«Il faudrait au moins nous laisser un peu de temps pour montrer ce que nous pouvons faire», a dit le capitaine Alex Breton.

Le capitaine réclame «un peu de temps»

Ils n’ont pas encore franchi le seuil des 10 matches cette saison, mais déjà, les joueurs des Olympiques de Gatineau doivent composer avec les rumeurs de transaction de Vitalii Abramov.

Les vétérans ne comprennent pas le message envoyé par la direction du club à ce moment-ci de la campagne. D’un cri du cœur, les meneurs du club ont demandé aux membres du « deuxième étage » de leur accorder au moins un sursis. Sur la glace, les Olympiques connaissent un début de saison au-delà des espérances.

Avec une brigade défensive aguerrie et le retour de Vitalii Abramov, ils ont compilé une intéressante fiche de 4-2-2 même s’ils n’ont disputé que deux matches à domicile.

Fait plutôt rare, leurs unités spéciales sont toutes les deux au sommet de la LHJMQ. Le gardien Tristan Bérubé détient la deuxième meilleure moyenne de buts alloués du circuit. En défensive, ce n’est qu’une question de temps avant que la recrue Pier-Olivier Lacombe hérite du surnom de « Boum-Boum » grâce à son boulet de canon. Avec sept points à ses cinq derniers matches, il devient rapidement une révélation en Outaouais.

À cinq contre cinq, les Olympiques ont complètement dominé l’Armada de Blainville-Boisbriand, une équipe qui a gagné sept de ses neuf premiers matches.

N’empêche, le copropriétaire et directeur des opérations hockey, Alain Sear, dit déjà ouvertement qu’il va échanger le meilleur joueur de la ligue s’il obtient son prix. Vrai que l’occasion est idéale de reconstruire son équipe par le repêchage, mais les joueurs demandent aux dirigeants de faire preuve de patience.

« C’est sûr qu’on aimerait avoir Vitalii avec nous toute l’année, a dit le capitaine Alex Breton. Il faudrait au moins nous laisser un peu de temps pour montrer ce que nous pouvons faire. Si les résultats ne sont pas là, il (Sear) pourra faire ce qu’il veut, mais c’est ma quatrième année dans la ligue. Chaque saison, il y a eu un gros club dominant : Rimouski, ensuite Rouyn-Noranda et Saint-Jean. Cette année, il n’y a pas d’aspirant numéro un. Je pense qu’on peut gagner avec cette équipe », dit le défenseur de 20 ans.

Shawn Boudrias, qui connaît aussi un début de saison fracassant, est convaincu que les Olympiques pourraient se rendre loin en conservant les services d’Abramov. 

« Nous formons un bon gang de chums. Je sais que nous avons une équipe gagnante qui pourrait se rendre loin. Ce n’est pas nous qui décidons, mais Vitalii est le meilleur joueur de la ligue. J’aimerais voir où nous serions avec lui à Noël. Si nous sommes dans le top-5, nous pourrions être dangereux. »

Abramov lui ?

De son côté, Vitalii Abramov ne vit pas dans une grotte. Il sait très bien que son nom circule à gauche et à droite.

Comme ses coéquipiers, il voudrait voir ce que les Olympiques pourraient faire si on le laissait terminer sa carrière à Gatineau.

« J’entends les rumeurs, mais je ne m’y attarde pas trop. Je me concentre sur le hockey, sur mon jeu. Je suis un joueur de hockey. Je veux juste me préparer à jouer dans la LNH. Je suis bien à Gatineau, mais les transactions font partie du jeu. »

Quand on lui demande s’il se sent comme une pièce de viande dans une vitrine à ce moment-ci, Abramov hausse les épaules.

