Cet été, Jason Lauzon-Séguin rénove des cuisines et des salles de bain dans l’Outaouais.
Cet été, Jason Lauzon-Séguin rénove des cuisines et des salles de bain dans l’Outaouais.

Lauzon-Séguin ne s’attend pas à jouer en 2020

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Est-ce enfin la semaine où les joueurs et entraîneurs de la LCF de même que leurs partisans seront fixés sur le sort de la saison 2020? Jason Lauzon-Séguin ne retient pas son souffle.

«Pour être honnête, je suis passé à autre chose», a avoué le bloqueur franco-ontarien du Rouge et Noir, mardi, après son quart de travail.

Ce dernier s’est déniché un emploi au sein de l’entreprise de son beau-père qui se spécialise dans la rénovation de cuisines et salles de bain dans l’Outaouais. Un travail qui meuble ses journées depuis maintenant trois mois.

«Depuis la mi-mai. Ça ne fonctionnait plus d’attendre pour un chèque de la Ligue canadienne de football. Je me suis trouvé un job.»

Une décision que Lauzon-Séguin, qui devait disputer sa cinquième saison cet été à Ottawa, ne regrette pas.

«De ce que j’avais compris, la date limite pour savoir s’il y avait une saison ou non était le 24 juillet. Puis ç’a changé. Dans la dernière mise à jour que les joueurs ont reçue, on nous dit qu’il y a encore des possibilités. Ça change à gauche et à droite.»

Finaliste au titre de recrue de l’année en 2016, Jason Lauzon-Séguin pense qu’il est temps que la LCF «tire la plogue». Il ne croit pas en une saison écourtée, encore moins maintenant que deux des cinq conférences du football collégial américain ont annulé leur saison d’automne.

«Il suffit qu’un gars pogne le virus. On se cogne sur le terrain. On sue. Ça va se propager assez vite», a noté le colosse de 6’4’’ et 300 livres.

Et si la LCF devait réussir l’impossible? Elle attend toujours un coup de pouce financier du gouvernement fédéral sous forme d’un prêt.


« D’après moi, c’est un no go pour une saison, surtout qu’on est rendu déjà à la mi-août. »
Jason Lauzon-Séguin

Winnipeg a déjà été choisi en tant que ville bulle pour une saison écourtée de six matches par club. Des protocoles sanitaires ont été rédigés.

«Honnêtement, je ne sais pas si j’irais à Winnipeg. Être dans une bulle pendant cinq à sept semaines, ce n’est pas trop intéressant, surtout que nous avons eu un bébé», a rappelé Lauzon-Séguin, papa du jeune Harvey depuis huit mois.

«J’aurais besoin de prendre plusieurs informations. Être payé le tiers de son salaire, je ne sais pas si ça vaut la peine. D’après moi, c’est un no go pour une saison, surtout qu’on est rendu déjà à la mi-août.»

Le père de famille âgé de 29 ans s’est ajusté à son nouveau quotidien. Il avait déjà travaillé pour son père dans le milieu de la construction durant son adolescence.

«Mais c’était différent à l’époque. C’était surtout des portes et fenêtres. Là, c’est un peu plus de finition.»

Ça, et l’horaire s’avère bien différent de son quotidien des étés précédents chez le Rouge et Noir. Les joueurs se pointaient au stade vers 8h30 pour quitter en milieu d’après-midi après la séance d’entraînement.

«Je commence à 8h le matin pour finir vers 17h30 ou 18h. Les journées sont un peu lourdes, mais c’est quelque chose qui me permet de passer à travers la crise.»