Selon l'entraîneur du Fury Julian De Guzman, il y avait de bonnes personnes dans le vestiaire du Fury l’an dernier, mais plusieurs joueurs étrangers ne comprenaient pas l’environnement dans lequel ils travaillaient.

Le Fury veut refaire son image

Depuis que le Fury d’Ottawa a atteint la finale de la NASL en 2015, la barre a toujours été élevée.

Le successeur de Marc Dos Santos, Paul Dalglish, a rapidement brandi l’espoir d’un championnat en 2016, puis en 2017, mais la réalité en a été autrement. Le club n’a pas été capable de participer aux séries de la NASL en 2016 ni à celles de la USL en 2017. Paul Dalglish a gentiment été écarté du club l’an dernier et c’est Julian De Guzman, une légende du soccer canadien, qui a hérité de ses fonctions dans ses circonstances difficiles.

De Guzman est de retour avec l’équipe en 2018, mais cette fois, dans le fauteuil du directeur général. Pour le remplacer dans le rôle d’entraîneur-chef, il s’est tourné vers Nikola Popovic.

Le nom ne vous dit rien ? Rappelons simplement que l’entraîneur à la citoyenneté serbe et portugaise a travaillé avec Marc Dos Santos à Swope Park dans la USL. En 2016, ils ont atteint la finale. En 2017, quand le premier entraîneur-chef de l’histoire du Fury s’est tourné vers les Deltas de San Francisco, Popovic a pris la tête du club et il a encore mené l’équipe vers la finale de la USL.

Mercredi soir, dans une rencontre informelle avec des journalistes de la capitale nationale, Julian De Guzman a voulu parler de sa nouvelle mouture, de la culture qu’il souhaite instaurer et de ses objectifs à moins de deux semaines du lancement de la prochaine saison.

Premier constat ? La prochaine saison s’avère prometteuse.

« Nikola a deux finales sous la cravate depuis qu’il est débarqué en Amérique du Nord. Il constate que nous sommes 100 pas en avant des clubs qu’il a dirigés à Swope Park. Il dit que nous avons cinq ou six joueurs qui pourraient jouer en MLS en ce moment. Ils n’attendent que d’avoir une chance. Le talent est là dans le 11 partant. Il est là sur le banc. Son plus gros défi sera de choisir ceux qui vont jouer chaque semaine. Nous avons beaucoup de profondeur. Je n’ai jamais été aussi excité pour le début d’une saison depuis longtemps. »

En se concentrant uniquement sur ses tâches de directeur général, Julian De Guzman a pu prendre son temps pour choisir les bons joueurs pour appliquer le système de jeu axé sur la possession du ballon que souhaite instaurer Nikola Popovic. Il est convaincu d’avoir rassemblé un groupe qui saura plaire aux partisans de la Place TD au cours de huit prochains mois.

Pourquoi être optimiste ?

Son optimisme semble partager par les joueurs depuis le début du camp d’entraînement. Mercredi, De Guzman a parlé des quatre trophées qui sont dans la mire de son équipe : le championnat de la saison régulière, le championnat canadien, le championnat de conférence des séries et le championnat de la ligue.

Sous Paul Dalglish, les ambitions étaient les mêmes. Les partisans ont donc le droit d’être sceptiques devant autant d’enthousiasme. Pourquoi serait-ce différent cette saison ?

« Parce que nous avons fait signer des contrats à des joueurs qui  correspondent à notre système de jeu. Parce qu’ils ont gagné ailleurs ou ici. Parce que nous n’allons pas changer le système de jeu durant la saison. Il n’y aura pas de zone grise. Parce que nous avons embauché du bon personnel. »

Dernière chose. Selon De Guzman, il y avait de bonnes personnes dans le vestiaire du Fury l’an dernier, mais plusieurs joueurs étrangers ne comprenaient pas l’environnement dans lequel ils travaillaient.

« Le soccer canadien a souvent été traîné dans la boue. Nos joueurs ont souffert. La moitié de notre club sera constitué de Canadiens qui se sont fait cracher au visage toute leur carrière. Ces gars-là veulent faire une différence. »

« NOUS SOMMES LE SEUL ESPOIR DU CANADA » — JULIAN DE GUZMAN

Millionnaire du soccer pendant sa glorieuse carrière en Europe, puis avec le FC Toronto dans la MLS, Julian De Guzman n’a pas abouti à Ottawa pour étirer sa carrière ou gagner sa vie.

Le joueur le plus titularisé de l’histoire de l’équipe nationale canadienne est dans la capitale nationale par pure passion pour son sport. Il croit à la croissance du soccer canadien et il est convaincu que le Fury fait partie de la solution.

« Les joueurs canadiens se butent à des portes closes partout. Ils font rire d’eux en Europe, aux États-Unis. Il n’y a que quatre clubs professionnels au Canada. À part les trois clubs de la MLS, il n’y a que nous. Nous avons rassemblé 12 Canadiens dans notre équipe cette année. Pour l’instant, nous sommes le seul espoir pour nos joueurs de soccer. Il faut protéger nos joueurs. Nous voulons devenir la référence des clubs de soccer au Canada. Nous voulons que nos partisans viennent voir des joueurs de qualité, des joueurs qui jouent dans l’équipe nationale. Nous voulons convaincre nos meilleurs de venir jouer chez nous, dans la USL, la ligue en plus forte croissance au monde. »

Julian De Guzman est en mission. Il dit être tombé en amour avec Ottawa dès qu’il a mis le pied à la Place TD.

« Le soccer, c’est ma vie. C’est ce qui m’a amené ici et je n’ai aucun regret. J’ai aimé jouer ici et je n’étais pas certain de prendre le job d’entraîneur, mais quand ça s’est produit, je ne voulais plus regarder en arrière. Le soccer est encore un jeune sport au pays, mais ça m’insulte quand on me dit que nous jouons dans les ligues mineures. Nous sommes le Fury et nous avons besoin de succès pour bâtir une culture de soccer. »

De Guzman dit avoir planifié chaque signature de contrat pour la saison 2018.

« La moitié de notre alignement est canadien et ce n’est pas un hasard. Je crois au soccer canadien. Il s’agissait seulement de trouver les profils de joueurs qui fonctionnaient avec notre style de jeu. Nos Canadiens ne sont pas ici seulement à cause de leur passeport. Ils sont des joueurs supérieurs à la moyenne. Ils ont connu du succès dans leurs carrières. Nous avons maintenant un entraîneur-adjoint canadien. Ça nous manquait dans les quatre clubs professionnels canadiens. »

Dans son discours enflammé mercredi soir en présence des médias, De Guzman est allé jusqu’à dire que le soccer était encore plus important que sa propre famille.

« J’ai fait tellement de sacrifices pour faire carrière dans ce sport. À Ottawa, j’ai occupé toutes les fonctions. J’ai été capitaine, entraîneur-adjoint, entraîneur-chef, directeur général. J’ai même été le gérant d’équipement l’an dernier quand nous n’en avions pas. C’est moi qui faisais la lessive des joueurs juste parce que je voulais qu’ils soient heureux. Je l’ai fait par amour du club. Je sais que ce club peut faire la différence pour plusieurs joueurs canadiens. Nous sommes quatre clubs au pays. Ça en prend 15 ! »