« Pas vraiment. Ça devient un peu fatigant d’être l’objet de toute l’attention, mais c’est bien de savoir que les partisans m’aiment et qu’ils parlent de moi. Ça me stimule. Pour le moment, je suis ici et je veux être le meilleur joueur possible pour les Olympiques. »

Une chance de gagner

Abramov a récolté huit points en quatre matches depuis son retour de Columbus et n’est pas surpris du bon début de saison de son équipe.
« Nous avons vraiment un bon club. Nous avons un bon avantage numérique. Un bon désavantage numérique. Je pense qu’on aurait une bonne chance de tout gagner. L’équipe travaille fort et s’améliore. Nos nouveaux joueurs travaillent bien. Ils vont à la guerre à chaque présence. Ils veulent la rondelle. Ils ne veulent pas perdre un match », a expliqué celui qui ne ressent plus de séquelles de sa blessure à la tête subie samedi avant le match contre l’Armada.

Le Titan d’Acadie-Bathurst sera le visiteur à Guertin mercredi soir. Ironiquement, c’est l’équipe qui tient le plus à ses services.


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Des unités très spéciales

Sous les ordres de Benoît Groulx, les Olympiques de Gatineau ont souvent été parmi les meilleures équipes de la LHJMQ lorsqu’ils avaient à se défendre en infériorité numérique.

Le problème, c’est qu’ils ont souvent été parmi les pires de la ligue quand ils avaient l’avantage d’au moins un joueur sur la patinoire.

L’arrivée d’un nouveau groupe d’entraîneurs cette année semble avoir changé la donne, du moins à court terme. Après un mois d’activités, les Olympiques sont premiers dans le circuit Courteau en avantage numérique (34,3 %) et en désavantage numérique (91,5 %).

Ça tombe bien parce qu’avant le retour incertain de Vitalii Abramov, tout le monde se demandait qui allait marquer les buts des Gatinois cette année.

Les vétérans Alex Breton, Vitalii Abramov et Gabriel Bilodeau ont tous eu l’occasion de jouer pour Benoît Groulx, Mario Duhamel et maintenant Éric Landry.

Que s’est-il passé pour que tout bascule, particulièrement sur l’attaque massive ?

« Juste nos unités spéciales, ça nous aide à gagner des parties, dit Breton. Je savais que nous serions solides défensivement cette année, mais je me posais des questions sur notre attaque. »

« Nous avons vraiment une bonne chimie sur notre jeu de puissance. À mes trois premières années, ça ne marchait pas du tout ! Là, nous arrivons à faire les jeux quand ils se présentent. Nous sommes dangereux des deux côtés de la glace. Nous nous trouvons bien. Nous avons chacun nos atouts. En désavantage numérique, tout le monde sait quoi faire. Nous bloquons beaucoup de tirs. Notre PK ressemble à celui de Groulx avec les modifications d’Éric. »

Pour Vitalii Abramov, tout est une question de confiance avec la rondelle. 

« Nous ne donnons pas la rondelle pour rien. Le gros tir de Pier-Olivier Lacombe aide. C’est un tir de la LNH. Nos adversaires ont tendance à tricher de son côté, ce qui laisse de l’espace à d’autres en fond de territoire. »

Pour Gabriel Bilodeau, le succès des Olympiques sur les unités spéciales ne repose pas sur grand-chose.

« On ne fait pas les choses bien différemment que par le passé. Présentement, c’est juste que la rondelle entre dans le filet. Lacombe a un canon de tir. Shawn Boudrias et Vitalii Abramov sont capables de faire les petits jeux. Alex Breton contrôle bien la rondelle à la ligne bleue. Quand on est en avantage numérique, on ne devient pas plus soft non plus. On amène la rondelle au filet et il se produit de belles choses. »

Quant au désavantage numérique qui a été exceptionnel, Bilodeau croit que le retour de l’entraîneur Ron Choules y est pour quelque chose.

« Nous avions eu du succès avec lui il y a deux ans. Le retour de Ron aide beaucoup. Nous bloquons plusieurs tirs. Nous nous sacrifions pour l’équipe. »

Suspension à Durocher

Les Olympiques devront se passer de Jeffrey Durocher pour les deux prochains matches. Il a été suspendu pour un double-échec dans le dernier duel à Drummondville.