Farah Jacques est de retour sur une piste d’athlétisme. Sans compétition au calendrier, la sprinteuse de Gatineau tente de conserver sa motivation.
Farah Jacques est de retour sur une piste d’athlétisme. Sans compétition au calendrier, la sprinteuse de Gatineau tente de conserver sa motivation.

Le casse-tête du retour sur piste de Farah Jacques

Pas facile le retour à l’entraînement pour des athlètes olympiques qui étaient en arrêt depuis deux mois.

La motivation a écopé. La technique aussi. C’est sans compter quelques pépins à survenir ici et là.

Parlez-en à Farah Jacques, cette sprinteuse de Gatineau qui s’est recyclée en spécialiste des haies depuis deux ans après avoir terminé septième au relais 4x100 m des Jeux olympiques de 2016, à Rio. Elle a renoué avec la piste d’athlétisme Mont-Bleu, la semaine dernière.

«Ça m’arrive souvent que je doive me donner un coup de pied au derrière pour m’habiller et aller m’entraîner», lance-t-elle en riant.

On l’a croisée avant une séance d’entraînement en début de semaine.

«Ma deuxième semaine que je peux m’entraîner ici. La piste a été rouverte mardi dernier. Mais on ne peut pas s’entraîner en groupe ni avec un entraîneur.»

Jacques a aussi dû se dénicher une pièce d’équipement importante. Elle n’avait pas accès à des haies au stade Mont-Bleu.

Les dirigeants des Lions d’Ottawa l’ont dépanné.

«Un de leurs directeurs a contacté un entraîneur d’une école secondaire qui lui a prêté des haies. Il me les a passées. J’étais contente car plusieurs athlètes n’ont pas cette possibilité et doivent se contenter de s’entraîner sur le gazon, explique la femme âgée de 30 ans.

«Ça fait une grosse différence dans la technique. C’est facile d’oublier comment rapide tu dois être en approchant les haies.»

Ce qui a mené au prochain défi qui la guettait.

Farah Jacques a dû apprendre à assembler des haies.

«C’est la première fois que je devais assembler moi-même des haies. Je n’avais jamais fait ça auparavant, confie Jacques, un brin gêné.

«Ce n’est pas facile. Tu dois insérer les morceaux dans le bon petit trou!»

En plus d’être athlète olympique, elle enseignait les mathématiques ici et là comme suppléante à l’école secondaire Grande-Rivière, d’Aylmer, avant la pandémie de la COVID-19.

«Je devrais être capable de calculer les angles des haies», laisse-t-elle tomber, sourire en coin.

Ce qui devait arriver arriva.

Farah Jacques a mal assemblé une haie lors de sa première journée à l’entraînement. «J’en ai cassé une, avoue-t-elle.

«J’ai hésité avant de sauter. J’étais au ralenti. Puis je n’avais pas bien assemblé la haie. Elle était du mauvais bord et je l’ai accrochée avec ma jambe.»

La bonne nouvelle?

Jacques ne s’est pas blessée. Elle retrouve aussi tranquillement son synchronisme sur la piste.

Reste à carburer à la motivation d’antan.

En temps normal, on l’aurait vu passer d’une compétition à l’autre, de la Louisiane à la Floride afin de se préparer en vue des championnats canadiens puis les Jeux olympiques qui étaient prévus en juillet. La COVID-19 a tout rayé du calendrier.

Les Jeux auront lieu en 2021.

«Je suis passée de tout ça à essayer de maintenir ma forme physique, mais la motivation n’est pas facile. Ma préparatrice mentale m’aide beaucoup. J’ai appris à me concentrer à aborder une journée à la fois, de travailler une chose à la fois, par exemple mes départs, au lieu de penser à réaliser une performance ou atteindre un certain temps, explique Jacques.

«J’essaie de profiter de ces moments pour continuer à me perfectionner, une occasion que d’autres athlètes n’ont pas.»