Lirim Hajrullahu est à l’aise sur le terrain de la Place TD et il ne craint pas les intempéries. «Ces dernières années, je passais la semaine de la coupe Grey à m’entraîner dehors dans toutes sortes de conditions météorologiques en me disant que je serais prêt quand mon tour viendrait.»

Le botteur kosovar des Argonauts

Lirim Hajrullahu possédera le nom de famille le plus compliqué à prononcer au match de la coupe Grey, dimanche soir, à la Place. Il a passé une partie de la dernière semaine à aider les médias à le maîtriser.

Ça se prononce « Hy-Roo-La-Hoo ».

Le botteur des Argonauts de Toronto, qui a vu des tanks détruire de nombreuses maisons de son quartier durant son enfance au Kosovo, pourrait jouer les héros lors de la finale de la Ligue canadienne de football (LCF) contre les Stampeders de Calgary. Les trois dernières éditions du match de la coupe Grey se sont décidées par six points ou moins.

Ajoutez à cela que Hajrullahu jouera dans son stade favori. « J’ai toujours connu du succès ici », a souligné l’athlète âgé de 27 ans.

Le détenteur de trois baccalauréats, dont un en finance, a réussi cinq placements dans un gain de 23-20 contre le Rouge et Noir l’an dernier à la Place TD. Sa dernière tentative de 53 verges était survenue lors de la dernière minute de jeu. « Je m’en souviens encore très bien », a-t-il précisé.

Avant cette partie en question, le commissaire de l’époque s’était pointé au milieu du terrain pour annoncer à la foule que le match de la coupe Grey aurait lieu dans la capitale nationale en 2017. Voilà que dans quelques heures, Hajrullahu et ses coéquipiers participeront à cette joute.

« J’ai aussi réussi un botté victorieux ici avant les travaux de rénovation lorsque l’endroit s’appelait le stade Frank-Clair. C’était en 2010 lors de la finale de la coupe Yates contre les Gee Gees d’Ottawa. Tout le monde était heureux au sein de mon club », a relaté ce produit des Mustangs de l’université Western. Maintenant, j’ai la chance de gagner une autre coupe ici. »

Il s’agira d’un premier match de la coupe Grey pour ce joueur de quatre saisons de la LCF.

« Ces dernières années, je passais la semaine de la coupe Grey à m’entraîner dehors dans toutes sortes de conditions météorologiques en me disant que je serais prêt quand mon tour viendrait. »

S’il neige, ça ne dérangera pas le numéro 70 des Argos. Si la surface de jeu est glissante, ça ne le déstabilisera pas non plus. Même chose si le vent souffle beaucoup dans les prochaines heures.

La coupe Grey s’est décidée sur le pied d’un botteur de précision seulement à trois reprises depuis 20 ans. La dernière fois ? En 2009 lorsque Damon Duval avait réussi un placement de 33 verges lors du dernier jeu du match pour donner une victoire de 28-27 aux Alouettes de Montréal.

Décès d’un cousin

À l’époque, Lirim Hajrullahu fêtait le 10e anniversaire de l’arrivée de sa famille au pays. Il avait immigré à l’âge de neuf ans au Canada. « Je retourne visiter de la famille de temps en temps au Kosovo », a-t-il précisé.

Un de ses cousins a perdu la vie le week-end dernier, dans un accident de la route. Il n’avait que 26 ans.

Le botteur a appris son décès lundi en se préparant en vue de son séjour à Ottawa. Un petit deux qu’il aura une pensée pour le jeune Ilir en foulant le terrain de la Place TD dans les prochaines heures.

POPP ET SES ALOUETTES... DE TORONTO

Jim Popp montre sa main gauche. Puis il bouge ses doigts. Le directeur général des Argonauts de Toronto ne porte aucune des quatre bagues de la coupe Grey remportées lors de son séjour chez les Alouettes de Montréal et leur ancêtre, les Stallions de Baltimore.

« Je n’ai jamais aimé porter des bagues. Puis j’ai donné quelques-unes de ces bagues à mon père », explique-t-il.

Popp multiplie les entrevues depuis l’arrivée de son équipe à Ottawa, mardi soir. On lui jase de la relance rapide qu’il a faite des Argos en compagnie de son ami et instructeur Marc Trestman. Aussi, il est souvent question que les Argonauts de Toronto soient un peu les Alouettes de... Toronto tellement il y a d’anciens « Moineaux » au sein de l’équipe.

En plus de Popp et Trestman, on retrouve le receveur S.J. Green, le secondeur Bear Woods, le porteur de ballon Brandon Whitaker et même le demi de coin Mitchell White, qui a passé deux saisons à Montréal avant un passage à Ottawa.

« Oui, il y a plusieurs anciens Alouettes chez nous... Mais regarde à travers la ligue, il y en a plusieurs aussi au sein de certains autres clubs », souligne Popp.

« Dans un monde parfait, tu voudrais que les joueurs étoiles passent toute leur carrière au sein d’une même organisation. Mais la réalité du sport professionnel est toute autre. Tu peux nommer sur les doigts de la main le nombre de joueurs dans cette ligue qui ont passé huit à 10 ans au même endroit. »