Laurence Vincent-Lapointe

Laurence Vincent-Lapointe échoue à un test antidopage: «Je suis complètement dévastée»

TROIS-RIVIÈRES — Une véritable bombe a secoué le monde du canoë-kayak de vitesse et du sport amateur, lundi matin, alors que la championne du monde de canoë féminin Laurence Vincent-Lapointe a été suspendue jusqu’à nouvel ordre par la Fédération internationale de canoë après avoir échoué à un test antidopage.

La Trifluvienne de 27 ans ne pourra donc prendre part aux Championnats du monde qui s’amorceront mercredi à Szeged, en Hongrie. Cette compétition devait servir de qualifications en vue des Jeux olympiques de Tokyo, à l’été 2020.

Utilisation «involontaire»

Selon les informations disponibles, il semblerait que la substance trouvée dans l’échantillon de la championne du monde, lors de tests effectués à la fin du mois de juillet, a fait l’objet de récents cas de suppléments contaminés. L’agence qui représente la canoéiste a indiqué que le produit qui serait à l’origine de la suspension serait le Ligandrol, un agent anabolisant selon l’Agence mondiale antidopage. Canoë Kayak Canada a d’ailleurs martelé qu’à la lumière des premières constatations, cette situation découlerait d’une utilisation «involontaire et inconsciente d’une substance interdite».

Pour la porte-couleurs du Club de canoë-kayak de Trois-Rivières, il s’agit d’un véritable cauchemar, à un an de la présentation des Jeux olympiques de Tokyo. Pour la première fois de l’histoire, la grand-messe du sport amateur d’été avait décidé d’intégrer le canoë féminin à sa programmation et Vincent-Lapointe devait évidemment faire partie des têtes d’affiche en sol japonais.

Fortement ébranlée depuis l’annonce des résultats de ses tests – elle a été informée le 13 août – Vincent-Lapointe assure ne jamais avoir transgressé les règles. «Je suis encore sous le choc et complètement dévastée par la situation parce que j’ai absolument rien fait de mal et parce que je n’ai rien à cacher. Je suis une personne intègre. La tricherie sous toutes ses formes me répugne. Je crois en un sport propre et c’est ce que j’applique comme principe dans ma vie d’athlète. Je n’aurais jamais mis à risque mon nom, ma réputation, ma carrière pour améliorer mes performances et creuser l’écart avec mes adversaires», a-t-elle déclaré, par voie de communiqué.

Au cours des prochains jours, la figure du proue du CKTR s’affairera à prouver son innocence à la Fédération internationale de canoë, qui devra éventuellement rendre une décision finale dans ce dossier. «Je me sens comme dans un cauchemar. Je n’arrive toujours pas à croire ce qui m’arrive. Depuis que j’ai appris que mon test était positif, il y a quelques jours à peine, j’ai tout mis en œuvre, avec le support de CKC, et dans un court laps de temps, pour trouver d’où provient cette substance interdite trouvée dans mon test et prouver que je suis innocente, honnête et une athlète propre», a-t-elle ajouté, toujours par voie de communiqué.

Laurence Vincent-Lapointe doit faire le point sur sa situation lors d’un point de presse, mardi.

Un rêve en péril

La suspension de la reine du canoë féminin pourrait également entraîner des lourdes conséquences pour Canoë Kayak Canada. Les Mondiaux 2019 devaient servir de qualifications en vue des Jeux olympiques de Tokyo 2020, tant pour l’épreuve de C1 200 m que celle de C2 500 m qu’elle pratique en compagnie de sa coéquipière Katie Vincent.

Par voie de communiqué, le chef de direction de CKC, Casey Wade, a néanmoins tenu à apporter son soutien à Vincent-Lapointe. «Canoë Kayak Canada soutient pleinement Laurence dans cette situation extrêmement difficile et malheureuse et nous ferons tout en notre pouvoir pour l’aider à prouver son innocence.»

D’ailleurs, le grand patron de CKC doute que la prolifique rameuse trifluvienne ait volontairement contrevenu à la réglementation sur le dopage. «Canoë Kayak Canada croit fermement en un sport propre, mais nous avons de fortes raisons de croire que Laurence a pris toutes les précautions nécessaires à l’égard des règles et des procédures liées à l’antidopage et qu’elle n’a pas intentionnellement pris de substance interdite. Nous continuerons de l’aider afin de déterminer comment cette situation malheureuse a pu se produire.»

En 2018, aux Championnats du monde présentés au Portugal, Vincent-Lapointe avait remporté ses 11e, 12e et 13e titres de championne mondiale en s’imposant en C1 200 m, C2 500 m et C1 5000 m.