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Le port du bikini est obligatoire au handball de plage handball de plage selon la réglementation de Fédération européenne de handball.
Le port du bikini est obligatoire au handball de plage handball de plage selon la réglementation de Fédération européenne de handball.

Le bikini de la discorde

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
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Le milieu du volleyball de plage de l’Outaouais, un autre sport où le port du bikini fait souvent état d’uniforme, se dit déçu de l’amende qu’a reçue l’équipe norvégienne de handball de plage dont les joueuses ont préféré jouer en short plutôt qu’en bikini lors de leur dernier match du Championnat d’Europe dimanche dernier.

L’équipe de la Norvège a reçu un constat de plus de 2 200$, soit plus de 220$ par joueuse, de la part de la Fédération européenne de handball (FEH), pour avoir brisé la règlementation. Elle avait pourtant contacté le Championnat en amont afin de demander de se vêtir de shorts, selon l’Agence France-Presse. Contactée par l’Agence, la Fédération européenne de Handball a fait valoir que «qu’un changement des règles ne peut se produire qu’au niveau de la [Fédération internationale de handball]», mais qu’elle s’est «engagée à faire avancer ce sujet dans l’intérêt de ses fédérations membres.»

L’équipe norvégienne de handball de plage a été mise à l'amende parce que ses joueuses ont préféré jouer en short.

Un changement de mentalité s’impose
«Ce n’est pas la première fois que je vois ça, une nouvelle comme ça», a indiqué au Droit le coordonateur pour Gatineau et les environs du Club d’entraînement de volleyball de plage As de Sable et entraîneur-chef Espoir volleyball de plage Outaouais, Alexandre Osbourne. «Est-ce que je suis surpris? Non. Déçu? Oui. Même nous, au volleyball, j’ai des amies qui jouent au niveau international. Des fois, ce qu’elles portent, elles ne sont pas à l’aise.»


« Je crois que [les organisateurs] essaient, pour des raisons peut-être malhonnêtes de vendre le sport avec le corps de la femme. »
Alexandre Osbourne

Cependant, la grosse différence, c’est que le bikini n’est plus obligatoire au volleyball de plage depuis 2012, selon les règlements de la Fédération internationale de volleyball. Par contre, le port de ce type de maillot est toujours très répandu parmi les compétitions de haut niveau. «Je crois que [les organisateurs] essaient, pour des raisons peut-être malhonnêtes de vendre le sport avec le corps de la femme», ajoute M. Osborne. «Des athlètes devraient être capables de porter ce qu’ils veulent porter parce que sinon on va perdre des athlètes », a-t-il ajouté. «S’ils ne sont pas à l’aise, ils ne vont juste pas compétitionner.»

L’entraîneur-chef de l’École de volleyball de plage de l’Outaouais, Émilie Brazeau, avait, dans son cas, choisi de jouer en bikini tout au long de son parcours compétitif. Mais c’était purement par choix et «principalement pour éviter une accumulation de sable dans les shorts, puisque je trouvais que c’était plus «léger» sur mon corps; et puisque je ne me suis jamais vraiment posé la question!», a-t-elle avoué. Elle a toutefois affirmé trouver très dommage que l’équipe de handball norvégienne ait fait face à une décision de la sorte, mais que l’amende malheureusement et ironiquement, ne la surprend pas du tout, elle non plus.

Le port du bikini devrait être une question de préférence, avance-t-elle. «Par exemple, j’ai déjà joué contre un duo qui portait des shorts, et contre un autre qui portait des leggings [...] en autant [que les athlètes] n’en soit pas avantagée d’une quelconque manière.» Il est donc tout à fait possible selon elle de jouer avec l’uniforme de son choix, pourvu que les deux joueur(se)s d’une même équipe soient habillés de la même façon et que leurs bas soient réglementaires.

Mais tant du côté de M. Osborne que de Mme Brazeau, il s’agit d’une question de mœurs qui doit changer. Les gens doivent comprendre que le bikini n’est plus la seule option dans le sport qui l’exige actuellement et faire changer les règles là où besoin est. «C’est bien cette nouvelle-là parce que j’ai l’impression que ça va faire changer les choses pour le mieux», a indiqué M. Osborne.

«En espérant que la Fédération européenne de handball apporte les changements (de liberté) appropriés», a conclu Mme Brazeau.