L'entraineur Michel Rivet

Le coach qui a formé des champions

Michel Rivet s’avère un habitué du gala des Prix sportifs d’Ottawa.

L’ancien patineur de vitesse devenu entraîneur a souvent applaudi de ses athlètes olympiques dont le nom a été appelé sur la scène pour fêter leurs exploits. De Nicolas Bean à Isabelle Weidemann en passant par Ivanie Blondin et Vincent De Haître. Mercredi soir, c’est toutefois lui qui aura droit à une ovation.

On va lui remettre le prix Brian Kilrea qui couronne la carrière d’un instructeur de la région. « Ça sera différent. Ça sera pas mal spécial, avoue le sexagénaire qui dirige toujours le club des Concordes de Gloucester.

«Les athlètes te disent souvent merci. Ils t’ont souvent en tête. Mais là, c’est un peu tout le monde qui te reconnaît.»

Rivet, c’est plus de 30 ans à former des patineurs. Avant ça, il était athlète, représentant le Canada à des compétitions internationales durant les années 1970.

Un fils de la Basse-Ville d’Ottawa, il se souvient encore très bien de ses premiers coups de patin.

«Au parc Anglesea, qui était situé en face de l’église Sainte-Anne. La patinoire était à un demi-bloc de chez moi.»

Rivet relate fièrement avoir grandi avec Gérard Cassan, qui a participé aux Jeux olympiques en 1972 à Sapporo. Il s’est ensuite impliqué dans la direction de fédérations.

Puis ce fut le coup de foudre pour le coaching. À un certain moment, il a formé des patineurs à Sault-Sainte-Marie avant de revenir dans son patelin en 1998.

«Nous sommes plusieurs entraîneurs dans le club», lance-t-il à un certain moment au sujet des succès des Concordes.

Bean a représenté l’Italie aux Jeux. Blondin est devenue championne du monde en plus d’être la première femme francophone d’Ottawa à patiner sur une longue piste olympique depuis Chantal Côté en 1988. De Haître, lui, récolte des médailles internationales autant sur la glace qu’en cyclisme. Puis Weidemann occupe en ce moment la tête du classement mondial sur longue piste.

«C’est le fun de voir ça, mais ce n’est pas juste l’affaire d’un coach. Puis au club, nous avons une bonne approche de développement. Gagner une médaille à 12 ans, ça ne veut rien dire au niveau provincial ou national. Nous encourageons surtout la participation en plus de mettre l’accent sur le plaisir et travailler sur la technique, raconte Rivet.

«Nous savons que ce ne sont pas tous les jeunes qui deviendront des champions sur la glace. Mais nous espérons qu’ils deviennent tous champions dans leur vie respective.»

À quel point un entraîneur peut-il marquer le quotidien d’un enfant ?

Rivet l’a vite découvert. Il entretient encore des liens avec plusieurs de ses anciens athlètes.

«Même si ça fait 15-20 ans qu’ils ne patinent plus. On se jase encore.»

Quelques exemples lui viennent en tête. D’abord celui de Gasper Aceti qu’il avait croisé durant son passage à Sault-Sainte-Marie.

«Il est devenu maintenant policier à Calgary. Chaque année, je l’appelle à sa fête. Quand sa femme répond, elle me dit que Gasper attend justement mon appel.»

Michel Rivet revenait justement d’une semaine en Alberta au moment de l’entrevue. Il a eu l’occasion de renouer avec Blondin et de souper avec Weidemann, qui s’entraînent maintenant à plein temps dans l’Ouest canadien.

«Les relations avec les athlètes sont spéciales. On se côtoie pendant longtemps. Et ce n’est pas toujours beau et facile pour eux. J’en ai vu des jeunes en larmes quand ça n’allait pas bien. J’en ai vu aussi en larmes quand ça allait bien.»

Qui sait, peut-être que Michel Rivet versa à son tour une larme ou deux en acceptant son prix dans les prochaines heures. Il s’agira de la 66e édition des Prix sportifs d’Ottawa. La soirée se déroulera au collège Algonquin.

Des athlètes dans 65 disciplines sportives différentes seront fêtés, de l’athlétisme à la lutte. Parmi les six trophées majeurs remis, on retrouve le prix Kristina Groves décerné à l’athlète féminine de l’année.

Drôle de coïncidence, c’est Weidemann qui recevra cet honneur, les organisateurs ayant déjà annoncé les gagnants il y a deux semaines. Le cycliste Michael Woods, gagnant d’une étape au Tour d’Espagne, se verra remettre le titre d’athlète masculin de l’année.

+

OTTAWA RÊVE À UN ANNEAU DE GLACE RÉFRIGÉRÉ

Son mardi soir, Michel Rivet l’a passé au parc Brewer où se trouve un anneau de glace extérieur.

« Le seul de 400 mètres en Ontario », précise-t-il. L’avenir de l’endroit fait jaser depuis deux ans.

Les dirigeants des deux clubs de patinage de vitesse d’Ottawa, les Pacers et les Concordes, aimeraient miser sur une infrastructure permanente pour leurs athlètes. Il n’est pas question d’un ovale intérieur comme celui qui se construit à Québec.

On souhaite plutôt convaincre les divers paliers de gouvernement à investir dans un système de réfrigération pour la surface extérieure. Une facture qui pourrait atteindre entre 4 à 5 millions $.

« Nous pourrions alors patiner à partir de tôt en novembre jusqu’à la fin mars, souligne Rivet.

«En ce moment, les saisons deviennent de plus en plus courtes. Auparavant, nous pouvions patiner 42 à 45 jours à l’extérieur. L’an passé, nous avons eu 22 jours de glace.»

Tout ça en raison du mercure qui remontait et redescendait aussi souvent qu’un yoyo lors des hivers précédents. 

Le championnat provincial sur longue piste qui devait être présenté au parc Brewer en janvier 2018 a dû être annulé en raison de mauvaises conditions climatiques.

«Il faut être de plus en plus créatif à l’entraînement sur longue piste pour garder les athlètes à un niveau élevé, fait valoir Michel Rivet.

«Il faut sortir d’Ottawa. Nous sommes allés trois fois à Milwaukee pour des camps d’entraînement. Nous sommes allés aussi à Lake Placid où il y a un ovale réfrigéré.»