Le commissaire de la Ligue canadienne de football, Randy Ambrosie
Le commissaire de la Ligue canadienne de football, Randy Ambrosie

Le commissaire de la LCF Randy Ambrosie fait le point 

TORONTO - Le commissaire de la Ligue canadienne de football, Randy Ambrosie, a senti le besoin de faire le point sur l’état de sa ligue et de la saison 2020, jeudi, notamment de souligner qu’il a réduit son salaire de 20 pour cent.

Ambrosie, qui a témoigné jeudi devant un comité permanent des finances et des affaires économiques de l’Ontario, a été sévèrement critiqué cette semaine pour avoir annoncé de façon unilatérale une réduction de 20 pour cent du plafond salarial des opérations football. Une annonce faite sur les réseaux sociaux, sans communiqué officiel.

«Il a été rapporté cette semaine que les opérations football aux quatre coins de la ligue ont reçu une demande de réduire leur budget de 20 pour cent, lit-on dans ce communiqué. Nous savons que c’est difficile à prendre pour les entraîneurs, directeurs généraux et recruteurs. Mais nous devons tous démontrer du leadership en ce moment. Voilà pourquoi moi-même et tous les membres du conseil de direction de la LCF avons volontairement accepté des réductions salariales de 20 pour cent depuis le mois d’avril dernier.»

Pourquoi ne pas l’avoir annoncé en avril dernier? Le communiqué n’en fait pas mention.

Ces critiques à l’endroit d’Ambrosie ne sont que les dernières en lice sur sa gestion de la crise créée par la pandémie de la COVID-19. Le commissaire a d’abord été critiqué par le gouvernement fédéral pour ne pas avoir impliqué les joueurs quand la LCF a demandé une aide financière pouvant atteindre 150 millions $ en cas d’annulation de la saison 2020.

Pourtant, jeudi, Ambrosie prétend avoir fait cette demande en partenariat avec les joueurs.

«Nous sommes conscients que cette situation d’incertitude est difficile à vivre pour nos partisans, nos partenaires, nos employés et surtout nos joueurs. (...) Nous comprenons que c’est énormément difficile pour (ces derniers) et leurs familles, et nous cherchons des moyens de les aider.

«À titre d’exemple, on poursuit notre travail avec l’Association des joueurs de la LCF (AJLCF) afin de demander au gouvernement fédéral d’assouplir les critères d’admission à la subvention salariale d’urgence pour que nos joueurs y soient éligibles. Ensemble, nous avons écrit au gouvernement pour expliquer notre situation et demander des changements», a-t-on évoqué.

Pourquoi le gouvernement l’aurait-il blâmé de ne pas avoir impliqué les joueurs si la lettre était cosignée?

La principale critique qui lui est faite est d’ailleurs de ne pas discuter de ses plans avec les joueurs et les clubs. La plupart des joueurs interviewés au cours des dernières semaines se sont plaints d’être laissés pour compte et de ne pas savoir ce que l’avenir leur réserve.

Plusieurs devront se trouver du boulot si la ligue ne reprend pas ses activités, mais aucun ne peut le faire actuellement, ne sachant pas à quoi s’en tenir et ne souhaitant pas stopper l’entraînement tant que la saison 2020 ne sera pas annulée officiellement.

«Nous comprenons également que nos joueurs veulent des réponses et un peu plus de stabilité, explique le commissaire dans sa missive. Nous voulons prendre la décision la plus informée à propos de la saison 2020, nous voulons la prendre le plus tôt possible.»

De quelle façon il prendra cette décision éclairée avec les joueurs? Le commissaire n’en fait pas mention.

«Notre objectif va bien au-delà du fait de jouer à l’automne, poursuit-il. Nous nous engageons à prendre des mesures qui nous permettront non seulement de traverser cette tempête, mais aussi de nous assurer d’avoir une base pour renouveler, renforcer et poursuivre, un jour, la croissance de la LCF.»