Félix-Olivier Bertrand
Félix-Olivier Bertrand

Le coup qui a tout changé

Sa route vers le titre canadien cadet de judo a commencé par un coup de poing, à la maternelle, il y a une dizaine d’années.

Félix-Olivier Bertrand était alors la victime et non l’agresseur.

«À ma première journée, un élève m’a frappé au ventre», se souvient l’ado d’Aylmer.

«Mon père voulait que j’apprenne à me défendre à l’école. Il m’a inscrit à des cours de judo. Il avait déjà pratiqué ce sport.»

Ce fut le coup de foudre. «J’ai adoré dès le premier cours.»

Bertrand a bien pratiqué le soccer pendant quelques étés. Même chose pour le tennis. Mais jamais il n’a été tenté d’être infidèle à son premier amour et délaisser le judo.

L’athlète de 16 ans a aussi été loyal envers le club St-Jean Bosco de Hull. Il porte ses couleurs depuis ses débuts.

Les dernières saisons ont été fructueuses pour lui. La récolte de médaille a été très bonne.

Il a triomphé aux Jeux du Québec. Il a remis ça aux Jeux du Canada, il y a 14 mois, à Red Deer, malgré une cheville gauche en compote.

C’est sans compter les divers titres nationaux. Le plus récent? En janvier dernier, à Montréal, Félix-Olivier Bertrand a été couronné champion canadien des moins de 18 ans chez les moins de 60 kg.

Ce résultat lui a ouvert les portes de la scène internationale. Il a effectué une tournée de trois étapes de la Coupe d’Europe dans trois pays différents.

La COVID-19 l’a toutefois privé de son dernier arrêt, qui était prévu à la mi-mars, en Allemagne.

Bertand n’en fait pas de cas. «Je vais obtenir d’autres opportunités», lance-t-il avec assurance.

Il a quand même pu goûter à deux compétitions en Italie et en Espagne. «Une belle expérience même si j’ai perdu mes combats. J’ai beaucoup appris. J’ai pu voir des styles différents», dit-il.

L’étudiant-athlète de l’école secondaire Mont-Bleu a pu profiter à nouveau des conseils de l’entraîneur de l’équipe du Québec, Sergio Pessoa. Ce dernier a participé deux fois aux Jeux olympiques. Il était à Rio, en 2016.

«Ça fait deux ans qu’il me suit. Sergio possède beaucoup d’expérience. Ça fait longtemps qu’il fait du judo. Il remarque tous les petits détails. Il est excellent pour la transition au sol.»

Compétitif dans tout

En Outaouais, Bertrand est dirigé par son père Jean-François de même qu’Ann Larouche, entraîneuse au club St-Jean Bosco.

Ces jours-ci, ses séances d’entraînement se déroulent dans le sous-sol familial. «Je trouve ça long loin du dojo», avoue le jeune homme.

Papa sert de partenaire d’entraînement. Et il y a aussi un gros bonhomme rempli de sable.

«C’est comme un punching bag à la boxe, mais pour le judo. Je peux faire des projections au sol. Je peux le faire tomber autant de fois que je veux!»

On sent que Félix-Olivier Bertrand a hâte de reprendre l’action contre des adversaires qui n’ont rien de «Gumby».

Ça doit être sa fibre compétitive.

Il l’avoue d’ailleurs sans gêne. Il tient à gagner dans tout. «Même aux cartes!»

«Mon père est pareil. Des fois, ma mère et ma grand-mère doivent nous rappeler que ce n’est pas une compétition!»

Ça doit expliquer pourquoi Bertrand place la barre haute en vue des prochaines années.

«Je veux continuer à pratiquer le judo aussi longtemps que possible. J’aimerais aller aux Jeux olympiques. J’aimerais gagner aux Jeux olympiques.»

À ses yeux, sa persévérance est aussi un ingrédient essentiel à ses succès.

«C’est ce qui m’a permis de me démarquer. J’ai eu des débuts difficiles, surtout à mes trois premières compétitions. J’ai perdu chacun de mes combats en 30 secondes.»

«Ensuite, pendant plusieurs années, j’ai souvent fini troisième ou cinquième. Ça m’a pris un bon bout de temps avant de me retrouver sur la première marche du podium. Depuis trois ans, les médailles d’or rentrent plus en grand nombre.»

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