendre l’air et de se changer l’idée, dit Rousseau. On se prépare pour tous les scénarios, mais je pense que ça va être occupé.»

Avec l’annulation de tous les tournois de bienfaisance et de compagnie, Alex Rousseau mentionnait que plusieurs membres de son personnel -- des bénévoles pour la plupart -- seront ainsi réaffectés à des tâches de désinfection.